IV. - LYMPHÀDËNOMES PAROTIDIENS
On peut observer au niveau de la parotide deux sortes de lymphadénomes : les uns ne présentant rien de spécial, lymphadénomes vulgaires développés aux dépens des ganglions de la région, les autres, extrêmement rares, caractérisés par la formation de tissu lymphoïde a 'interposant aux éléments glandulaires (').
Les premiers sont constitués quelquefois par des nodosités multiples, souvent
(') Lannelongue et Achard, Traité des kyste» congénitaux. Paris, 1880 (paBsim). C) Voy. des Lymphangiomes, l. I, p. «8.
(!) Notta, Tumeur kystique de la parotide. Bull, et mém. de la Soc. de Mr., Paris, 18*0, t. VI, p. 508. — Monod, Examen h i Biologique. Ibid., p. 550.
par une tumeur de forme régulière, tantôt dure et élastique, tantôt fluctuante; généralement indolents, ils peuvent déterminer des douleurs névralgiques, des troubles de la déglutition et de l'audition. Leur développement, d'abord assez lent, devient plus rapide à un moment de leur évolution et fréquemment on les voit se propager aux ganglions voisins de la région sous-maxillaire et carotidienne. Comme tous les lymphadénomes, peux de la région parotidienne peuvent se généraliser et s'accompagner de tumeurs analogues de la rate, du foie, etc., en même temps que de leucocythémie. Leur traitement ne présente rien de spécial (*).
Le lymphadénome, non plus des ganglions mais de la parotide même, a été observé par Notta (*).
Il s'agissait, dans son observation, d'une femme de cinquante et un ans porteuse d'une tumeur parotidienne, dont le début remontait à quatre ans. Cette tumeur, du volume d'une demi- orange, était indolente, mollasse, fluctuante, unie, à part une légère lobulation, sans adhérences superficielles ni profondes. Croyant à un lipome, M. Notta fit l'extirpation delà tumeur.
Celle-ci était constituée par une série de kystes, remplis de sang noir, indépendants les uns des autres ; à sa partie inférieure était une masse amorphe grisâtre, creusée de deux petites cavités remplies de sang noir. L'examen histologique, pratiqué par MM. Malassez et Monod, montra qu'il s'agissait d'une tumeur constituée par le développement de tissu lymphoïde qui s'interposait entre les éléments glandulaires. L'aspect kystique et caverneux, que la tumeur présentait à l'œil nu et qui pouvait, au premier abord, en imposer pour un angiome, était dû à la dilatation des canaux excréteurs de la glande.
En présence de ce seul cas, nous ne pouvons tracer l'histoire du lymphadénome glandulaire de la parotide.