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NÉOPLASMES PERFORANTS DES OS DU CRANE

se manifester et les seuls signes de la maladie sont la présence de la tumeur extérieure qui peut se ramollir et s'ulcérer, et l'affaiblissement cachectique du malade.

« Les fongus de la dure-mère s'échappent quelquefois par d'autres voies que la voûte du crâne. On en a vu sortir par l'orbite, en produisant une exophtalmie, par les fosses nasales, par l'oreille, en simulant un polype.

« La durée de la maladie peut être assez longue. On a dit qu'elle pouvait se prolonger trente ou quarante ans. Mais la longueur de cette durée porte principalement sur la première période. Une fois la perforation du crâne accomplie, la mort arrive généralement au bout d'un ou deux ans. Cette terminaison, conséquence habituelle de l'épuisement du malade, est souvent hâtée par des accidents cérébraux ou par des hémorragies. » (Duplay).

Traitement. — Pousson, dans le mémoire déjà cité, a réuni 41 faits qui fournissent, à cause des récidives, 49 interventions; sur ce nombre on note 26 succès opératoires. Cette mortalité excessive tient moins à la gravité de la lésion, qu'à certains procédés opératoires employés. Pousson, ramenant â 6 types les divers modes d'intervention mis en œuvre, trouve que :

L'incision simple a donné

1 succès,

7 morts

L'incision avec excision d'une partie de la tumeur. .

La destruction par les caustiques

La ligature

L'extirpation

De tous les procédés, l'extirpation est le seul où les succès l'emportent sur les échecs et cela dans une forte proportion; 22 guërisons opératoires contre «S morts, soit près de 2/3 des succès; la mortalité dans les autres procédés ne se chiffre pas par moins de 14 morts, contre 5 guérisons.

Ainsi se trouve justifié par la statistique, le choix que font a 'priori les auteurs classiques, de l'extirpation large. La supériorité de ce mode d'attaque des tumeurs perforantes du crâne n'avait d'ailleurs pas échappé à Louis, qui, dans son mémoire, formule nettement le principe de s'adresser d'abord au vice de l'os, pour extirper ensuite le mal essentiel, par les moyens appropriés.

Manuel opératoire. — Après anesthésie générale (éther ou chloroforme) et antisepsie de la région, le chirurgien circonscrit la tumeur par des incisions transversales ou verticales, appropriées au néoplasme, de façon à l'isoler et. à le séparer d'avec les téguments sains. Après avoir reconnu les connexions de la tumeur, il faut attaquer l'os qui lui livre passage : la brèche doit être large ('), la pince-trépan de Farabeuf sera, dans ces cas, très utile.

L'extraction de la tumeur, simple dans le cas d'indépendance d'avec les méninges, devient délicate dans la majorité des cas, où il y a adhérence primitive ou secondaire de la dure-mère au cerveau : la séparation peut être facile, sans hémorragie, mais parfois aussi il est indispensable de réséquer la duremère : d'ailleurs ces temps opératoires sont les mêmes, qu'il s'agisse de néoplasme perforant, ou de tumeur du cerveau proprement dit (voy. chapitre suivant).

(') « La grande déperdition qu'il faudrait faire aux os du crâne, pour découvrir la végétation fongueuse de la dure-mère, n'a donc aucun inconvénient, et l'on ne peut se dispenser de commencer la cure par les indications présentes. •> (Louis.)

[GÉRARD-MARC H A NT

TUMEURS CRAMO-CÉRÉBRALES.

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