DES INFECTIONS RÉNALES D'ORDRE CHIRURGICAL
La glande rénale est accessible aux agents microbiens par différentes voies : 1° par l'uretère qui peut amener les germes venus de la vessie, infection ascendante; 2° par ses vaisseaux qui peuvent charrier et greffer dans le rein les éléments pathogènes contenus dans le sang, infection circulatoire ou descendante; 5" très exceptionnellement un processus infectieux périrénal peut se propager au rein. Le mode d'infection le plus connu et le plus commun en chirurgie est l'infection ascendante, urétérale ; c'est dire que les agents pathogènes le plus souvent rencontrés dans le rein sont les hôtes habituels des infections vésicales. Dans les cas d'infection par voie circulatoire les microbes sont ceux qui ont provoqué la maladie générale : colibacille, staphylocoques, streptocoques, bacilles d'Eberth(2), ou ce sont des microbes surajoutés. Rovsing a fait à cet égard de nombreuses et intéressantes recherches.
Ces agents infectieux pénètrent par un mécanisme très simple : 1° quand il s'agit d'une pyélo-néphrite par infection générale, c'est le mécanisme de l'embolie bactérienne ; 2° quand les microbes viennent de la vessie, c'est, par simple reflux qu'ils envahissent le rein ; 3° quand une infection de voisinage se propage de l'atmosphère périrénale au rein, la voie d'accès semble être la voie lymphatique. Le mode cV action des agents pathogènes est encore peu connu ; ils agissent en détruisant l'élément sécréteur du rein, en provoquant des altérations de la muqueuse urétérale, tuméfaction, rétrécissement ou ulcération. Toutefois il est difficile de dire par quel mécanisme, et dans quelles conditions, puisque le coli-
(') Je m'élève absolument contre toute tentative de suture du rein après la néphrotomie pour anurie.
(â) Rovsing (Ann. gén.-urin., 1897, p. 945) admet l'hypothèse d'une propagation directe dos agents infectieux du côlon au rein et au bassinet, par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins et lymphatiques qui vont de l'un à l'autre.
PYÉLO-NËPHRITES.
bacille, agent habituel des inflammations de l'arbre urinaire, quel que soit son siège, peut vivre pendant des mois et des années et même s'adjoindre des microbes pyogènes dans les voies urinaires sans altérer sa muqueuse ('). Rovsing admet que la lésion de la muqueuse n'a lieu qu'après décomposition ammoniacale de l'urine par les microbes, c'est alors que bassinet et rein seraient altérés. Son opinion me paraît exagérée, mais il est certain qu'un nouveau chapitre devra être ouvert et traiter du rôle des toxines dans les pyélo-néphrites.
Il est impossible d'établir une limite précise entre les infections rénales d'ordre médical et celles qui ressortissent à la chirurgie. Nous pouvons seulement dire que ces infections ne sont du ressort chirurgical que dans des conditions assez rares : 1° quand elles surviennent au cours d'une intervention sur l'appareil urinaire; 2° quand les lésions, quelle que soit leur origine, sont suppurées, collectées ou retenues dans le rein, et justiciables d'une ouverture et d'un drainage. Suivant leur localisation, à l'uretère, au bassinet et au rein, elles constituent Vurétérite, la pyélite, la néphrite.