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S LUXATION DES CARTILAGES SEMI-LUNAIRES

du cartilage ; ou bien les insertions antérieures et postérieures demeurent intactes et la déchirure porte sur toutes les attaches circonférentielles. Il est exceptionnel que l'insertion postérieure du fîbro-cartilage se rompe. Bruns (') a noté que la déchirure avait eu lieu 22 fois en avant, 6 fois à la partie moyenne, 4 fois en arrière.

3° Quelquefois la circonférence du cartilage séparée de ses attaches ligamenteuses se replie sur elle-même, se déplace vers l'espace intercondylien et, s'inlerposant aux surfaces articulaires, immobilise la jointure (Annandale) (â).

4° La déchirure du cartilage semi-lunaire peut être partielle, un lambeau plus ou moins large est détaché du ménisque et le lambeau, se redressant, s'interpose et produit encore l'immobilisation de la jointure (Croft(3), Marsh (')).

5° Enfin le cartilage semi-lunaire, séparé de ses attaches périphériques, peut être divisé en plusieurs morceaux par des déchirures qui le segmentent (Davies-CoIley)(s).

6° Le déplacement du fibro-cartilage peut se faire en avant, en arrière ou de côté.

Le mécanisme de cette lésion a été déjà depuis longtemps recherché par Bonnet, il reste à peine ébauché et bien des points demeurent obscurs.

Tel qu'il est le voici : Un sujet étant horizontalement étendu sur sa face antérieure et la jambe étant fléchie à angle droit, Bonnet porta brusquement le pied et la jambe dans la rotation en dehors. Il éprouva la sensation d'un soubresaut particulier et le pied demeura tourné en dehors, la jambe fléchie sur la cuisse à 45 degrés. Il procéda alors à la dissection du genou et, ayant enlevé la rotule, il vit en répétant l'expérience « que le soubresaut était produit par le passage du condyle interne du fémur derrière le cartilage semi-lunaire qui se trouvait ainsi refoulé en avant sur la cavité glénoïde interne du tibia sans qu'il y eût cependant déchirure de la capsule articulaire ».

Les symptômes ressemblent beaucoup à ceux qui sont provoqués par les corps étrangers du genou. Dans un mouvement de flexion du genou un peu brusque, le malade éprouve une douleur vive, son membre est en même temps immobilisé et il ne peut ni fléchir ni étendre la jambe. Si cependant, surmontant sa douleur, il parvient à produire l'extension ou si quelqu'un lui venant en aide fait exécuter ce mouvement au membre, un ressaut se produit : aussitôt toute douleur disparaît et les fonctions de la jointure sont instantanément rétablies (Hey, Bromfîeld, Dequevauviller, Londe, etc.).

Lorsque le chirurgien est appelé à examiner le déplacement des cartilages semi-lunaires, il peut constater habituellement un signe capital, la saillie du cartilage déplacé; cette saillie est sensible et visible pendant la flexion (Lannelongue (°), Nicoladoni (7) ), disparaît pendant l'extension; elle siège ordinairement à la partie antérieure de l'interligne.

Lorsque le déplacement est rapidement corrigé, tout se borne à ce que nous venons d'exposer. Dans le cas contraire, une hydarthrose abondante survient,

(') Bruns, Beitrdge zut klia. Çhir., Bd. IX, Heft n, 1892, p. 455.

(2) Annandale, British med. Journal, 1888, p. 588.

(3) Croft, Brilish med. Journal, 1888, p. 588.

(4) In Stimson, Loco citato, p. 484.

(b) Davies-Colley, British med. Journal, 1888, p. 588.

(6) Lannelongue, Bull, de la Soc. de chir.. 1879, p. 575.

(7) Nicoladoni, Arch. fur Min. Chir., 1881-1882, t, XXVII. p. 667.

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