C. — OBTURATIONS
Les corps étrangers de toute espèce venus du dehors, introduits par l'anus ou avalés, peuvent obstruer, à un moment donné, le canal intestinal.
(') Maygrier, Thèse d'agrég. en ace, 1886, p. 48.
(2) Chevalier, Arch. de tocol., 1882, p. 73.
(3) Pletzer, Monat. f. Geb., 1867, Bd. XXIX, p. 212.
(4) Hornung, Œsterr. med. Jahrb., 1838, Bd. XXI, p. 353.
(5) OEttinger, Bull, de la Soc. anat., 1883, 4° série, t. VIII, p. 286.
OBTURATIONS.
.vr.
Rarement un corps étranger introduit par l'anus causera une occlusion complète; St-udgaards, Verneuil en ont cependant publié chacun un cas. J'ai moimême extrait par l'anus, chez un homme de soixante-cinq ans, une grosse bougie de cire, longue de 22 centimètres, qui était remontée jusque dans YS iliaque et qui avait produit, depuis cinq jours, un arrêt complet des matières fécales.
Beaucoup plus fréquentes sont les occlusions par corps indigestes, avalés et accumulés dans l'intestin, dans le gros intestin presque toujours : noyaux de cerises ou de prunes, fragments de carottes, etc.
Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'obstruction par des corps formés dans l'économie : les calculs bilaires, les calculs intestinaux, mais surtout les matières fécales durcies.
Leichtensfern, sur 1152 cas d'obstruction, a trouvé seulement 20 cas d'entérolithes : 5 femmes et 15 hommes.
Alex. Gonzalès (') a recueilli dans la science 67 cas d'obstruction intestinale par calculs biliaires, qui avaient pénétré dans l'intestin, le plus ordinairementpar une fistule cystico-duodénale. A la séance du 15 janvier 1888 de la Société clinique de Londres (2), Maclagan, Chitton, Broadbent, Ord, Barker, ont cité 7 observations de ce genre.
La plupart du temps, il s'agit de vieilles femmes.
L'obstruction par calculs biliaires a été dans ces derniers temps l'objet de travaux importants. Dufourt, Courvoisier, Kirmisson et Rochard, Dagron. L. Galliard(3), ajoutant il faits nouveaux, a obtenu un total de 225 observations.
Les femmes, après cinquante ans, sont beaucoup plus souvent atteintes que les hommes (Naunyn, Kirmisson et Rochard, Galliard).
Les calculs s'arrêtent presque toujours à la valvule iléo-caecale ou dans son voisinage. Lorsqu'ils s'arrêtent à la valvule, celle-ci peut s'enflammer, se détruire et les laisser passer (Maclagan).
Leichtenstern, sur 52 cas d'occlusion par calculs biliaires, a constaté que le calcul était 10 fois dans le duodénum et le jéjunum; 5 fois au milieu de l'iléon; 17 l'ois à la partie inférieure de l'iléon. Trêves, d'après l'examen de 1(5 cas, arrive à des résultats très analogues (lac. cit., p. 520).
Dans quelques cas, l'arrêt a lieu seulement dans l'.s iliaque (Bourdon, Korle) ou dans le rectum (Babinski).
Le volume du calcul n'a pas besoin d'être excessif; sans doute, dans quelques cas, ses dimensions suffisent à expliquer l'arrêt complet des matières; Barker, par exemple, en a trouvé un de 10 centimètres de circonférence dans la partie supérieure de l'iléon, et Gampenon (') a extrait du jéjunum un calcul de 0 centimètres de long sur 5 centimètres de large; mais, bien souvent, il faut admettre l'influence du spasme de l'intestin se surajoutant à l'obstacle mécanique, et dans d'autres circonstances celle de la paralysie des éléments musculaires de la paroi intestinale. Presque toujours, en effet, au moment de l'opération ou à l'autopsie, on a pu constater (pie les calculs étaient mobiles dans l'intestin el que leurs dimensions n'étaient nullement en rapport avec la gravité des accidents observés.
(') Gonzalès, Thèse de Paris, 1886-1887. (-) Semaine médicale, 25 janvier 18XN, p. 31.
(3) L. Galliard, Presse méd., 18 mai 1895, et Traite de. médecine, l. IV, \>. 080.
(4) Campenon, Société anatomique, 13 juin 181)0
\AD. JALAGUIER
OCCLUSION PAR OBSTACLE MÉCANIQUE
Dans un cas de Ord, les phénomènes d'occlusion résultèrent de l'enclavement du calcul dans le sphincter anal.
A côté des calculs volumineux qui pénètrent dans l'intestin par l'établissement de fistules cholécysto-duodénales, coliques, ou même gastriques, on doit signaler les agglomérations de calculs (Legros, Klarke. Pnyroyer, Piéchaud), qui ont pu passer dans l'intestin en suivant les voies naturelles. Enfin il faut prévoir, comme le fait remarquer Galliard, l'accroissement des calculs dans l'intestin où leur séjour se prolonge, parfois, pendant des mois et même des années.
Les matières fécales durcies s'accumulent quelquefois dans le caecum, YS iliaque, l'ampoule rectale, et provoquent des accidents d'occlusion. Dans la plupart de ces cas, il ne s'agit pas d'une simple obstruction mécanique, et l'on doit faire intervenir, comme cause déterminante de l'occlusion, une altération de la fibre musculaire amenant des troubles dynamiques dans le fonctionnement de l'intestin. En réalité, comme le fait observer Thibierge('), cette variété d'obstruction intestinale ne rentre pas tout à fait dans la classe des occlusions par obstacle mécanique, mais établit une sorte de transition entre ces dernières et les occlusions sans obstacle mécanique.