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KYSTES PAR HÉMORRAGIE OU KYSTES APOPLECTIQUES

Il convient de rappeler que sous diverses influences, des hémorragies peuvent se produire en plein tissu pancréatique : on les a observées à la suite de traumatismes, mais aussi dans d'autres circonstances, en dehors de toute violence extérieure, chez des malades atteints d'une stase veineuse de l'abdomen, ou môme chez des gens qui paraissaient jusque-là jouir d'une excellente santé.

(') Bibliographie empruntée à J. Bœckel.

(2) Masseron, Thèse, 1881.

(s) Kystes proprement dits de Bœckel.

KYSTES DU PANCRÉAS

Dans un certain nombre de cas, la rupture vasculaire a trouvé une explication plausible dans une altération chronique ou aiguë de l'organe; c'est ainsi que Zenker (') a noté la dégénérescence graisseuse du tissu glandulaire; Klob (s), des altérations d'ordre inflammatoire; Rugg (•'■), des dilatations vasculaires, etc.

Ces hémorragies peuvent être diffuses ou circonscrites. Les hémorragies diffuses auxquelles se rapportent justement les observations de Rugg, de Klob, Zenker, etc., sont susceptibles d'amener la mort subite ou une terminaison plus ou moins rapidement fatale, nous n'avons pas à l'aire ici leur histoire; quant aux hémorragies circonscrites qui seules prennent pari à la formation des kystes apoplectiques, on ne les a que rarement observées, et constamment, d'après Hagenbach, elles ont été des trouvailles d'autopsie : chaque fois, d'après cet auteur, (pie le diagnostic de kystes apoplectiques a été posé, on a commis une erreur et il s'agissait en réalité de kystes préexistants dans lesquels une hémorragie s'était produite. C'est ainsi que pourraient s'interpréter les faits d'Anger ('•), de Parsons (5) et celui de Stôrck (6).

Comme exemples de vrais kystes hématiques, nous pouvons citer ceux qu'ont observés Pepper (7), Challand et Rabon (8), Baudach (a), etc., et peut-être les cas de Thiersch et de Gussenbauer (l0). Ces kystes, découverts seulement après la mort, étaient petits et remplis de caillots sanguins; leur volume a été comparé à celui d'une noix, du poing, d'une orange, etc. Jusqu'ici jamais un diagnostic exact n'a été posé, peut-être cependant pourrait-on y songer, si, en même temps que se produisent des hématémèses ou des selles sanglantes, on voyait subitement apparaître une tumeur fluctuante dans la région sus-ombilicale. La réunion de ces signes et l'étal grave du malade suffiraient, à mon sens, pour justifier une intervention active et tout au moins l'idée d'une laparotomie exploratrice. Chez deux malades porteurs de foyers hémorragiques dans le pancréas, Thiersch et Gussenbauer sont intervenus avec succès par l'incision et le drainage : en supposant même qu'il y ait doute sur l'interprétation pathogénique de ces cas, le résultat opératoire n'en est pas moins encourageant, l'indication restant en somme la même, que le sang ait créé le kyste ou qu'il se soif épanché dans un kyste déjà formé.

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