CHAPITRE V PÉRINÉPHRITE ET PHLEGMON PÉRINÉPHRÉTIQUE
On désigne, depuis Rayer, sous le nom de périnéphrite, l'inflammation de l'enveloppe cellulo-graisseuse du rein. La description remarquable de cet auteur n'attira guère l'attention, et c'est en 1860 que les leçons de Trousseau, de Demarquav, de Guéneau de Mussy établissent nettement son identité. Les modernes y ont ajouté des notions d'anatomie pathologique plus précises ; Roberts en a exagéré peut-être les variétés anatomiques. Les études bactériologiques sur les voies urinaires ont eu leur retentissement de ce côté. Les travaux successifs d'Ebstein, de Rosenberger, de Nieden, de Tuffier et surtout de Fischer et de Maas nous permettent de substituer au terme d'abcès périnéphrétique le terme de périnéphrite, plus général, et que Rayer employait déjà. En même temps, la thérapeutique bénéficie de nos interventions précoces sur le rein; les inflammations rénales étant attaquées avant l'envahissement delà graisse périnéphrétique, la fréquence de cette complication a notablement diminué.
Corbon, Thèse de Paris, 1873. — Dickinson, On rénal and urinary affections, p. 679. — Féron, Thèse de Paris, 1860. — Fischer, Samml. klin. Vortrage, n° 253, p. 2153. — Follin, Arch. gén. de méd., 1878, t. I, p. 179 et 315. — Gibney, Amer. Journal of med. sciences, 1877 et 1878. — Halle, Thèse de Paris, 1865. — Kroetchmar, Thèse de Paris, 1872. — Guéneau de Mussy, Clinique médicale, t. II, p. 740. — Guyot, Union médicale, 1883, p. 714. — Lancereaux, art. Rein du Dict. Decharnbre. — Le Dentu, Affections des reins, p. 350. — Morris, Surgical diseases of the kidney. — Moreau, Lancet, 1875, t. I, p. 602. — Newmann, Surgical diseases of the kidney. — Parmentier, Union médicale, 1862, p. 407, 440 et 570. — Rayer, Maladie des reins, t. III, p. 244. — Roberts, Urinary and rénal diseases, p. 606. — Trousseau, Clin, de V Hôtel-Dieu, t. III, p. 740. — Tuffier et Lejars, Arch. de phys., 1891, p. 55. — Tuffier, Phlegmon périnéphrétique à pneumocoques consécutif aux affections pleuro-pulmonaires. Soc. de biol., avril 1892. — Chauvenet, Contribution à l'étude des abcès périnéphrétiques. Thèse de Paris, 1894. — Zeller, Des phlegmons périnéphrétiques d'origine rénale. Thèse de Lyon, 1896. — Goldenhorn, Sur l'évacuation spontanée des abcès périnéphrétiques. Odessa, 1898. — Roger et Bonnet, Soc. médic. des hôpit., 5 juillet 1895. — Maas, Samml. klin. Vortrdge, 1897.
Anatomie pathologique. — La périnéphrite n'est que l'inflammation de la couche cellulo-graisseuse périrénale. Elle peut revêtir trois formes anatomiques : 1° périnéphrite scléreuse, 2° périnéphrite fibro-lipomateuse, S0 périnéphrite suppurée désignée plus communément sous le nom de phlegmon périnéphrétique.
I. La périnéphrite scléreuse se présente sous l'aspect d'une coque épaisse, blanche, dure, fibreuse, criant sous le scalpel. Le tissu incisé laisse écouler un suc opalescent. Cette infiltration, qui rappelle les descriptions anciennes du phlegmon chronique, forme une induration qui non seulement envahit la couche graisseuse périrénale, mais qui peut encore se propager aux muscles et à la paroi, et j'ai incisé au cours d'une néphrotomie une périnéphrite qui
PÉRINÉPHRITE ET PHLEGMON PÉRINÉPHRÉTIQUE.
avait sclérosé toute la paroi jusqu'à la peau ; le bistouri s'enfonçait péniblement dans cette masse lardacée, criant sous l'instrument ; la suppuration n'existait que dans le parenchyme rénal. Cette sclérose ne dépasse guère les limites de la fosse lombaire ; je ne sais pas d'observation dans laquelle elle ail gagné la fosse iliaque.