III. — KYSTES DE L'URETÈRE
On n'est pas fixé sur la nature et l'étiologie de ces kystes. Dans les cas que j'ai rencontrés, ils coïncidaient avec des infections rénales, mais ce peut n'être là qu'une simple coïncidence.
Fig. 131. — Pyélite kystique poJypeuse. (Lancereaux.)
Anatomie pathologique. — Les kystes se présentent sous forme de petites élevures transparentes, du volume d'un grain de millet, disséminées sur toute la hauteur du canal urétéral, principalement dans son tiers inférieur. En dehors des infections rénales, j'ai rencontré ces kystes chez un malade atteint d'une hématurie profuse et persistante. Morris les a vus coïncider avec une néphrite interstitielle et Eve a observé un cas semblable chez un malade également hématurique.
Les trois hypothèses émises sur leur pathogénie sont les suivantes : 1° ces kystes se développeraient aux dépens des cryptes et des glandes préformées de la muqueuse urétérale ; 2° ils dériveraient des « nids épilhéliaux » de Bumm ; 5° ils seraient d'origine parasitaire.
1° J'écarterai de suite la première hypothèse; car l'existence des glandes urétérales est loin d'être démontrée, et me semble douteuse.
2° La seconde hypothèse a été défendue tout récemment par Markwald (').
Cet auteur, qui a pratiqué l'examen des uretères sur 700 cadavres et les a soumis à des milliers de coupes, arrive à ces conclusions que les kystes qui se présentent dans l'uretère se forment, dans l'immense majorité des cas, par dégénérescence des cellules composant ce que Bumm a appelé les << nids épilhéliaux » ; ce sont donc des kystes par fonte cellulaire. Ces nids et les kystes auxquels ils donneni naissance sont congénitaux; ils se développent pour la plupart pendant la vie extra-utérine; leur nombre, dans certains cas, est proportionnel, mais dans de larges limites, à l'âge du malade. Les kystes acquerraient une valeur pathologique lorsque leur développement devient excessif. Les inflammations et les infections du canal ne joueraient aucun rôle dans la pathogénie et le développement de ces kystes, ainsi que le voulait Risenti.
5° Kahlden (2) a trouvé au centre d'un kyste un pigment jaune doré et des granulations se colorant au picro-carmin. Cet auteur regarde ces kystes comme des kystes parasitaires sporospermiques
Fig. 13-2. — Urétérile kystique polypeuse.
(Lancei-eaux.)
(') Markwald, Miïnch. med. Woch., 1898, n° 33, p. 1051. H Kahlden, Soc. de méd. de Fribourg, 1896.
[TUFFIER J
URETÈRE.
ressemblant aux myosporidies qu'on trouve dans la vessie du brochet et qui contiennent le même pigment brun.
L'affection est généralement bilatérale. Nous ne savons rien de la clinique de cette curieuse affection qui est, jusqu'à présent, du domaine anatomopathologique.
Natlan-Larrier (') a vu. à l'autopsie d'une femme de soixante-dix-sept ans, une véritable généralisation de petits kystes à tout l'appareil urinaire : dans le rein droit qui présentait de la néphrite chronique, à la surface du bassinet, sur les uretères, au niveau de la muqueuse vésicale où l'on en comptait six à huit. L'examen de ces kystes montra qu'ils étaient situés sous l'épithélium, qu'ils renfermaient un liquide clair, jaune citrin, et que la paroi de leur cavité était lisse. Exceptionnellement ils présentaient des ramifications microscopiques. Leur paroi externe était hyaline. ■ — Dans un cas que j'ai vu, la structure était tout à fait simple. La muqueuse urétérale présentait ses cellules normales ; le kyste, au contraire, une seule couche de cellules aplaties (Brault).
ANOMALIES DES URETÈRES
Nous avons dit plus haut que les anomalies des reins (voy. ce chap. p. 580) n'entraînaient pas forcément des anomalies des uretères. Inversement, les anomalies des uretères peuvent exister sans malformation aucune du côté des reins. Cependant les anomalies des uretères sont beaucoup plus liées à celles des reins que ces dernières à celles de l'uretère. C'est ainsi que l'absence de l'un ou des deux reins entraîne l'absence de l'un ou des deux uretères et que nous voyons des anomalies de l'uretère se produire lorsque les reins sont congénitalement déplacés ou soudés entre eux par une de leurs extrémités, ou simplement multilobés. Enfin ceux qui ont signalé l'existence de 5 reins ont trouvé én même temps trois uretères.
Les anomalies de l'uretère peuvent être divisées en 2 grandes classes : anomalies de nombre, et anomalies d' abouchement.