LUXATIONS DU CALCANEUM
On comprend sous cette dénomination les déplacements du calcanéum sur l'astragale et le cuboïde, ces deux os conservant leurs rapports normaux avec les os de la jambe et, du pied. Ces luxations, niées par Broca, sont aujourd'hui généralement admises, mais leur rareté est très grande.
[CH NÉLATON
LUXATIONS MÉDIO-TARSIENNES.
Des diverses variétés plus ou moins acceptées de luxations du calcanéum, celle qui est incontestable est la luxation du calcanéum en dehors de l'astragale et en dessus du cuboïde. Deux faits publiés par Dumas, et observés dans le service de Jourdan (de Marseille), démontrent ce déplacement^).
Dans le premier cas, la lésion fut produite par la chute d'un madrier sur la partie interne de la jambe et du pied. Au-dessous de la malléole externe, profondément enfoncée, on sentait une saillie considérable formée par les faces supérieure et externe du calcanéum; on reconnaissait en avant la grande apophyse de cet os séparée du cuboïde au-dessus duquel elle faisait saillie. Les articulations astragalo-scaphoïdienne et tibio-astragalienne étaient intactes.
Dans la seconde observation, les symptômes étaient à peu près les mêmes, seulement il y avait en même temps une luxation du cuboïde qui, presque complètement expulsé de sa place, faisait sur le bord externe du pied une saillie de plus de 2 centimètres.
Deux autres variétés de luxations du calcanéum : La luxation du calcanéum en dehors de l'astragale et en dedans du cuboïde, admise d'après la dissection d'une pièce ancienne faite par Canton (-) et la luxation du calcanéum en dehors du cuboïde combinée avec une luxation de l'astragale en avant et en dehors, ont paru à Polaillon, à Stimson, etc., fort difficiles à admettre. Et l'on peut répéter avec Polaillon « que de pareils faits doivent trouver leur place dans la description des grands délabrements traumatiques du pied, mais ne sauraient être rangés dans les luxations proprement dites du calcanéum (?),. »
LUXATIONS «MÉDIO-TARSIENNES
Ce déplacement est très rare. A côté des faits obscurs de Petit, Cooper, Lister, il y a deux observations concluantes, l'une de Thomas (de Tours) (*)', l'autre de Benj. Anger (5).
Dans le cas de Thomas, on trouva à l'autopsie que la tète de l'astragale et la surface cuboïdienne du calcanéum formaient au-dessus de la seconde rangée des os du tarse une saillie très prononcée. L'astragale reposait sur la face supérieure du scaphoïde; le cuboïde se trouvait encore en contact avec la surface articulaire du calcanéum, mais seulement dans la moitié inférieure de celle-ci. Les désordres étaient considérables : rupture du ligament en Y et du ligament calcanéo-scaphoïdien interne. Chez le malade de Benj. Anger, la tête de l'astragale était au-dessus et en avant du scaphoïde; la facette cuboïdienne du calcanéum se trouvait placée sur la face supérieure du cuboïde.
(') Dumas, Bull. gén. de thérap., 1854. (*) Canton, Lancet, 1847, t. I, p. 505.
(3) Art. Calcanéum du Dictionnaire Deehambre.
(4) Thomas, Mém. de la Soc. méd. d'Indre-et-Loire, 1867.
(5) 13. Anger, Iconographie des maladies chirurgicales, p. 624.