VICES DR CONFORMATION CONGENITAUX
libre. Cette malformation, fort rare, compromet gravement la succion, la déglulilion, el dans le cas de Levrct le passage des liquides dans l'arbre aérien causa des menaces d'asphyxie. Le trailement chirurgical s'impose donc : on a <le [■■m- résultats en disséquant aux ciseaux le plancher de la bouche d'oii on extrait, pour ainsi dire, la langue.
Dans l'ankylot/losise partiel je citerai une observation de Maurrain ('), où la langue était fixée par deux brides, d'origine peut-être ulcéreuse. Mais le cas vulgaire est celui qui porte le nom de filet.
Le filet esl du â la trop grande brièveté ou a l'insertion trop antérieure du frein de la langue. Quand il esl serré, il gène la succion, plus lard la phonation ; mais les personnes non médicales ont coutume d'accuser le filet pour tous les troubles de ce genre et de réclamer a tort l'opération. On n'opérera que lorsque l'on aura constaté par la vue et le toucher que le filet existe bien n'-ellenienl.
Cette opération est d'une simplicité extrême. Il suffit de sectionner le frein d'un petit coup de ciseaux, que l'on élargit par refoulement avec l'ongle. Pour bien voir le frein, on peut soulever la langue sur le pavillon de la sonde cannelée, fendu par J.-L. Petit pour que le frein s'engage dans la fente : celte lÉWnmni est même inutile.
La section du lilet esl quelquefois suivie d'une hémorrhagie notable : non pas que l'on ait coupé la ranine, niais parce que l'enfant tette sa langue el favorise ainsi l'écoulement de sang. De là le conseil de J.-L. Petit, de donner immédiatement le sein pour éviter celle succion à vide. S'il y a tendance à l'hémorrhagie, il sera aisé de suturer la plaie, comme l'a préconisé Malgaigne. Chez un enfant hémophile observé par Kicken, l'hémorrhagie a été mortelle.
lue autre complication de celle opéi-alion est l'asphyxie par renversement en arriére de la langue insuffisamment maintenue en avant : J.-L. Petit, Krukenberg, llennig ont vu des enfants succomber de la sorte. Dés le début de l'asphyxie, il faut immédiatement ramener la langue en avant à l'aide d'un doigt introduit dans la gorge. Puis on surveillera attentivement l'enfant el on lui donnera le sein chaque l'ois qu'il commencera à sucer à vide, car c'est cette succion qui est dangereuse.
2" Renversement de la langue en arriére. — Je viens de dire que ce ren versement, grave par l'asphyxie qu'il entraîne, s'observe quelquefois après section du filet. Mais quelquefois aussi, el J.-L. Petit, Fairbairn, llennig (') l'ont noté, l'accident a lieu sans qu'on ail touché au frein : on a alors incriminé une longueur exagérée de ce frein. Dans le cas de Fairbairn, il y avait arrêt de développement concomitant des maxillaires. Le sujet de llennig n'était pas un nouveau-né, mais un enfant chez qui le renversement fui provoqué par les quintes de loux de la coqueluche.
Crosse, Ingals ont parlé de faits analogues chez l'adulte : ces observations sont douteuses.
m Maurrain, AeaA. roy. de chir., éd. in-t, t. V, p. «G. Pari», 17Ti.
O J.-L. Petit, Acad. roy. ilei sr., Paris, 1742, p. 247, et Œuvra posthume*, édit. Pigne, Paris, IM.17, p. KâQ. — FAiitiiAins, Med. Times, Lundoit, IHià, l. XII, p. 5!»ï. — Henmg, Jaltrb. {. Kindtrheitk.. Leipzig, IK77, n. f., t. XI, p. Ï08. — Juhist, Med. Record, New- York, 18H5, i XXVU1. j.. S»,