PLAIES PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS
Plaies simples, avec écartement, plaies à lambeaux., telles sont les trois variétés que peut créer l'instrument tranchant.
La plaie simple succède à la section incomplète du cuir chevelu.
La plaie avec écartement répond à la division de toute Vépaisseur du cuir chevelu.
Dans la plaie à lambeaux, l'instrument tranchant a pénétré obliquement, en dédolant pour ainsi dire, sectionnant les tissus et les détachant par leur face profonde.
Dans tout lambeau, il y a à considérer ses lèvres, sa base et sa mobilité.
La surface de section est oblique, et sur une des lèvres on peut apercevoir la racine des cheveux divisés dans l'épaisseur du derme : cette disposition a été signalée par J.-L. Petit, qui considérait ces bulbes pileux comme susceptibles d'engendrer les inflammations érysipélateuses ; aussi, dans un cas de ce genre,
11 arracha avec les pincettes à poil plusieurs cheveux qui avaient été coupés dans l'épaisseur de la peau, et tous les accidents cessèrent. Avec les données bactériologiques que nous possédons aujourd'hui sur la genèse de l'érysipèle, du phlegmon, de la lymphangite, cette théorie n'a plus qu'un intérêt historique.
La base du lambeau est le plus souvent large ; sa vitalité est assurée par les nombreuses artères qui serpentent dans son épaisseur, disposition qui explique encore pourquoi le lambeau saigne plus ou moins abondamment par sa tranche, plutôt que par sa face profonde.
La mobilité du lambeau intéresse surtout le chirurgien ; elle varie suivant que la base du lambeau est supérieure ou inférieure. Le lambeau reste-t-il adhérent par sa'partie supérieure, quelle que soit sa mobilité, il se réapplique par son propre poids, par la position seule sur la surface de section, et, sauf l'écartement qui résulte de l'élasticité des tissus, de la division des fibres musculaires, les lèvres de section ont de la tendance à se rapprocher.
Bien différent est le lambeau à base inférieure ; s'il est largement divisé, il retombe sous l'influence de son propre poids, et sa face profonde, péricrânienne, regarde en dehors; le lambeau est alors flottant.
« Les armes tranchantes, dans quelques cas, intéressent les parties molles et le squelette sous-jacent; elles y déterminent des coupures de formes diverses ouvrant ou non la boîte crânienne. Un sabre bien affilé et manié avec une grande vigueur détermine une plaie nette de l'os ; les anciens donnaient à ces plaies par armes blanches des noms bizarres.
« Une marque superficielle du tranchant sur l'os se nommait hédra; une section droite plus ou moins profonde, eccopé (fig. 178) (dans ce cas il y a lieu de songer à un enfoncement de la table interne). Dirigée sous un angle plus ou moins aigu, l'arme produit une section oblique, une espèce de lambeau osseux, adhérent (c'est le diacopé) (fig. 179) ; enfin une portion d'os est complètement détachée et reste adhérente aux parties molles (aposképarnismos) .
« Sur 75 plaies par armes blanches (guerre d'Amérique), on trouve 20 blessés guéris, 10 restés infirmes; la mortalité est de 30 pour 100. En 1870, les Aile-
mands accusent 80 plaies du crâne par coup de sabre; 70 n'intéressaient que les parties molles, et toutes aboutirent à laguérison; tandis que 52 lésions du squelette fure ni 11 lois mortelles (mortalité de 54 pour 11)11). La mort est causée le
Ni .)
Fie. 178. - Eccopé Plaie du crâne Fie. 179. - Diacopé. Coup .le sabre sur le pariétal
par instrument tranchant. (h.oil\.c diplPoe es, ,, n|, l" Panetal
plus souvent par une méningite (Otis, 9 cas), parfois un abcès du cerveau
(2 cas), la pyohémie (1 cas), le tétanos (I cas). » (Chauvel et Nimier, p. 2*7.)