‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 124 sur 237 · HYPERTROPHIE DES AMYGDALES · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DES AMYGDALES

11 y a deux sortes d'hypertrophies des amygdales.

Dans Tune, à laquelle les adolescents et les adultes sont soumis aussi bien que les enfants, l'amygdale volumineuse est dure; l'interrogatoire apprend que le malade a été sujet à des amygdalites répétées, simples ou phlegmoneuses; l'expérience enseigne qu'il y restera sujet. C'est donc une amygdalite chronique paroxystique, quelquefois déterminée par des causes spéciales, succédant aux angines provoquées par l'éruption de la dent de sagesse, par la scarlatine, consécutive aux congestions de la puberté ou de la période menstruelle, persistant après l'hypertrophie syphilitique secondaire; souvent aussi se greffant sur l'hypertrophie molle de l'enfance, à la suite des poussées inflammatoires répétées auxquelles celle-ci prédispose. L'hypertrophie devient la source d'indications opératoires, mais sauf cela, elle n'est qu'un épiphénomène, qu'un résultat des amygdalites, elle engendre peu de troubles fonctionnels, à part les angines à répétition. Je n'y insisterai donc pas plus longtemps.

Il en est tout autrement de l'hypertrophie molle de F enfance. Cette hypertrophie, il est vrai, n'est qu'un élément d'une lésion complexe qui occupe tout le pharynx, et surtout le naso-pharynx. En bonne logique, il faudrait donc donner de ce tout une description d'ensemble, mais en pratique l'usage a prévalu de le scinder en deux : les végétations adénoïdes (!) et l'hypertrophie amygdalienne. Cela se justifie jusqu'à un certain point, car le manuel des opérations dirigées contre l'une ou l'autre de ces lésions est fort différent.

Je ne reviendrai donc pas sur l'étiologie, déjà résumée par Gérard Marchant (f). J'ajouterai seulement que ces lésions surviennent en bas âge, surtout chez les scrofulcux, et que, d'après les relevés de Balme, elles sont particulièrement fréquentes chez les arriérés et les dégénérés; qu'elles s'accompagnent de malformations faciales dont on ne sait si elles sont causes ou effet; qu'elles subissent parfois un retrait spontané au moment de la puberté.

Yearsley, A treatise on the enlarged Ions il and elongated uvula, 5* éd., Londres, 1848. — Ciiassaignac, Considérations pratiques sur l'anatomic chirurg. des amygdales. Moniteur desMp., Paris, 1854, p. 2*27. Recherches sur les altérations des amygdales. ïbid., p. 451. — Carmiciiael, Tonsilla disease in ch'ddrcn. Edinb. med. Journ., 1884-1885, t. XXX, p. 55. — IU'ault, Contribution à l'étude des hyperlr. amygd. Union méd., Paris, 1887, ?>• s., t. XLIII, p. 813.— Balme, De l'hypertrophie des amygdales. Thèse de doct. de Paris, 1887-1888, n* 514.

Anatomie pathologique. — L'anatomie pathologique se résume en une hypertrophie des follicules clos, entourés de plus ou moins de sclérose. Cela se constate à l'état élémentaire sur les granulations, quelquefois grosses comme un pois, de la pharyngite granuleuse. Il en est de même à l'amygdale : c'est de la valeur relative et du degré de la sclérose que dépend la dureté ou la

(») Voy. t. IV, p. 888.

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