C. — PHLEGMON DIFFUS PÉRI-PHARYNGIEN
Dans quelques cas, heureusement rares, le phlegmon diffus s'empare du lissu conjorictif péri-pharyngien et de là envahit les divers plans du cou tandis que, de haut en bas, il gagne le médiastin.
Ces phlegmons diffus, contre lesquels la chirurgie est désarmée et auxquels, dès lors, je ne consacrerai que quelques lignes, peuvent être spontanés ou venir compliquer les opérations pratiquées sur le pharynx.
Les phlegmons non traumatiques sont probablement des infections d'origine pharyngienne, analogues par conséquent aux angines, mais d'une septicité extrême. L'infiltration purulente, sans foyers collectés, entoure le pharynx et le larynx et tue généralement par asphyxie avec une grande rapidité. Des observations, toutes terminées par la mort, ont été publiées par Senator, par Masséi, par Merklen (*).
(') Senator, Berliner klin. Wochenschrift, 1888, p. 77. — Merklen, Bull, de la Soc, méd, des hop. y Paris, 1800, p. 845. — Culot, Ibid., p. 882. — Sauvineau, Bull, de la Soc. anal., 1891, p. 105.
CALCULS DE L'AMYGDALE
Les cryptes amygdaliennes renferment quelquefois des concrétions calculeuses (') sur l'origine desquelles on a discuté, et Ton a prétendu quelles se formaient dans les glandes salivaires de la muqueuse ; mais l'existence de ces glandes est aujourd'hui contestée. Ces calculs sont presque tous constitués de carbonate et de phosphate de chaux ; on cite cependant un calcul de cholestérine observé par Meckel. Leur forme est variable; elle était branchue en corail dans un cas de Yearsley. Plusieurs pierres ont été vues dans une amygdale par Souquet. L'unilatéralité est la régie.
C'est à l'occasion d'une angine, dont il est la cause, que l'on découvre le calcul amygdalien, mais cette angine revêt des formes cliniques fort variées. Tantôt elle aura, simple ou phlegmoneuse, les allures d'une angine aiguë ordinaire. Tantôt, et c'est la règle, elle sera remarquable par des répétitions incessantes, se reproduisant pendant des années, avec gonflement intense et dyspnée grave, jusqu'au jour où le calcul est expulsé ou extrait : un malade de Wilson (de Beith) a souffert de la sorte pendant vingt années de son existence. Ou bien l'attention sera attirée par des accidents chroniques : là un picotement constant à la gorge avec une toux continuelle pouvant faire craindre un début de phthisie; là une induration chronique avec hypertrophie de l'amygdale capable d'en imposer pour un cancer.
Tous ces accidents sont de longue durée, et si bien des sujets sont assez âgés lorsqu'ils viennent consulter, la plupart d'entre eux étaient jeunes lorsque les symptômes ont débuté.
Ces signes fonctionnels et inflammatoires n'ont rien de caractéristique et le diagnostic ne sera établi que lorsque le calcul sera accessible à la vue et au toucher par l'orifice des cryptes. On verra une masse blanche, qu'on pourrait prendre pour du smegma amygdalien, erreur vite évitée si l'on songe à toucher cette tache avec le doigt ou un stylet. Lorsque le calcul est invisible, la dureté pierreuse de l'amygdale le fera quelquefois soupçonner.
Le diagnostic n'est important qu'à un seul point de vue : lorsqu'un calcul existe dans une amygdale hypertrophiée qu'on veut amputer une fois calmés les accidents inflammatoires. Dans ces conditions, en effet, il est arrivé au chirurgien de briser l'amygdalotome, ce dont il peut résulter des ennuis.
Le traitement est des plus simples : on extrait le calcul après incision de l'amygdale, et, cela fait, la guérison est définitive.
(') Consulter un mémoire de Terrillon, Arch. gén. de mcd., Paris, 1886, t. II, p. 129.
La syphilis à ses trois périodes a des localisations gutturales qui intéressent le chirurgien soit pour leur diagnostic, soit pour le traitement de leurs conséquences.
J'envisagerai donc successivement le chancre, la syphilis secondaire et la syphilis tertiaire.