‹ Traité de chirurgie [electronic resource] (volume 3)Chapitre 125 sur 161 · CORPS ÉTRANGERS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS ORGANIQUES

Ils peuvent être rapprochés des inflammations plastiques. On les décrit à peine et cette omission se comprend, car — et nous le disons dans la thèse de Salis (-) — ils n'ont aucune importance et leur petit volume, leur facilité à jaillir au dehors avec le liquide de la vaginale, expliquent comment ils restent inaperçus dans les autopsies. Cependant un cas de Morgagni est cité partout. A. Cooper, Curling et Gosselin leur consacrent une brève mention. Chassaignac, en 1852, retire d'une tunique vaginale une masse flottante qui mesure 2 centimètres de long sur 12 millimètres de large, puis E. Nélaton, Laborde, Legroux et Damaschino, Duplay publient des cas intéressants. Virchow et Malassez déterminent leur structure; en 1875, nous en présentons un grand nombre à la Société anatomique et nous prouvons que rien n'est plus fréquent que les « petits » corps organiques de la séreuse testiculaire ; nous prouvons qu'ils ne se développent pas en tous points d'une manière indifférente : c'est au niveau des cryptes creusées dans le cul-de-sac sous-épididymaire et sur l'hydatide de Morgagni qu'on les rencontre le plus souvent.

Une circonstance que nous avons mise en lumière (3) explique pourquoi ils échappent si souvent aux regards : ils sont parfois cachés dans un diverticule à ouverture étroite. Lorsqu'on les presse pour les chasser de cette loge, ces corpuscules écartent un diaphragme qui en oblitère l'orifice et apparaissent tantôt libres, tantôt retenus par un pédicule. Nous n'en avons jamais observé sur l'épididyme ni sur le feuillet pariétal de la vaginale ; en dehors des points d'élection, on les rencontre sur la face interne et la face externe du testicule, sur son bord antéro-inférieur et postéro-supérieur, sur son extrémité supérieure et son extrémité inférieure. Lorsqu'ils sont appendus à l'hydatide, ils rappellent un grappillon de raisin; leurs grains, transparents et souvent au nombre de 5 ou 6, sont pressés les uns contre les autres et comme souciés. On dirait du sable dont on aurait saupoudré l'hydatide; quelquefois ils sont pédiculés ou s'appliquent sur l'albuginée comme une plaque ou une demi-sphère. D'ordinaire presque imperceptibles, ils peuvent atteindre la grosseur d'un grain de mil, et même d'un grain de chènevis. Mais les corps flottants gros comme un haricot sont exceptionnels, et le fait de Chassaignac est unique où la tumeur atteignait 2 centimètres de long sur 12 millimètres de large.

Lorsqu'il y a des corps flot tants dans une des tuniques vaginales, on en trouve dans l'autre : la coexistence est la règle. Sans parler de ces grains transparents qui parfois recouvrent l'hydatide, il est fréquent de compter 4, 5 et même

(') Charles Monod, Bull, de la Soc. de Mr., 11 juillet 1888, vol. XIV, p. 599. (-) Salis, Thèse de Paris, 1876.

(s) Reclus, Bull, de la Soc. anat. Paris, 1875, 5e série, t. X, p. 500.

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