‹ Traite de chirurgie plastiqueChapitre 24 sur 45 · MÉTHODE AUTOPLASTIQUE PAR GLISSEMENT · texte numérisé non relu

MÉTHODE AUTOPLASTIQUE PAR GLISSEMENT

Cette méthode, quoique offrant de grands rapports avec la méthode par déplacement, en diffère cependant assez pour que nous puissions en faire une méthode à part.

MÉTiiODE PAR GLISSEMENT. i3Î)

Ori sait parfaitement que dans la méthode française on détache, on dissèque un lambeau dans une étendue variable et toujours proportionnée à la perte de substance que l’on veut réparer. On sait aussi que l’on rapproche au contact les surfaces saignantes maintenues par la suture. C’est alors par un véritable déplacement actif, c’est-à-dire par des tractions que le chirurgien répare la perte de substance avec le lambeau qu’il remonte ou descend suivant la position de la partie à réparer.

il n’en est pas de même de la méthode que j’ai désignée sous le nom de méthode par glissement i{ui est caractérisée, en effet, par une sorte de locomotion de l’organe qui a été préalablement détaclié dans une partie d’une de ses insertions ou dans l’épaisseur de son trajet. L’incision, en effet, n’est pas plütot pratiquée que l’on voit l’organe cheminer, s’avancer vers le point fixe et réparer par un véritable glissement la perte de substance. Ce phénomène, ce changement de place ne péut échapper aux yeux des spectateurs les moins exercés aux opérations. C’est donc un véritable déplacement de totalité en vertu duquel, par exemple, le vagin change de position ainsi que la vessie sur laquelle il repose. Les lèvres des fistules les plus larges bientôt se trouvent en contact et la perte de substance se trouve ainsi réparée sans difficulté. Cette méthode est donc essentiellement différente de la méthode française, car, ici point de dissection dé lambeau, pas de traction pour le déplacer,

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pas de crainte de gangrène, puisqu’on ne fait que détacher un des points d’insertion de cet organe sans nuire à sa vitalité et à ses fonctions.

Dans la méthode par glissement on ravive avec une grande exactitude les lèvres de la plaie et on détache ensuite un point éloigné de la plaie qui peut permettre à l’organe de prêter beaucoup , de se déplacer par lui-même et cela pai une sorte de glissement. En agissant ainsi, on peut réparer les plus grandes pertes de substance souvent sans difficulté et éviter de détacher un lambeau d’une autre région pour fermer l’ouverture congéniale ou accidentelle.

La méthode par glissement est applicable aux lèvres, à l’oreille, aux paupières , au vagin, au rectum, partout en un mot où l’on peut détacher un point fixe en rendant le reste mobile.

L’opération consiste donc à raviver la partie difforme ou les bords de l’ouverture accidentelle, et à détacher en grande partie ou en totalité l’extrémité opposée de l’organe par une incision profonde demicirculaire ou complètement droite. L’organe prête ainsi pendant le temps nécessaire à l’adhésion des lèvres de l’ouverture accidentelle, et l’incision disparaît d’elle-mêrne par la déposition de la lymphe plastique et sans qu’on soit obligé d’y appliquer des points de suture ou même des points de compression.

Cette méthode ne laisse pas de difformité à sa suite et expose moins encore que les diverses méthodes

MÉTHODE PAR RI- NVERSEMENT. \h\

précédemment énumérées, à la gangrène, à des inflammations érysipélateuses, phlegmoneuses , à des décollemens, à de la suppuration, et la guérison se trouve ainsi beaucoup abrégée.

L’incision qui détache le point opposé de l’organe doit être assez étendue pour que le glissement puisse s’opérer sans obstacle, et ses dimensions doivent être par conséquent en rapport avec le diamètre de l’ouverture que l’on doit réparer.

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