‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 120 sur 237 · A. — CHANCRE · texte numérisé non relu

A. — CHANCRE

À part d'assez nombreuses observations isolées, je citerai sur le chancre de la gorge en général et de l'amygdale en particulier, les travaux suivants :

Diday, Étude sur le chancre de l'amygdale. Mém. et comptes rendus de lu Soc. de méd. de Lyon, 1861-1862, t. I, p. 45. — Taylor, Chancre of the tonsil. Med. record, New-York, 1884, t. I, p. 503, et Boston med. Journ., 1884, t. CX, p. 557. — P. Le Gendre, Contribution au diagnostic du chancre svphilitiqtie de l'amygdale. Arch. gén. de méd.. Paris, 1884, t. I, p. 63 et 292.

Siège et étiologie. — Le chancre syphilitique peut siéger en n'importe quel point de la gorge, et par exemple Barthélémy, Haslund (f), l'ont vu sur le pilier antérieur. Mais son lieu d'élection est l'amygdale, dont les cryptes sont toutes prêtes à emmagasiner le virus. Autrefois, Cullerier a nié l'existence de ce chancre; il suffit de rappeler ces débats, aujourd'hui clos par l'affirmative. Peut-être même est-ce une localisation plus fréquente qu'on ne le croit, mais souvent le patient ne s'occupe pas de ce qu'il prend pour un mal de gorge vulgaire. Ce chancre est surtout presque toujours méconnu chez les nourrissons auxquels il est communiqué par des plaques muqueuses du mamelon.

Sur l'étiologie proprement dite et en particulier sur les discussions relatives au coït ab ore, je n'aurais qu'à répéter ce que j'ai dit des chancres labial et lingual. Ricord, Rollet ont admis — en l'expliquant par un contage absolument direct — la plus grande fréquence du chancre amygdalien chez la femme; mais les relevés de Desnos, de Paul Le Gendre ne confirment pas cette donnée.

Symptômes et diagnostic. — Le chancre amygdalien est le plus souvent unique, mais pas toujours; chez des malades de Rizat, Rollet, Mauriac, il était bilatéral.

L'amygdale atteinte est grosse, dure, comme cartilagineuse, recouverte d'une muqueuse lisse, luisante, sur laquelle, outre quelques exulcérations, on aperçoit le chancre. Tantôt, ce sera une simple érosion indurée; tantôt une ulcération profonde, anfractueuse, à fond pultacé. Autour, la muqueuse est rouge, œdémateuse même. Souvent, comme pour le chancre lingual, l'adénopathie sous-maxillaire est assez volumineuse.

O Barthélémy, Ann. des mal. de Vor. et du larynx, Paris, 1880, p. 316. — Haslund, Hosp. Tid., 1885, d'après Rev. des se. méd., Paris, 1886, t. XXVII, p. 742.

Ainsi, il y a une réaction inflammatoire notable, et il en résulte quelques troubles fonctionnels, une douleur presque toujours modérée mais pouvant aller jusqu'à l'otalgie, un peu de gêne de la déglutition, du nasillement, une légère dureté de l'ouïe.

Quelquefois l'inflammation est très intense, devient une véritable complication, aboutit à la gangrène, et c'est ainsi que ce chancre devient parfois, mais très rarement, phagédénique. Dans ces conditions, les signes locaux et généraux sont avant tout ceux de l'angine gangreneuse.

Sauf cela, le pronostic local est très bénin, la cicatrisation rapide. . Lorsque l'ulcération a son aspect typique, avec son adénopathie caractéristique, on ne s'y trompe guère. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et les erreurs de diagnostic ne sont pas rares. La confusion avec l'épi théliome est celle qui intéresse le plus le chirurgien ; j'en parlerai quand l'épithéliome nous sera connu. La ressemblance avec l'angine diphthérique peut être grande, nous apprend P. Le Gendre; et une observation de Laboulbène et Brocq nous prouve qu'on peut croire à une angine gangreneuse jusqu'au moment où apparaissent les accidents secondaires.

Traitement. — Le traitement local n*est de mise qu'en cas de complications, de gangrène surtout, cas auquel ce sera celui de l'angine gangreneuse.

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