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CONTUSION PROFONDE AVEC LÉSION DU SQUELETTE

Une variété grave de la contusion simple du cuir chevelu est. la possibilité d'une lésion du squelette; c'est surtout en chirurgie de guerre que celte lésion est redoutée. « Elle résulte du frôlement d'un projectile animé d'une grande vitesse, du choc plus direct d'un corps petit ou volumineux, dont le mouvement ne suffit pas pour provoquer une fracture. » (Ghauvel et Nimier.)

Les premiers jours se passent sans incidents, mais du treizième au quinzième jour de la blessure, de la fièvre, des frissons violents, indiquent l'infection de l'organisme; du côté du cuir chevelu, la suppuration s'annonce, et la céphalalgie, les vertiges, les nausées témoignent d'un retentissement du côté des

LÉSIONS TRAUMATIQUES DES PARTIES MOLLES

méninges et du cerveau; l'infection purulente, un abcès sous-dure-mérien ou cérébral, sont les redoutables complications primitives de cette contusion, si, par une incision large et la trépanation, on ne remédie pas aux accidents menaçants. \J ostêo-périostite consécutive à cette infection du foyer s'accompagne d'une nécrose de la table externe du crâne, avec toutes ses conséquences sur les méninges et le cerveau.

Le pronostic est donc toujours grave dans ces cas déterminés, et Ambroise Paré visait ce danger, lorsqu'il réclamait cent jours avant d'affirmer la guérison d'une contusion profonde du cuir cbevelu. Chauvel et Nimier pensent, avec juste raison, que la gravité de la contusion dépend de la région intéressée et paraît être en rapport avec la minceur de l'enveloppe osseuse.

D'après le rapport allemand, en effet, tandis que les contusions osseuses au front et à l'occiput auraient eu une mortalité de 6,6 et de 8,6 pour 100, aux régions pariétale et temporale elle se serait élevée à 14,28 et à 12,6 pour 100. Toujours d'après ces mêmes auteurs, les données de la guerre d'Amérique confirment cette particularité et démontrent les dangers de ces blessures ; sur •528 hommes, atteints de contusions, par coup de feu, des os du crâne, on trouve :

Traitement. — Agir promptement est de toute nécessité, et ce précepte a une telle importance que, dans le cas où le chirurgien a des raisons de soupçonner que la contusion s'accompagne d'un désordre du squelette, il doit, par une incision exploratrice des parties molles, mettre à nu la surface osseuse [du crâne dans le point confus ; la désinfection du foyer, l'ablation des esquilles, un pansement antiseptique, s'opposeront à la migration du pus à travers le diploé, et à tous les accidents locaux (pltlébite, abcès des méninges et du cerveau), et généraux (infection purulente) consécutifs.

Lorsque cette intervention immédiate n'est pas possible, il faut se hâter de parer aux indications, impérieuses dans tous ces cas : ouvrir le foyer cutané ou l'agrandir lorsque déjà une fistule existe, trépaner au niveau de la nécrose, vider le foyer dure-mérien, examiner même cette membrane, afin de ne pas laisser au-dessous d'elle une collection purulente, telle est la thérapeutique chirurgicale à suivre; il faut avouer que jusqu'ici les résultats de cette méthode n'ont pas été brillants, puisque les douze trépanations, pratiquées en pareil cas par les Américains, ont été suivies de morts : il est permis toutefois d'espérer que, grâce à la chirurgie antiseptique, des succès seront enregistrés à l'avenir. (Voy. Abcès du cerveau.)

55 morts

98 réformés (pour infirmités consécutives à

leur blessure)

Enfin 175 guéris.

17 pour 100.

Nous allons passer en revue les plaies des téguments du crâne par les différents agents vulnérants, piquants, tranchants, contondants, en y comprenant les armes blanches et les projectiles de guerre.

PLAIES DES TÉGUMENTS ET DES OS DU CRANE. 58t

Limiter la plaie au cuir chevelu, ne pas étudier simultanément la lésion possible du crâne, serait créer une division artificielle, non clinique, que nous repoussons ; à côté de la plaie simple, il faut toujours envisager la plaie compliquée.

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