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FRACTURES DIRECTES DE LA RASE DU CRANE PAR COUP DE FEU

les coups de l'eu de l'oreille ; mais on peut assister à l'écoulement du liquide labyrinthique et, dans un cas même, Hagen put en l'aire l'analyse chimique.

Chauvel et Nimier ont insisté sur la gène des mouvements du maxillaire inférieur qui accompagne les coups de l'eu de l'oreille, raideur articulaire pouvant aboutir à l'ankylose complète ou incomplète de l'articulation temporo-maxillaire; le rapport presque immédiat de la cavité glénoïde avec le conduit auditif explique cette relation pathologique; nous avons nous-mème plusieurs fois constaté celle gène, qui peut résulter soit d'une lésion directe produite dans sa course par le projectile, soit de la crainte de la douleur (déchirure du tympan) réveillée par les mouvements, soit enfin d'une propagation inflammatoire de l'oreille moyenne ou externe à l'articulation; le mécanisme est le même que celui par lequel une otite externe ou moyenne provoque un resserrement de la mâchoire.

Une toux sèche, incessante, est un symptôme que nous avons souvent constaté à la suite des coups de feu de l'oreille; cherchant l'interprétation de ce phénomène, nous pensons qu'on peut le rapporter à une lésion du filet auriculaire pneumogastrique.

Phénomènes consécutifs. — La suppuration du foyer de la fracture est l'accident à redouter : la propagation des phénomènes inflammatoires aux méninges, au cerveau, peut se faire par les fissures de la fracture; même en l'absence de ces fissures, l'otite traumatique infectieuse peut retentir sur l'encéphale, suivant un processus dont l'élude serait déplacée ici.

Les hémorragies secondaires constituent une complication fréquente et grave des coups de feu du rocher : Otis en signale 9 cas, et le Rapport allemand de la guerre de 1 870- 1 <S7 1 en contient 7 observations. Ces hémorragies reconnaissent plusieurs causes : tantôt l'extraction tardive du projectile (Reverdin, Terrier), qui formait bouchon; tantôt la blessure d'un vaisseau par l'instrument extracteur. Les hémorragies secondaires spontanées sont dues à la destruction et à l'altération des tuniques de l'artère carotide interne, ou déterminées par la suppuration.

Rien moins graves sont les paralysies faciales tardives, les vertiges, la perte d'équilibre, la chute sur le côté malade, les mouvements de manège. Percy expliquait ces phénomènes par une exagération de la pression intra-labyrinthique, par compression de la balle arrêtée contre le tympan.

Pour Chauvel et Nimier, cette sorte de maladie de Ménière traumatique est probablement causée par une hémorragie du labyrinthe.

Pour Bôttche et Bergmann, l'ensemble de ces symptômes traduit non une lésion de l'acoustique, mais une blessure concomitante du cervelet.

Pronostic. — Pour établir le pronostic de ces blessures, il faut distinguer :

1° Les coups de feu limités à l'apophyse mastoïde;

2° Les coups de feu limités au rocher;

5° Les coups de feu de l'oreille, avec lésions cérébrales.

Si, dans les deux premiers cas, on voit les trois quarts des sujets guérir, la mort rapide est la règle, dans le cas de contusion ou île compression cérébrale concomitante.

Traitement. — a. Désinfection du foyer. — h. Extraction des projectiles. c. Traitement des complications.

[OÉRARD-MARC.HANT ]

FRACTURES DU CRANE PAR COUP DE FEU

Telles sont les trois indications qui se posent clans les coups de feu du rocher :

la désinfection du foyer, le traitement des complications, ne comportent aucune discussion.

L'extraction des projectiles, au contraire, a donné lieu à des opinions divergentes, qu'on trouvera exposées dans une thèse (De la non-intervention primitive dans les plaies pénétrantes du crâne, par balles de petit calibre, G. Esprit. Paris, 1887) : nous sommes (voy. Soc. anat., 1888), avec Poulet, Peyrot, Berger (Soc. de chir., 10 novembre 1888, n° 5, t. XIV, p. 697), partisans de l'intervention primitive, lorsque le projectile est situé dans la paroi (plaie non pénétrante), ou visible et accessible, à quelques centimètres de profondeur (plaie pénétrante). Si le corps étranger, longtemps toléré, devient la source d'accidents, il faut intervenir secondairement. La recherche du projectile par l'appareil électrique, son extraction avec les instruments spéciaux ne peuvent trouver place ici.

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