LÉSIONS T R A U MAT [QUE S
effusion sanguine plus ou moins considérable. La survie a été de quelques jours dans l'observation de Cooper; elle n'a été que de quelques heures dans les autres.
Plaies. — Pour les raisons que j'ai indiquées plus haut, l'histoire des plaies du pancréas a été fort négligée et confondue avec celle des plaies abdominales en général; elle se réduit aux quelques observations rapportées dans l'histoire médicale de la guerre de Sécession. Ces 5 observations sont toutes relatives à des plaies par armes à feu : 4 fois sur 5, le projectile pénétra par la face postérieure du thorax entre l'omoplate et l'angle des côtes; le plus souvent les lésions ont été fort complexes : indépendamment des côtes fracturées on a noté une plaie de la raie, de l'estomac, du diaphragme et du poumon. La mort est survenue 4 fois sur 5, 1 fois de péritonite, 5 fois d'hémorragies secondaires La survie a élé de S, L2, 15 et .">() jours. Chez deux blessés, il se produisit une hernie du pancréas à travers la plaie; l'un de ces blessés guérit après résection de la partie herniée (').
Hernies traumatiques (-). — Il parait inadmissible, au premier abord, qu'un organe aussi profondément logé, appliqué et lixé par le péritoine pariétal, puisse s'échapper à travers une plaie faite à la paroi antérieure du-ventre ou de la poitrine, et cependant, après les examens de Caldwell, Kleberg, et les recherches de Nusbaum (r'), le fait ne saurait actuellement être mis en doute
On n'en compte pas moins de 6 observations : dans i d'entre elles la plaie siégeait au niveau du bord inférieur des fausses côtes, tantôt à droite ('), tantôt à gauche (6) de la ligne médiane; 2 fois elle occupait un des derniers espaces intercostaux ('') ; elle provenait alors d'une arme à feu, tandis que dans les autres cas elle avait élé produite par un instrument tranchant.
L'organe hernié s'est montré sous la forme d'un corps allongé, mesurant jusqu'à 5 ou 4 pouces, d'une coloration rouge-brune, d'une consistance ferme.
Tantôt la partie herniée a été réductible (Dargan), tantôt et le plus souvent elle a été irréductible et parfois même étranglée par la plaie (Laborderie).
Le pronostic ne semble pas très grave, car 5 fois sur ('» la guérison est survenue : dans le seul cas mortel, une balle avait perforé le diaphragme et déterminé une péritonite.
Les chirurgiens qui se sont trouvés en présence de pareils cas ont pour la plupart lie la partie herniée avec ou sans résection consécutive, 1 seule fois la hernie fut réduite et la plaie suturée. Nous admettons comme rationnel que la conduite à tenir doit être basée sur l'état de l'organe hernié : si celui-ci est absolument normal, aseptique, récemment sorti, on peut, avec ou sans débridement, réduire et suturer la plaie. Sinon il sera plus prudent de réséquer après ligature élastique et de mettre le pédicule dehors.
(') Une balle entra du côté droit sous les cotes et sortit du côte gauche; deux jours après, pendant que le malade taisait des efforts pour aller à la garde-robe, une hernie du pancréas se produisit, du volume d'un œuf d'oie. On pédiculisa au moyen d'un (il d'argent, qu'on serra chaque joui- ; le huitième jour excision avec des ciseaux; guérison.
(2) Senn, loco citato. — Laborderie, Gaz. des hôp., 1856. — Dorgan, Med. and surg. reporter, 1874. — Caldwell, Transylvcmia Journal of med., 1828. — Kleberg, Langenbeck's Areh. fiir Chir., vol. IX, et Med. and surg. hist. of the war of tlic rébellion, vol. II.
(5) Die Verlelzuugen des Unterleibes, 1880.
(4) Il me parait évident qu'une déchirure préalable des attaches du pancréas est une condition nécessaire à son déplacement.
(s) Observation de Kleberg, Laborderie.
(°) Observation de Caldwell.
C) Guerre de Sécession.
TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2° é (lit. — VI. 59
[QUÉNU.]
PANCRÉAS
KYSTES DU PANCRÉAS
Anger, Soc. anat., 1865. — Arnozan, Dict. Dechambre. — Bécourt, Thèse de Strasbourg, 1830. — J. Boeckel, Des kystes pancréatiques. 1891. — Bonamy, Thèse de Paris, 1879. — Cornil, Soc. anal., 1803. — Le Dentu, Soc. anat., 1865. — Gussenbauer, Congrès de la Soc. allem. de dur., 1883. — Hagenbach, Thèse de Leipzig, 1887. — Hahn, Ùentralblatt fiir Chir., 1886. — Koatz, Thèse de Marbourg, 1886. — Kulenkampf, Berliner klin. Wochens., 1882. — Kuhnast, Thèse de Breslau, 1889. — Kuster, Berl. klin. Woch., 1887. — Masseron, Thèse de Paris, 1882. — Salzer, Prager Zeits. fiir Heilkunde, 1886. — Senn, Amer. Journal of med. se., 1885 et 1886. — Steele, The Chicago med. Journal and Examiner, 1888. — Hartmann, Congr. franç. de chir., 1891. — Nimier, Chirurgie du pancréas. Revue de chir., 1895 et 1894 — Faucillon, Thèse de Paris, 1892. — Hulke, Kyste du pancréas. London clinic Soc, 25 nov. 1892. — Flaischen, Zeits. fur Geburts, 1893, t. XXVII. — Sciiarkey et Clutton, Saint-Thomas hosp. Record, 1893, t. XXI. — Ashurst, Med. News, 7 avril 1894. — Zweiffel, Centralbl. f. Oynecot., juillet 1894. — Mayo, Médical Record, fév. 1894. — Sciiarkey et Clutton, Saint-Thomas hosp. Record, 1893. — Stieda, Centralblalt fiir allgem. Palhol., juin 1892. — Sciiwartz, Sem. média., juin 1893. — Martin et Moisson, Edinburgh med. Journal, juillet 1893. — Finotti, Wiener klin. Woch., 9 avril 1896. — Rignier, Berl. klin. Woch., oct. 1890. — Gibert, Gaz. des hop., 1896. — Riciiardson, Boston med. Journal, mars 1895. — Binner, Soc. méd. de Magdebourg, nov. 1896. — Bas, Thèse de Lyon, n° 70, 1897.
Les kystes du pancréas peuvent être rangés en trois groupes : les uns sont occasionnés par des hydatides, les autres sont le résultat d'épanchements sanguins qui s'enkystent, les plus importants enfin sont de nature glandulaire.
Les kystes hydatiques nous arrêteront peu, leur histoire ne repose que sur 5 faits tous observés à l'amphithéâtre (2).
Les kystes par hémorragie sont plus intéressants; ils seraient assez fréquents d'après Boeckel, puisque cet auteur a pu en réunir 30 exemples; mais il faut se garder d'y ranger, comme l'ont fait Boeckel, Friedreich et d'autres, les kystes hémorragiques résultant d'un épanchement de sang dans un kyste préexistant. Dans le véritable hématome du pancréas, qu'on peut encore, avec Hagenbach, qualifier de kyste apoplectique, l'hémorragie est antérieure au kyste; la poche se forme secondairement autour du sang épanché, par un processus analogue à celui qui préside à l'enkystement de tout épanchement sanguin circonscrit.
Notre troisième classe, enfin, comprend le plus grand nombre de kystes pancréatiques (s) : ici la paroi kystique est constituée par la paroi même des culs-de-sac glandulaires ou de leurs conduits excréteurs.