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I. — KYSTES HYDATIQUES

Sur 52 cas de kystes hydatiques des os, que Gangolphe a réunis dans sa thèse d'agrégation, le crâne a été atteint 4 fois : 5 fois le kyste occupait le frontal, 1 fois il avait pour siège le sphénoïde. L'origine probable de ces kystes, aux dépens de la muqueuse du sinus frontal ou sphénoïdal, pourrait nous autoriser à les décrire avec les affections des sinus, si, par l'anatomie pathologique, les symptômes et les difficultés opératoires, ils n'appartenaient au crâne.

Dans l'histoire de kystes hydatiques des os du crâne, il ne faut pas comprendre les kystes développés aux dépens des muscles crâniens, ou même des méninges; ainsi l'observation de Dupuytren, souvent citée par les auteurs et donnée par Heinecke comme kyste des os du crâne, s'applique à une hydatide qui s était développée dans le corps du muscle temporal.

De même encore les kystes hydatiques de la base du crâne, étudiés par Odile, qui ne semblent pas s'être développés dans le squelette de cette base, et qui ne

[C.ÉRARD-MARCHANT

TUMEURS DES OS DU CRANE

donnent lieu à aucune indication chirurgicale, ne sauraient trouver place dans cette description.

Escarraguel, Des hydatides du tissu osseux. Thèse de Montpellier, 1838. — Dupuytren. Clinique chirurgicale, t. I, 2° éd. Paris, 1839. — Heinecke, Deutsche Chirurgie von Billroth und Liike, Bd. XXI, p. 200. — Langenbeck, Traité des entozoaires. Davaine, 1877, p. 584. Neue Bibliolhek fur die Chir. u. Opht., t. II, p. 365-372. — R. Keate, Traité des entozoaires et des maladies vermineus'es de l'homme et des animaux. Davaine. Mcd. chir. Transaction, t. X, p. 2. — Odile, Des kystes hydatiques de la base du crâne. Thèse de Paris, 1883-1884. — Guesnard, Baudelocque. Journal hebd., 1836, t. I, p. 27. — Gangolphe, Kystes hydatiques des os. Thèse d'agr. en chir., 1888, p. 23, 27, 49, 84, 107.

Anatomie pathologique. — Les observations de kystes hydatiques du crâne, que nous connaissons, appartiennent à la variété uniloculaire : c'est ainsi que dans l'observation de Langenbeck, après la trépanation de la table externe du frontal et l'ouverture du sinus, « il s'écoula une humeur lymphatique claire et visqueuse, et l'on vit une vessie à parois brillantes qui remplissait tout le sinus, et d'où s'écoulait une humeur lymphatique, car elle avait été déchirée lors de l'ouverture de la cavité osseuse; Thydatide lut saisie avec des pinces et arrachée par lambeaux.

La cavité avait 5 pouces de diamètre dans un sens, et o pouces 1/2 dans un autre sens; on reconnaissait facilement avec le doigt la paroi postérieure du sinus frontal ; la paroi antérieure était très spongieuse et mince. En examinant les parois du kyste qu'on avait retiré, on les trouva épaisses et presque cartilagineuses à sa base; à l'intérieur, il était partagé en un grand nombre de cellules qui contenaient un pus fluide et jaunâtre ».

R. Keate découvrit aussi au cours de l'opération « une vessie à parois minces qui se déchira et laissa écouler un liquide incolore ».

C'est par un travail d'écartement, d'amincissement, et même de destruction des parois du sinus que les kystes se développent : les parois de la cavité ainsi distendue sont raboteuses et irrégulières, sans nécrose.

La table externe peut être perforée : chez le malade de Verdalle il existait un orifice osseux, à bords nettement taillés à l'emporte-pièce. Le liquide contenu dans ces poches était clair et limpide.

Sous l'influence de l'accroissement de ces kystes, le cerveau est comprimé mécaniquement, mais sans nulle altération de sa texture. Guesnard dit explicitement dans son observation : « La substance cérébrale n'est ramollie clans aucun point; sa consistance, sa couleur sont normales; l'hémisphère droit est remarquable par la compression qu'il a éprouvée, fortement excavé à sa base et sur les côtés de son lobe moyen; ses circonvolutions ont en partie disparu, et ses anfractuosités sont bien moins étendues. Le plancher du ventricule latéral droit s'élève 1 pouce plus haut que celui du côté opposé et touche au plafond du même ventricule. La couche optique et les corps striés sont légèrement aplatis. Du reste, aucun liquide n'existe dans les cavités du cerveau. »

Symptômes. — Cette affection s'observe chez de jeunes sujets : c'est à sept ans (Guesnard), à dix-huit ans (R. Keate, Verdalle, Denucé), à dix-sept ans (Langenbeck), que les malades se sont présentés à l'observation du chirurgien; mais comme il y a dans le développement de ces kystes une période latente prolongée, on est autorisé à admettre que leur début remontait à l'extrême jeunesse.

Le kyste hydatique étant une affection essentiellement indolente, ne donne lieu à aucun signe appréciable, jusqu'au jour où la tuméfaction osseuse se pro-

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