SYMPTÔMES DES FRACTURES DE LA VOUTE
Dans les fractures ouvertes de la voûte du crâne, il est possible de constater une fissure; le plus souvent il y a déplacement des fragments (chevauchement, enfoncement, esquilles), perceptibles par la vue et le toucher.
Ce déplacement peut s'accompagner dans les délabrements considérables de la voûte, d'écoulement de sang, de sérosité céphalo-rachidienne et de bouillie cérébra le.
Dans les fractures fermées de la voûte, les symptômes sont, par ordre d'importance, Y enfoncement, la douleur localisée, la tuméfaction et Vœdème des téguments.
L'enfoncement est un signe pathognomon iquc, mais certaines apparences peuvent le simuler : nous avons déjà insisté sur l'illusion que peut donner un hématome du cuir chevelu et montré que, dans ces cas de dépression en godet, il était toujours possible d'arriver au diagnostic.
Des malformations congénitales, des déformations résultant de traumatismes anciens, seraient autant de causes d'erreur, si dans ces cas Vœdème et la douleur localisée ne faisaient pas défaut.
Platner, cité par Duplay, rapporte à cet égard un fait instructif : un homme ayant fait une chute d'un troisième étage et perdu connaissance, fut examiné par un chirurgien qui, après avoir rasé les cheveux, constata un enfoncement large et profond du crâne, sur lequel la peau n'avait pas été entamée, et se mit en devoir d'inciser les téguments; par bonheur le blessé se réveilla et, effrayé a juste titre, raconta que cette dépression n'était pas due à sa chute, mais qu'il la portait depuis son enfance.
La douleur localisée a beaucoup plus d'importance, mais de même que Vœdème, c'est un symptôme rationnel et non de certitude; il faut, avec la pulpe de l'index, exercer une pression sur la voûte, et si cette douleur se révèle toujours dans le même endroit, si elle arrache une exclamation de souffrance au blessé, ou le réveille de sa torpeur, si surtout elle coexiste avec une dépression de la peau, une irrégularité osseuse, elle devient un signe de première valeur.
La tuméfaction œdémateuse des téguments du crâne reconnaît deux origines : liée à la contusion des parties molles, sa signification est nulle, mais lorsque cet œdème est régional, diffus, qu'il a une tendance excessive à progresser, il
indique, à savoir, qu'un foyer de contusion s'accompagne presque toujours d'une hémorragie intra-méningée. Nous avons bien présent à l'esprit un cas de contusion indirecte, dans lequel le foyer était caractérisé par le premier degré de la contusion, à savoir, un état sablé du cerveau, qui simnlait, à s'y méprendre, l'apoplexie capillaire de Cruveilhier.
La pathogénie de cette contusion indirecte a donné lieu à plusieurs théories. Nous ne retiendrons que l'explication de Duret, pour lequel c'est le liquide céphalo-rachidien qui, comprimé au niveau du cône de dépression (point d'application du traumatisme, fracture du crâne et pression cérébrale), repousse la substance cérébrale qui est à l'opposite, produisant là un cône de soulèvement. C'est toujours par l'intermédiaire du liquide céphalorachidien que Duret explique ces déchirures interventriculaires qui peuvent porter sur les noyaux d'origine des nerfs crâniens, dans le quatrième ventricule.
Que la contusion cérébrale soit directe ou indirecte, corticale, interstitielle, ventriculaire, elle peut s'accompagner de troubles fonctionnels variables, suivant le degré de contusion et suivant son siège. La connaissance des localisations cérébrales permettra toujours de les interpréter (hémiplégie corticale du côté opposé au traumatisme ou du même côté, contractures, sucre, albuminurie, paralysie faciale). (Voy. Contusion cérébrale.)
[GÉRARD-MARCHANT
LÉSIONS TRAUMATIOUES DES OS DU CRANE
indique une attrition profonde et les relations du foyer de contusion avec des lésions osseuses et cérébrales.
Il manque à ce tableau l'ensemble des désordres cérébraux dont peut s'accompagner la fracture; de cette association de troubles cérébraux et locaux découle un diagnostic évident : ce sont des signes de commotion cérébrale, de contusion, d' épanche ments, de paralysie corticale, variables avec le point de la voûte qui a été atteint.
Les fractures limitées à la table interne, se liant le plus souvent aux coups de feu du crâne, seront étudiées dans un chapitre spécial.