KYSTES HYDATIQUES DES OS DU CRANE
duit : d'après les faits connus, c'est au niveau du sinus frontal que la tuméfaction s'est d'abord manifestée.
Il existe alors une tumeur arrondie, profondément fluctuante, à paroi osseuse amincie, quelquefois dépressible « comme le couvercle d'une boîte de fer-blanc » (Langenbeck), d'autres fois très dure (Keate).
Cette tumeur offre ce caractère essentiel qu'elle est animée d'un double battement ; mais il ne s'agit pas d'un mouvement d'expansion : c'est un mouvement de soulèvement et, en l'analysant, on constate qu'il est double, isochrone d'une part aux mouvements artériels, et d'autre part au rythme respiratoire.
Le volume de celte tumeur est variable, mais notable cependant : le kyste a été comparé aux trois quarts d'une orange (Keate). Il était « considérable » dans le cas de Langenbeck (puisque la cavité avait.") pouces de diamètre dans un sens et 5 pouces 1/2 dans un autre).
Sous l'influence de l'accroissement, et probablement de circonstances extérieures nocives, le kyste peut finir par s'abcéder, et donne lieu à un trajet fistuleux.
Le jeune berger observé par Verdalle et Denucé portait depuis trois ans un trajet fistuleux : le stylet pénétrait par ta fistule jusque dans une cavité fongueuse.
L'exploration, rendue plus facile, en raison de l'affaissement de la poche, permit, dans ce même cas, de constater l'existence d'un orifice osseux à bords nettement taillés à ï 'emporte-pièce.
Les phénomènes cérébraux sont peu accusés (Keate), ou nuls (Langenbeck, Verdalle); la compression cérébrale s'établissant lentement, sans réaction périphérique sur les méninges ou le cerveau, on peut's'expliquer ce silence du cerveau.
Cependant le malade de Keate présentait des vertiges, des tintements d'oreilles et de violents maux de tète.
Les troubles du côté de l'appareil de la vision sont beaucoup plus graves : la vision était totalement abolie, et, dans un cas, l'orbite et le globe de l'œil étaient simultanément repoussés en bas et en dehors, de sorte que l'œil était presque au niveau de la pointe du nez.
En résumant ces symptômes, on arrive à celte conclusion décourageante, qu'il est impossible de faire le diagnostic de pareilles tumeurs : ni l'âge du sujet, ni l'indolence de la tumeur, ni sa l'orme, ni son développement extrêmement lent, ni les signes locaux sur lesquels nous venons d'insister, ne guident le clinicien.
C'est au cours de l'opération que les chirurgiens que nous avons cités ont reconnu la nature hydalique du kyste; seule la ponction exploratrice, en révélant la clarté, la transparence du liquide, la présence de crochets, permettra de conclure à l'existence d'un kyste hydatique.
Pronostic. — Les kystes hydatiques du crâne ne mettent pas l'existence en jeu, mais ils sont surtout graves par les troubles qu'ils produisent sur l'appareil de la vision.
Traitement. — L'ablation des kystes hydatiques, accessibles, des os du crâne, est le seul traitement à préconiser. Nous ne ferons en cela qu'imiter les bergers dont parle Escarraguel : « Sur les dunes qui servent de digues à l'océan, nous avons appris des bergers que lorsque leurs moutons présentaient des cas d'hydatide des os du crâne, et que ces derniers, usés, amincis, bombaient en tumeur, ils brisaient tranquillement cette portion de la boite épicranienne, vidaient les hydatides, et par cette opération guérissaient leurs animaux. »
[GÉRARD-MARCHANT
TUMEURS DES OS DU CRANE
Cette ablation comprend :