SIGNES PHYSIQUES
Le plus important est l'existence de la tumeur, ou plutôt de la saillie constituée par la hernie Variable par son volume, suivant le degré de développement
(') YV. Roskh, Wie entslehen die Briiche. Centralblatt furChir., 1889, ir 45, [>. 799. (s) Socin, Zur Interprétation des Haftpflichtgesetzes. Correspondenzblatt fur schweizer Aersle, 188 7, n' 18.
[P BERGER
SYMPTOMES ET ÉVOLUTION DES HERNIES
de celle-ci, cette tuméfaction est en général sessile, globuleuse, hémisphérique ou ovoïde: quelquefois elle s'allonge et prend une forme cylindrique ou piriforme. Généralement régulière, elle peut présenter des bosselures et des points rétrécis qui dépendent des particularités que nous avons signalées dans la conformation du sac et dans la disposition des plans anatoniiques environnants.
Quand la hernie est très petite, ou lorsque la région qu'elle occupe est très profonde, elle ne détermine même aucun relief appréciable à la vue et ce n'est que par la palpation qu'on peut avoir la notion de son existence.
La palpation permet de circonscrire les limites de la tumeur et de rcconnaîlre qu'elle se continue dans la profondeur par un pédicule plus ou moins large qui paraît s'enfoncer dans la paroi abdominale.
La consistance présente une certaine élasticité; dans les efforts, dans la toux, elle devient plus ferme, en même temps que la tumeur augmente de volume et que la main qui la circonscrit perçoit une sensation de choc ou d'expansion, ce qu'on rend en disant que les hernies présentent de l'impulsion.
Une pression un peu soutenue, quelquefois un simple attouchement, suffisent pour faire diminuer de volume la tuméfaction, puis la faire disparaître. Pendant que cette réduction s'opère, on constate le plus souvent un gargouillement caractéristique que ressentent les doigts, mais qui peut être parfois entendu même à distance.
Certaines pointes de hernie, qui ne déterminent aucune saillie perceptible à la vue ni à la palpation, ne se révèlent que parle gargouillement qui accompagne leur réduction lorsqu'on vient à appliquer sur elles l'extrémité du doigt.
Lorsque la hernie s'est réduite, le doigt peut s'engager à sa suite dans le trajet herniaire, s'enfoncer dans la paroi abdominale, reconnaître le contour et les dimensions des orifices herniaires. Si l'on dit au malade de faire effort ou de tousser, le doigt introduit dans le trajet sent alors l'impulsion que lui communique l'intestin qui tend à redescendre dans la hernie.
Le gargouillement indique la présence de l'intestin dans la hernie ; celle-ci est encore révélée par la souplesse, par la consistance uniforme de la tumeur et par une sonorité manifeste à la percussion.
L'absence de sonorité, la sensation d'un corps lobulé, finement granuleux, qui s'étale et se déplisse entre les doigts qui l'explorent, font reconnaître l'épiploon (').
Benno Schmidt avance que certaines hernies, chez des enfants très jeunes, peuvent présenter de la transparence ; il est probable qu'il a été trompé par la diffusion des rayons lumineux au travers des couches superficielles de la tumeur, grâce à un phénomène analogue à celui qu'on observe quand on fait écran avec les doigts à une lumière vive. La transparence d'une tumeur semblable indique toujours l'existence d'un épanchement liquide, d'une hydrocèle, dans sa cavité.
Dans un cas que j'ai observé, une hernie des plus volumineuses présentait des battements, des pulsations isochrones au pouls et perceptibles à la vue; en
(') Notons comme signe exceptionnel une sensation de frémissement, analogue au frémissement hydatique, que donnait aux doigts une hernie épigastrique dans les efforts de toux. Ce frémissement, qui fit confondre la tumeur en question avec un kyste hydatique, paraissait dû à l'afflux des liquides dans l'anse intestinale contenue dans la hernie, s'il faut en croire Fauteur. On peut se demander s'il ne s'agissait pas seulement du froissement que l'on perçoit souvent dans les épiplocèles ou dans les hernies graisseuses de la ligne blanche quand on les explore dans les mômes conditions. (Lennhoff, Ueber ein dem Hydatidenschwirren dhnliches Spritzphànomen bei Hemien der Linea alba. Berliner klin. Woch., 1896, n" 31.)