‹ Traite de chirurgie plastiqueChapitre 34 sur 45 · RÉPARATION DU NEZ OU RHINOPLASTIE · texte numérisé non relu

RÉPARATION DU NEZ OU RHINOPLASTIE

On a vu que depuis long-temps l’art de refaire des nez était en usage dans l’Orient, lorsque au milieu du xv° siècle il commença à être pratiqué en Sicile. Il n’existait alors aucune régie , et ce n’est que plus tard qu’on a établi pour ces réparations des procédés réguliers. Au xvi“ siècle, Tagliaeozzi donna par scs succès une importance nouvelle à ces réparations.

Causes. — Les causes qui peuvent désorganiser les nez et produire des pertes de substance sont constitutionnelles, spécifiques, ou appartiennent à la grande classe des lésions mécaniques.

Le cancer peut détruire le nez, partiellement ou en totalité, et dans ces cas, le chirurgien est appelé à en faire l’ablation ou à le détruire par les caustiques. Il résulte de là une perte de substance , que l’on peut réparer par l’autoplastie.

La syphilis constitutionnelle peut porter son influence destructive sur le nez, qui peut être rongé de l’intérieur vers l’extérieur, ou de la peau vers la muqueuse. Dans le premier cas, la charpente étant détruite, le nez se déforme et rend la physionomie hideuse. Le dos du nez disparaît, s’affaisse, et les indivi-

AUTOPLASTIE APPLIQUÉE.

pratiquer cette autoplastie par transplantation (').

Quant au second mode opératoire que M. Dieffenbach dit avoir employé avec succès, il consiste : « à « passer au moyen d’une aiguille fine , trois fils à « travers la cornée sur les côtés du leucoma; circon- « scrivant ensuite la tache par deux incisions, on « l’enlève dans une ellipse de la membrane, dont on « ferme ensuite immédiatement la plaie en nouant « les fils préalablement passés à travers toute son épais- « seur.» M. Velpeau ajoute que M. DielFenbach lui a dit avoir mis en pratique avec succès ce procédé chez une jeune fille. Ce dernier mode opératoire, relatif au passage des fils, quoique difficile à pratiquer, peut cependant être exécuté; mais quant au rapprochement des lèvres de la plaie et à leur froncement, il est beaucoup plus douteux qu’on puisse en venir à bout, la cornée devant se déchirer et céder aux tractions qu’on est forcé de lui faire éprouver en tirant sur les fils. D’ailleurs, ce procédé ne rentre en aucune manière dans les procédés autoplastiques. On ne déplace et on n’emprunte de lambeau à aucune partie ; mais on rapproche seulement les lèvres de la plaie, et voilà tout.

Quant à l’autoplastie par transplantation, sans la repousser et en admettant même qu’elle puisse réussir d’une manière exceptionnelle, je suis peu disposé à croire que Ton ait encore réussi dans son application.

Pourquoi la cornée prise sur un autre animal n’ad-

(') Cours d’opérations sur la chirurgie des yeux. 1789, t. i®*‘, p. 94.

(’) Velpeau, Médecine opératoire. Paris, 1839, t. i'‘’, p. 660.

UHINOPLASTIE.

hérerait-elle pas lorsqu’il y a un certain degré do vitalité sur la surface nouvelle où on l’implante?

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