‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 121 sur 237 · B. — SYPHILIS SECONDAIRE · texte numérisé non relu

B. — SYPHILIS SECONDAIRE

Je ne ferai que nommer l'angine érythémateuse ou roséole gutturale, les plaques muqueuses ; ces lésions ne concernent guère que le médecin. Il nous ' suffit de savoir que pour les plaques muqueuses le traitement local par les attouchements à la teinture d'iode, au nitrate d'argent doit, si la lésion est intense, venir en aide à la médication générale. Pour les cas rebelles, môme, on fera quelques cautérisations au nitrate acide de mercure.

L'hypertrophie syphilitique des amygdales nous arrêtera un peu plus. A peu près constante, elle présente plusieurs variétés que nous ont fait connaître V. Tanturri, Martellière, V. Cornil, Martineau, Hamonic, Mauriac (!).

C'est d'abord une hypertrophie indépendante de tout autre lésion, véritable « bubon amygdalien » comparable, dit V. Tanturri, aux adénopathies secondaires, dont V. Cornil nous apprend, d'autre part, qu'il se rapproche par son processus histologique. Cette hypertrophie, fréquente surtout chez les sujets lymphatiques, a coutume d'être bilatérale, mais asymétrique. Elle s'accompagne d'engorgement des ganglions cervicaux. Tantôt, elle se termine rapidement par résolution, tantôt elle passe à la chronicité, tantôt enfin l'amygdale hypertrophiée est envahie par des plaques muqueuses.

Les plaques muqueuses peuvent d'ailleurs être le fait initial et se compliquer d'hypertrophie. Mais à la période d'état ces deux variétés se confondent. Elles se caractérisent lune comme l'autre par un gonflement souvent intense; il

(*) Voy. sur ce sujet V. Cornil, Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, Paris, 1881, p. 211. — Gilles, Thèse de doct. de Paris, 1882, n° 192. — P. Hamomc, Ann. de dennat., Paris, 1882, p. 393 et 462.

n'est pas rare que les amygdales se touchent par leurs extrémités supérieures, s'exulcèrent en ce point de contact et de là une réaction inflammatoire notable. Si bien même que Féréol (') a vu ces ulcérations devenir gangreneuses.

Ce n'est pas dans ces conditions seulement que l'hypertrophie syphilitique se complique de poussées inflammatoires ; elle prédispose aux diverses angines aiguës et même, d'après des observations d'Hamonic, au phlegmon périamygdalien. C'est analogue à ce que j'ai dit, d'après A. Verneuil, A. Fourhier, sur le rôle de la syphilis dans l'étiologie des abcès rétro-pharyngiens.

Lorsque l'amygdale, couverte de plaques muqueuses, est volumineuse, enflammée, cause de la douleur, de la dysphagie, delà dyspnée, un traitement local est nécessaire. Faut-il alors se borner à des cautérisations, ou vaut-il mieux pratiquer sans hésitation l'amygdalotomie? On a objecté à cette opération la crainte de l'hémorrhagie, la possibilité que la plaie se transformât en ulcération syphilitique, mais V. Cornil l'a faite bon nombre de fois sans avoir eu à le regretter.

Page 1