‹ Traite de chirurgie plastiqueChapitre 21 sur 45 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

MÉTHODE INDIENNE

On pourrait à la rigueur décrire deux méthodes indienne : 1“ une méthode par transplantation sans pédicule; 2° une méthode par torsion du pédicule.

Si l’on s’en rapportait aux historiens et aux récits des voyageurs, non-seulement les familles indiennes qui s’occupaient d’autoplastie, auraient eu l’idée de ce qui se passe entre deux surfaces saignantes mises en contact, et cette notion les aurait conduites à tailler un lambeau aux dépens de la fesse, pour l’appliquer ensuite sur une difformité nasale, préalablement ravivée; mais on peut même croire qu’elles avaient compris de quelle importance il est d’avoir un lambeau vasculaire pour que l’agglutination s’obtienne, et que c’est ce qui les avait sans doute engagées à meurtrir, pendant quelque temps, la région qui devait fournir le lambeau afin de la rendre plus vivante, d’y développer la circulation, et même un travail inflammatoire qui rendît le lambeau moins susceptible de gangrène. Les Indiens ont fait une véritable greffe animale, en empruntant à la fesse un lambeau pour former le nez avec lui. J’ai déjà dit que des pathologistes ont nié ce fait, mais je crois

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avoir montré aussi que leur opinion était sans fondement, et que des observations authentiques d’adhésions entre des parties entièrement séparées, ainsi que de nombreuses expériences faites sur les animaux, déposaient en faveur de la greffe animale.

Duhamel n’a-t-il pas greffé l’ergot sur la crête d’un coq? Hunter n’a-t-il pas réussi dans la même expérience, et n’a- 1- il pas introduit le testicule d’un coq dans le ventre d’une poule, où il a pris racine? Baronio ne parle -t -il pas de l’aile d’un serin, de la queue d’un chat qui auraient pris vie sur la crête d’un coq? Enfin, que dire de cet autre fait cité par Barlholin, qui rapporte que la viande d’un mouton est venue adhérer à la plaie d’un matelot, etc. Ce sont là des auloplasties hétérogènes dont le médecin sage doit faire son profit, et il doit d’autant moins les repousser , que toutes appartiennent à des hommes dont la bonne foi et le talent ne peuvent être suspectés par personne. Dans le musée de l’illustre Hunter, j’ai pu voir, en 1832 , toutes les belles préparations d’autoplastie hétérogène qui lui sont dues. Une première pièce représente le testicule d’un coq adhérent à l’intestin par une fausse membrane injectée. Une seconde pièce représente un éperon de coq enté sur la crête d’un autre coq, et on pouvait remarquer que dans son nouveau domicile l’ergot s’était accru, surtout en longueur, et s’était roulé sur lui-même. Une troisième pièce représente encore un éperon de coq adhérent, par une fausse membrane, dans l’épaisseur

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de la jambe d’une poule où il avait été implanté.

Enfin, sur une quatrième pièce, on voyait une dent entée sur la crête d’un coq; elle y tenait solidement et était entourée d’une fausse membrane. La crête du coq avait été coupée dans toute son épaisseur et la dent avait été sciée en deux moitiés. Cette préparation permettait de voir l’injection de la dent.

Les autoplasties par restitution analogue, qui pour nous ne sont que des restitutions et non des autoplasties, viennent encore démontrer bien mieux la possibilité de cette autoplastie hétérogène indienne.

On a remis en place des nez , des oreilles, des doigts , des portions de chairs entièrement séparées du corps, et on a vu la réunion s’opérer, et la vitalité renaître dans la partie séparée et sous les dépendances des mêmes lois organiques que les autres organes.

Fioraventi replaça le nez d’un seigneur Andréas, qui habitait INaples, après l’avoir pris sur le sable et nettoyé. Il fut parfaitement rajusté et il adhéra sans difficulté.

Molinelli appliqua le bout du nez qui venait d’être coupé surface saignante contre surface saignante, et celte tentative fut couronnée de succès.

Blegny rapporte qu’un nommé Winseult ne fut pas moins heureux dans l’application exacte d’un nez qui venait d’être séparé d’un coup de sabre.

Garengeot rapporte qu’un barbier remit en place le nez d’un soldat, qui venait d’être arraché par les

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dents d’un autre homme. Le nez fut nettoyé et retiré de la boue où il avait été jeté.

Voici un fait qui n’offre pas moins d’intérêt que celui qui a été rapporté par Garengeot :

« Un nommé Loudun ayant eu le nez arraché par les dents d’un contrebandier, ramassa cet organe et le mit dans son mouchoir, où le chirurgien appelé le trouva froid et noir. Je mis cette partie dans l’esprit de vin camphré, dit Régnault, et je lavai bien la partie; je l’appliquai ensuite le mieux qu’il me fut possible, et je tins le tout en place par un bandage contentif. Trois fois le jour j’arrosai le nez par-dessus avec le même esprit de vin camphré. Au bout de huit jours, je levai l’appareil et je vis que cette partie reprenait. Comme il y avait de grandes déchirures , il survint une suppuration qui dura un mois ; il n’en résulta à la fin que deux petites cicatrices un peu enfoncées à la partie inférieure de l’organe. »

Leyser et Loudet ont obtenu des résultats aussi satisfaisans après la bataille de Rocroy.

Dans des temps plus modernes , à notre époque même, d’autres faits non moins importons ont été recueillis, et viennent encore témoigner contre le scepticisme de Lamotte, de La Faye, de Dionis et de quelques autres chirurgiens anciens. Ainsi , Chélius de Heidelberg ayant été appelé auprès d’un étudiant dont le nez avait été abattu en duel, fit chercher cet organe, le réchauffa et l’appliqua avec un succès complet, malgré qu’une heure se fût écoulée depuis l’accident.

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M. Bridenback parle encore d’un chirurgien qui prit, de la gueule d’un chien, un nez qui venait d’être tranché , et vit avec joie la vie reparaître et l’adhésion s’établir.

A Heidelberg, où les duels au sabre sont très fréquens, on a eu souvent l’occasion de voir ces mutilations et ces restitutions. Ces sortes de prothèse, qui se font par application d’une portion séparée du corps , sont d’autant plus suivies de succès que l’individu est plus jeune, la circulation plus active et la plasticité du sang plus considérable. Haffacker a publié seize observations de ce genre, et, parmi ces faits, il en est un, qui, par sa complication, offre un grand intérêt : Un jeune homme de 20 ans eut, d’un coup de sabre , le bout du nez , une partie de la lèvre supérieure et une portion de la lèvre inférieure et du menton enlevées. Ce dernier morceau fut appliqué le premier et fixé par quinze points de suture. Dix minutes après le nez fut remis en place, et il se réunit dans les deux tiers de son étendue.

M. Barthélemy rapporte qu’un nez qui fut enlevé d’un coup de dent, et qui ne fut rétabli dans sa position normale qu’au bout de cinq heures , se réunit parfaitement. On a vu de même, l’oreille enlevée adhérer de nouveau après avoir été remise en place. Ainsi, Régnault dit avoir remis avec succès une oreille externe, entièrement séparée par les dents d’un cheval.

Maniri assure qu’une oreille, séparée par un coup

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de sabre, fut appliquée et maintenue en place par la suture : il y eut adhésion.

Magnen parle aussi d’une portion de la conque entièrement séparée, et qui put être ensuite réunie.

Fréquemment on a eu occasion d’observer des succès pour des restitutions de doigts et de parties molles.

Heister, Flurand ont réussi à rajuster des doigts séparés.

D’après H. Bérard, Flurand aurait réussi à restituer le doigt indicateur, séparé du reste du corps; les deux dernières phalanges étaient comprises dans la portion séparée.

Balfour, en 1814, a fait connaître deux nouveaux faits, qui ne laissent aucun doute dans l’esprit sur le résultat.

Thomson connaît des personnes véridiques qui ont été à même d’observer des résultats semblables.

Houston a parlé de la restitution complètement réparée d’un pouce de la main, et H. Bérard dit quiune jeune fille, qui s’élait enlevé la masse musculaire du pouce gauche, guérit parfaitement par restitution.

Un fait fort remarquable de séparation du petit doigt, dans l’articulation de la deuxième phalange avec la troisième, est rapporté par Régnault. Voie le passage : « Un jeune homme de 15 à 16 ans se trouvant pressé par un charriot au coin d’une rue, appliqua son ventre contre le mur, et sa main gauche

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sur l’angle de ce même mur pour se tenir plus ferme, le bout de l’essieu, rasant cet angle de trop près, lui coupa le petit doigt à l’articulation de la deuxième phalange avec la troisième. Ce doigt était tombé, le jeune homme le ramassa ; je fus appelé tout de suite, et je rajustai le doigt détaché, que j’eus soin de maintenir par un bandage contentif. Je lis tenir la main pendante et le petit doigt dans un verre d’eau-de-vie, pendant deux heures. Ce doigt reprit très bien, et le blessé fut guéri en peu de jours, mais si parfaitement, qu’il a aujourd’hui autant de force dans cette partie, dit Régnault, que si elle n’eût jamais été détachée. «

Sommé a réuni complètement le bout d’un doigt séparé. M. Piedagnel a cité un fait semblable, Revue médicale de 1830.

M. Barthélemy rapporte qu’un morceau de peau séparé, du côté interne de la plante du pied, s’est réuni par restitution, et que deux doigts reprirent après leur ablation.

Dans les Archives générales de médecine, M. Beau dit qu’il a pu faire adhérer un pouce qu’une femme de la Salpétrière s’était enlevé; et, dans le même journal, M. Després raconte qu’il avait rajusté un doigt, arraché par Dupiiytren, qui ne croyait pas à ces sortes de réunions, cependant on vit que l’agglutin tion était commencée.

En 1837, M. Velpeau observa sur un membre de l’Académie, M. Gorsse (’), un cas de restitution qui

(') Bulletin de l’Académie royale de médecine, t. i, p. 294.

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lui fit penser cjue beaucoup de faits regardés jusqu’à présent par lui comme douteux, devaient être vrais.

Le voici tel que le raconte ce professeur : « Un membre de l’Académie royale de médecine, M. Gorsse, s’enleva la pulpe de l’indicateur gauche d’un coup de rasoir; le morceau tomba par terre : le blessé s’empressa de le ramasser, de le nettoyer, de le réappliquer et de le maintenir en place au moyen d’un mouchoir. Arrivé dans mon cabinet, au bout d’une demi-heure, M. Gorsse laissa tomber de nouveau le morceau de son doigt en se développant la main. Ayant ramassé ce fragment de tissu, je le lavai dans l’eau simple , le replaçai exactement sur la plaie qui saignait encore , et l’y fixai à l’aide de petites compresses , puis d’un bandage roulé, méthodiquement appliqué. Il fut convenu que l’appareil serait imbibé d’eau-de-vie camphrée trois ou quatre fois le jour. Des douleurs assez vives se firent sentir pendant une semaine. Je renouvelai le bandage le cinquième jour, puis le dixième, et nous l’enlevâmes définitivement le vingtième. Aucune suppuration ne s’établit , l’épiderme seul prit peu-à-peu une teinte noirâtre, et tomba sous forme d’eschare le vingt-cinquième jour. La portion de peau et de tissu cellulaire graisseux s’est complètement collée, et M. Gorsse, montrant son doigt nouvellement cicatrisé un mois après, en a convaincu ses confrères eq pleine Académie. Pareil accident était arrivé à un autre chirurgien de Paris, avec celte différence que le lambeau de tégiimens te

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naît encore à un filament d’épiderme, et qu’il était quatre fois moins large que chez M. Gorsse. »

J’ajouterai quelques observations qui me sont propres, et qui tendent à démontrer la vérité des assertions émises touchant l’autoplastie par transplantation :

1“ J’ai replacé à un homme la totalité de l’oreille externe qui avait été enlevée dans une lutte. Plusieurs points de suture servirent à maintenir les parties en contact, et quoique la réunion n’eût été faite ([ue le lendemain, l’adhérence paraissait s’établir lorsqu’une compression irrégulièrement exercée nuisit au travail et il y eut insuccès.

2" Un doigt entièrement séparé vers son extrémité s’est recollé.

3“ Dernièrement un jeune homme s’est présenté à l’hôpital Saint-Louis^ de la part de M. le docteur r.'ahen fds, pour subir l’amputation du doigt indicateur. Je m’y refusai parce que la portion de doigt re; tituéepar notre jeune confrère me paraissait adhérente et parfaitement recollée. L’épiderme séparé du reste du doigt n’était pas pour nous un signe de gangrène, et nous pensons comme M. Chélius , que des apparences de gangrène ne sont pas la gangrène elle-même, et que les chutes épidermiques indiquent seulement une diminution de vitalité. Malheureusement je n’ai vu ce jeune homme que quelques jours de suite; il a cessé de venir à l’hôpital, en sorte que le résultat ne peut être donné comme complet,

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Ainsi , les expériences sur les animaux et tous les faits observés sur l’homme sont, non-seulement très encourageans , mais à mon avis ils suffiraient pour faire admettre cpie l’autoplastie indienne sans pédicule est vraie.

Méthode indienne par transplantation avec pédicule^ ou Méthode par torsion. — Si de semblables mutilations et de semblables restitutions font croire à la possibilité de l’autoplastie par transplantation de lambeaux sans pédicule, à plus forte raison les faits de séparation incomplète doivent-ils servir à éclairer l’autoplastie indienne, telle qu’on l’entend en général aujourd’hui, c’est-à-dire l’autoplastie faite avec un lambeau à pédicule.

Je pourrais citer des faits nombreux, consignés dans les annales de la science, sans parler de ceux que je possède et qui démontrent combien les tissus vivans reprennent facilement, après avoir été à-peuprès complètement séparés de la région dont ils faisaient partie. Non-seulement on a vu une oreille, un nez, un doigt, une lèvre à moitié, aux trois quarts séparés, se recoller par un pansement convenablement faits; mais encore on a observé toutes ces diverses parties se réunir lorsqu’elles ne tenaient plus que par une languette ou un très petit morceau de peau.

De Horn parle d’une main qui ne tenait plus au reste du corps que par le tendon de l’index , et que , cependant, on put réunir.

Hoffmann dit (|u’un bras qui tenait seulement par

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les vaisseaux et une partie du biceps, put être réuni; et Percy a eu connaissance d’un fait semblable

Stevenson a vu un bras séparé d’un coup de sabre, qui ne tenait plus que par de la peau , se cicatriser.

On a vu le mollet , en grande partie détaché et tenant seulement par un mince pédicule, se réunir aux autres parties sans avoir souffert de mortilication.

Thomson a été à même de voir le cinquième orteil qui ne tenait plus que par un mince lambeau de peau, se réunir et se cicatriser. Le doigt auriculaire7 ne tenant plus que par un petit pédicule, a pu être réuni. On parle aussi de deux doigts qui ne tenaient plus que par de faibles lambeaux de peau de l’étendue d’une à deux lignes, être remis en place par M. Legrand; ils se recollèrent complètement et reprirent leurs fonctions.

Le nez à-peu-prés séparé, et ne tenant plus que par une languette de peau ou une partie de la cloison , a été remis en place et a contracté des adhérences cicatricielles. C’est ce que des chirurgiens célèbres, entre autres Thomson, Boyer, Velpeau ont observé.

Moulinié de Bordeaux, put rétablir dans sa position un nez mâché et presque complètement séparé, ne tenant plus que faiblement, et il vit des adhérences et la réunion s’établir. M. Velpeau dit : « J’ai vu de mon côté plusieurs cas semblables : chez un jeune homme dont le lobule du nez ne tenait plus que par

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un pédicule de la cloison, je pus réunir les parties à l’aide de simples blandeleltes ('). »

H est inutile de s’étendre sur des faits qui démontrent que l’on peut greffer à la manière des entes végétales un lambeau de chair pris dans une région et transporté dans un autre point. Les expériences faites sur les animaux et les observations sur l’homme le démontrent d’une manière péremptoire, et on complète la démonstration par des faits d’autoplastie indienne que l’on avait d’abord rendus douteux , et que l’on avait fini par regarder comme mensongers.

L’autoplaslie indienne qu’on pratiquait presque exclusivement autrefois pour réparer une perte de substance, une difformité nasale et qui depuis, a pris tant d’extension dans les mains des chirurgiens modernes a été introduite en Europe, comme je l’ai dit, par le docteur Lucas, chirurgien en chef de l’armée anglaise dans l’Inde. Cette méthode a eu d’abord peu de succès entre les mains des chirurgiens anglais; ce n’est qu’en 4843 qu’elle commença à acquérir de la vogue dans les mains de Lynx , et bientôt après dans celles de Carpue et de Sutelisse.

En 4848, tandis que Hutchinson en faisait l’essai sur une pauvre femme qui avait eu le nez détruit par la gangrène , Graefe faisait à Berlin ses premières tentatives. Ce n’est qu’en 4820 que la méthode pénétra en France, où Delpech f ), qui avait déjà employé la

( ' ) Nouveaux élémens de médecine opératoire, t. i , p. eil .

(’) Chirurgie clinique de Montpellier. Montpellier, 1 823, t. n, p. 221 .

MÉTHODE INDIENNE

méthode italienne, fit le premier Tapplicalion du procédé des Koomas. Bientôt un grand nombre de chirurgiens modifièrent heureusement la méthode indienne et en généralisèrent l’emploi. Mouleau de Marseille, Tliomis d’Aix, et à Paris, Dupuytren, Lisfranc, Blandin, Velpeau, etc., ont contribué singulièrement à faire faire des progrès à cette partie de la chirurgie plastique.

La méthode indienne a pour caractère la formation d’un lambeau pris dans un endroit plus ou moins rapproché du lieu malade et tordu sur son pédicule. Elle est ainsi entièrement distincte des méthodes italienne et française. Dans cette méthode, en effet, on renverse le lambeau dont le pédicule est plus ou moins rapproché de la difformité en réparation ; la partie libre du lambeau est opposée et retournée sur elle-même , afin de couvrir la surface difforme. Dans la méthode italienne, au contraire, le pédicule n’a aucun rapport avec les parties déformées, et il ne subit aucune torsion , car il est taillé de manière à être transplanté sans en subir aucune. Enfin, la méthode française ne remplit jamais les mêmes indications que la méthode indienne.

. Dans la méthode indienne, on taille donc un lambeau c[ui s’adapte à la difformité après avoir ravivé la surface qu’il doit servir à réparer.

Avant de tailler le lambeau, on mesure la difformité à l’aide d’un patron qui sert à dessiner sa forme sur la région où il doit être disséqué.

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Le lambeau doit avoir la forme de la difformité et son épaisseur doit être en rapport avec la profondeur de l’altération. Tout en laissant au pédicule une largeur convenable, on doit donnera une des incisions une obliquité telle que le lambeau puisse être appliqué presque sans opérer de torsion qui gêne la circulation. Ces longues incisions obliques m’ont toujours permis de lui faire subir un déplacement qui ne gêne en aucune manière sa vitalité.

L’autoplastie indienne a été employée pour réparer les nez, les sourcils, les paupières, les joues, les intestins, la vessie, les organes génitaux, la trachée, la poitrine, les membres, et l’expérience a démontré que seule , elle pouvait remplacer les deux autres méthodes, et on peut ajouter qu’il n’en est pas toujours ainsi des méthodes italienne et française. Dans la méthode indienne, je me sers de la suture entrecoupée pour fixer les lambeaux, et je n’en applique qu’un fort petit nombre pour maintenir seulement les surfaces saignantes en rapport, à moins qu’il ne s’agisse de s’opposer à l’écoulement d’un liquide contenu dans un réservoir.

Une douce compression est exercée sur le lambeau sans toucher au pédicule.

Je ne rappellerai pas le moment où il convient de faire la section des bis, ni le traitement consécutif à l’opération , tout cela ayant été dit en parlant des généralités sur l’autoplastie. La section du pédicule convient surtout dans la méthode indienne, où elle ne

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peut être suivie le plus souvent d’aucun inconvénient. Bien plus, elle s’oppose à l’hypertrophie du lambeau et prévient cette difformité. D’ailleurs , elle efface la torsion qui, quoi qu’on en ait dit, présente une saillie choquante.

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