‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 136 sur 211 · KYSTES DERMOÏDES DU CRANE · texte numérisé non relu

KYSTES DERMOÏDES DU CRANE

longue design e-l-il heureusement ces kystes sous le nom de kystes fontanellaires, ou kystes bregmatiqves.

L'adhérence au squelette est un caractère commun à tous les kystes dermoïdes; mais cette adhérence, au lieu de se faire par un pédicule ou un filament fibreux, étroit, a lieu au crâne par une large base d'implantation, au contact de la dure-mère.

11 est très intéressant de montrer que les kystes bregmatiques doivent être rapprochés, au point de vue de leur connexion avec la dure-mère, des kystes endo-eraniens(') ; ces analogies ont été bien établies par M. Lannelongue, pour lequel kystes extra-rraniem et intra-craniens, adhérents à la dure-mère, sont le résultat d'un développement anormal de la paroi crânienne.

La pathogénie de ces kystes a fixé aussi l'attention de M. Lannelongue, et il leur applique la théorie de l'enclavement d'un îlot ectodermique, oublié dans le tissu vasculaire. « Dans le travail d'évolution, qui réunit les deux lèvres de la gouttière dorsale de l'embryon pour enfermer le cordon ectomique, rudiment des centres nerveux, un groupe de cellules appartenant au revêtement épithélial de la gouttière, c'est-àdire l'ectoderme, reste enclavé au milieu du feuillet moyen, dans le plan de soudure. C'est lui qui, en se développant, forme la tumeur dermoïde, de la même manière que l'îlot , resté anormalement dans le trajet d'une fissure embryonnaire de la face, produit le kyste branchial. A cette origine

appartiennent non seulement les kystes bregma qui nous occupent, mais ceux

Fie. 212. — Kyste dermoïde endo-cranien. (Lannelongue.)

kyste dermoïde. — B, occipital, — C, pédicule médian qui relie le kyste endo-cranien aux os, el l'occipital au cuir chevelu.

(') L vNNELONiir Sur les kystes dermoïdes intra-craniens au double point île vue île l'anatomie et de la physiologie pathologique. Arch. de physiol., juillet 18X0, n° T>. — Dans ce mémoire îles l»lus intéressants, Lannelongue a réuni toutes les observations de kystes dermoïdes intracraniens publiées à cotte époque.

Ces kystes sont toujours en continuité de tissu avec la dure-mère, tantôt extra-dure-mériens, tantôt intra-durc-mériens, mais séparés des parties molles par la paroi osseuse. Ils sonl d'abord extra-craniens, mais, par suite du développement du crâne osseux, le kyste est isolé de ses attaches au tégument, et enfermé dans le crâne. Celle théorie s'appuie sur l'existence d'adhérences, reliant d'une part la paroi du kyste aux os (occipital), et d'autre pari l'occipital au cuir chevelu. Lorsque le travail d'ossification, qui sépare le kyste extracranien de ses attaches au tégument, est incomplet, on se trouve en présence de deux fumeurs, l'une extra, l'autre intra-cranienne, reliées entre elles par un canal perméable, ou par un cordon fibreux intermédiaire.

Sur la pièce ci-jointe (fig. 212), empruntée au mémoire de Lannelongue, ces détails de développement apparaissent avec netteté. Nous regrettons de ne pouvoir suivre Lannelongue dans les détails intéressants qu'il consacre à la symptomatologie, au diagnostic et au traitement de ces kystes.

[GÊRARD-MARCHANT ]

TUMEURS DES OS DU CRANE

de la glabelle et de l'inion, et même ceux qui sont situés à la face interne de la dure-mère. Tous ces kystes sont situés sur la ligne médiane, particularité qui est en rapport avec leur pathogénie. » (Lannelongue, loc. cit., p. 529.)

Lannelongue a cherché aussi à expliquer pourquoi les kystes dermoïdes médians de la voûte du crâne se montrent de préférence en certains points sur le bregma, l'inion et la glabelle, et pourquoi les kystes extra-craniens siègent le plus souvent au voisinage du pressoir d'Hérophile, c'est-à-dire en face de l'inion.

Les trois régions indiquées correspondent aux points de rencontre des pièces osseuses du crâne, aux points de la ligne médiane, dont l'ossification se fait plus tardivement ; il repousse l'hypothèse d'après laquelle on suppose que ces îlots ectodermiques, enclavés sur la ligne médiane, sont étouffés, pour ainsi dire, là où l'ossification est précoce, et qu'ils rencontrent, au contraire, des conditions plus favorables à leur développement dans les régions fontanellaires dont l'ossification est plus tardive. « Nous croyons plutôt que le travail de formation des os a pour résultat de repousser les îlots enclavés, et de les reporter vers les espaces fontanellaires », opinion, que Lannelongue appuie sur la disposition d'une pièce anatomique de kyste dermoïde intra-cranien.

Cette théorie trouve une confirmation évidente clans l'observation de Walther et Tillaux. Chez ce malade, en effet, ce n'est pas seulement un cordon fibreux, vestige de l'origine ectodermique, se perdant dans l'épaisseur de l'occipital pour reparaître à la face profonde de l'os, que ces chirurgiens ont constaté : c'est la tumeur dermoïde elle-même qu'ils ont trouvée en dehors du crâne, communiquant par un trou de l'os avec une autre tumeur dermoïde intra-cranienne : « Le kyste primitif unique a été pour ainsi dire étranglé en forme de gourde, par le développement de l'occipital au lieu d'être tout entier enclavé dans l'intérieur du crâne. Il en est résulté la disposition suivante : deux kystes dermoïdes, l'un intra-cranien, l'autre extra-cranien, communiquant entre eux par un conduit assez large. »

Symptômes. — Il s'agit d'une affection congénitale, mais qui, à l'exemple des kystes congénitaux des autres régions, peut ne se révéler et ne s'accroître qu'à un âge très avancé, puisque la malade observée par Picard avait soixante et onze ans! Mais c'est là une exception; dans ce tableau est relevé l'âge des malades, d'après :

Giraldès 3 mois.

Arnolt 8 —

Lannelongue . . . .• 10 —

Ollier 4 ans.

Lannelongue 5 —

Wrang et Neurenter, Folet 6 —

Lenoir . ■ . ■ 17 — ■

Condamin . 26 —

Heurtaux ' 36 —

Ollier adulte.

Tillaux et Walther 34 ans.

Au point de vue du sexe, ces observations se balancent, puisque nous trouvons 8 garçons et 7 filles; le sexe du troisième malade d'Ollier n'est pas indiqué.

Le caractère le plus important de ces kystes est leur siège constant, sur la fontanelle antérieure, à la partie supérieure et médiane du front, près de la suture sagittale.

Nous n'insisterons pas sur les particularités d'évolution de ces kystes, qu'ils

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