PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS
La plaie qui résulte de la pénétration de ces corps pointus est perpendiculaire ou oblique aux téguments : l'instrument, frappant perpendiculairement les téguments, les traverse directement et atteint les os du crâne, qu'il peut léser, ou par lesquels il est arrêté ou réfléchi.
Lorsque le corps acéré frappe le crâne obliquement et sur une zone aplatie, comme la région pariéto-temporale ou frontale, la pointe pénètre obliquement le cuir chevelu et s'insinue entre la face profonde des téguments et le crâne : lorsque la pointe ressort après ce trajet sous-cutané, il en résulte une plaie en séton, de longueur variable.
L'hémorragie, la douleur, la présence d'un corps étranger, sont les suites ordinaires de ces piqûres.
h' hémorragie est le plus souvent insignifiante; la déchirure d'une artère du cuir chevelu est cependant possible : de là une perte de sang nécessitant la ligature ou la compression.
La douleur est passagère, mais une névralgie pénible est parfois la conséquence de la déchirure d'un des filets nerveux. La lésion nerveuse peut-elle avoir des conséquences plus graves et faut-il, avec Dupuytren (Leçons orales, t. V,p. 129), attribuer à la piqûre du nerf frontal la perte de la vision? La corrélation entre une piqûre, un choc violent même, sur la région même sus-orbi taire et la perte de la vue, n'est pas niable, mais la pathogénie de cet accident grave n'est pas suffisamment établie.
Pour Dupuytren, la cécité était due aux anastomoses entre le nerf frontal et le ganglion ophtalmique : plus près de nous, on a invoqué une paralysie réflexe. « mais si l'on considère que la perte de la vision n'a jamais succédé aux divisions chirurgicales du nerf frontal, mais toujours à une contusion plus ou moins violente du pourtour de l'orbite, avec ou sans plaie, on est porté à rejeter les explications précédentes et à l'attribuer soif à la commotion propagée par les parois 'orbilaires au nerf optique, à son passage par le trou du même nom, ainsi que le pensait Malgaigne (Anatomie chirurgicale), soit à la commotion communiquée au globe oculaire lui-même et déterminant quelque décollement des membranes, ou quelques troubles des milieux de l'œil ». (Legouest et Servier, art. Lésions traumatiques nu crâne du Dict. encyclopédique, p. .*>N.Y)
L'instrument piquant peut être brisé et sa pointe rester dans l'intérieur du cuir chevelu; mais ce corps étranger des parties molles n'occasionnera des accidents inflammatoires que s'il est septique.
Il faut toujours songer que ces piqûres peuvent intéresser la paroi crânienne; cliniquement, le diagnostic de la pénétration est toujours délicat : il n'y a souvent que des symptômes de probabilité (longueur de l'agent vulnérant, minceur des os du crâne); la fixation de la pointe dans le tissu osseux, des troubles cérébraux, constituent des signes beaucoup plus certains.
Les lésions osseuses modifient singulièrement le pronostic, puisque, en 187IL
[GÉRARD-MARCHANT 1
LÉSIONS TRAUMATIQUES DES PARTIES MOLLES
10 plaies limitées aux seules parties molles ont toutes abouti à la guérison, tandis que 11 piqûres, avec lésion osseuse, ont été 7 fois suivies de mort.