APPENDICITE CHRONIQUE OU MIEUX APPENDICITE A RECHUTES
La dénomination d'appendicite chronique qui répond à un état analomique bien défini ne me parait pas convenir en clinique. On ne doit pas appeler chronique une maladie représentée par une série de poussées aiguës ou subaiguës, alors que, dans l'intervalle des crises, les altérations chroniques restent souvent tout à fait silencieuses. Je pense qu'il vaut mieux conserver les appellations d'appendicite à rechutes (Talamon), à répétition (Damaye); appellations qui correspondent à la récurrent ou relapsing appendicitis des Anglais et des Américains, et qui visent seulement les poussées successives dont la maladie tire sa physionomie caractéristique.
On ne doit pas confondre avec l'appendicite à rechutes l'appendicite à recrudescences dans laquelle il s'agit de reprises successives survenant au cours d'une crise appendiculaire incomplètement terminée (Talamon, Bull, de la Soc. méd. des hop., 9 août 1897, p. 559). Les signes locaux ne disparaissent presque jamais complètement dans l'intervalle des poussées qui se manifestent, en général, aussitôt que le malade quitte le lit ou recommence à manger. Cette forme est quelquefois difficile à distinguer de la péritonite tuberculeuse.
Les accidents de X appendicite à rechutes se montrent sous des aspects très divers. On peut cependant les ramener à trois types principaux :
1er Type. — Après une crise d'appendicite aiguë franche, mais d'intensité variable, la guérison semble complète pendant des semaines, des mois, ou même des années; puis, on voit survenir une nouvelle crise non moins bien caractérisée que la première.
Ce type a reçu le nom d'appendicite à récidive, nom qui supposerait une intégrité complète de l'appendice entre les crises. Or, ce que nous savons de la persistance des lésions de folliculite chronique et de l'état de microbisme latent, signalé par Roux et étudié par Mlle von Mayer, permet de considérer cette