‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 17 sur 237 · TRAITEMENT DE LA FISSURE ALVÉOLAIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA FISSURE ALVÉOLAIRE

Une question analogue se pose pour les becs-de-lièvic anatomiquemenl simples, c'est-à-dire sans fissure osseuse, mais où, le maxillaire élanl Lits atrophié du coté externe de In fente, l'inlcrmaxillaire interne du côté opposé fait sons lit lèvre un volumineux promontoire. Ce promontoire, il faut l'abattre d'un coup de pince, sans quoi il offensera et disleudra la suture ; mais celle seclîon osseuse saignera et nous sommes, chi ru rgi calculent, en face d'un becde-lièvre complexe.

Lorsque le bec-de-lièvre est complexe anatomiquemenl, c'est-à-dire avec fissure osseuse, il peut élrc chimrgicalcmenl simple, si le promontoire ou le tubercule osseux ne sont pas saillants, de façon que l'on puisse restaurer la lèvre sans loucher aux os. Dans le cas contraire — qui, il est vrai, esl la règle — nous arrivons a la discussion du bec-de-lièvre complexe.

2* Restauration du rebord alvéolaire. — Lorsqu'il n'y a pas de projection en avant du promontoire ou du tubercule osseux, il n'y a pas n s'occuper du rebord alvéolaire : on restaure simplement la lèvre, et cela fail.la fissure al véo- ; m . L'iTiéraleincnl élroile dans ces circonstances, s'oblitère d'elle-même ou à peu près. Il ne restera plus qu'a opérer la fissure palatine. Voyons donc les cas compliqués de saillie osseuse.

a. l'rtxv'l''* ■■/•■■rr'toii't'*. — J'ai déjà mentionné plus haut le bec-<t&tii»re wnpfo "rrr saillie du promontoire -. on résèque à la pince coupante cet éperon pâteux, et on réunit la lèvre au devant, par le procédé de Mirault si la fente n'est pas trop large, par celui de Olémot dans le cas contraire.

Le décollement profond de la joue doit ici être porté assez loin. Il en esl d'ailleurs de même dans toutes les opérations où l'on s 'al laque B

La conduite à tenir est à peu près la même pour le bvCndo-lièvre complexe mUatérol -. le pins simple semble être de faire sauter au bord alvéolaire la saillie de la lèvre interne. Cependant, craignant qu'il ne restât là une trop large brèche, S. Duplay (') a employé un procédé un peu spécial : il a avivé les deux lèvres de la fente osseuse, a fracturé le promontoire et l'a refoulé en arrière, dans la lente, où il l'a maintenu par la suture osseuse, s'en servant ainsi pour reconstituer l'arcade dentaire. Pour restaurer les parties molles, le procédé de Clémot sera souvent nécessaire.

Pour le bec-aie-liOvir rnwjilfxv liiUil>}ml, avec saillie Fin. Si. — iicr-<iç-iiè> t.du tubercule osseux, l'opération esl infiniment plus dit*- ^p^'^Xirc" '" ' " licite, et du coté de l'os, el du côté des parties molles.

Le premier lemps de l'opération doit toujours consister à faire disparaître la saillie du tubercule osseux, A cet effet, deux procédés sont possibles : l'ablation du tubercule ou son refoulement en arrière. L'ablation pure et simple, jadis préconisée par Franco, a été pendant longtemps seule usitée. On lui a reproché que la suture de la lèvre, privée de soutien, manque souvenl a) que le résultat plastique n'est pas très beau. Depuis la fin du siècle dernier, on

irr-ilr-liùi-yr complexe

(') S. Duplay, Bull, 'fe ta Soc. de ci

,1873, 3* écrie, t. II, p. 573.

s'est donc proposé comme but le refoulement du tubercule osseux, cl Desaull a d'abord recommandé d'exercer sur lui une compression lente avec un appareil spécial. Les essais de ee genre n'ont cependant pas été bien heureux, et Gcnsoul a conseillé de fracturer brutalement le pédicule osseux, en sorte qim le tubercule, dés lors bien mobile, peut être séance tenante remis en place. Mais cette fracture ne pourrait-elle pas dépasser le degré désiré, irradier jusqu'à l'elhmoïdeï Aussi Vallel, Blandin ont-ils, derrière le tubercule, sur la cloison. réséqué méthodiquement un fragment triangulaire à base inférieure. .-.* qui permet le refoulement; Chassaignac, A. Guérin ont préconisé la résection sous-pérîosléc. Mais, dans ce procédé, l'artère naso-palaline a donné, entre les mains de P. Broca, de Verneuil, des hémorrhagies inquiétantes; pour les éviter, Bichel a imaginé de couper l'os avec une pince écraseur spéciale; Lund ménage l'artère en donnant une très grande obliquité a la section osseuse. Le tubercule une fois refoulé dans la fente, pendant longtemps on s'en est tenu là, et même Blandin n'avivait pas les bords muqueux de la fissure. Le tubercule médian restait donc mobile et fort gênant. L'avivement simple n'a pas suffi entre les mains de Debrou : le tubercule est encore resté mobile P. Broca a donc proposé et exécuté la suture osseuse : il n'a pas lardé à être imïté, et celte pratique est aujourd'hui classique(').

Quelquefois le tubercule osseux est trop volumineux pour être refoulé dans la feule. On a donc conseillé de le rélrécir en réséquant ses parties latérales. On ouvre ainsi forcément les alvéoles des incisives latérales supplémentaires, placées de champ, dont l'existence est constante dans ces tubercules hypertrophiés. Pcul-elre d'ailleurs vaul-il autant de ne pas s'ob- ;-lincr à conserver toujours cl quand même ce luhei-rule.

Le tubercule charnu doit toujours, ou contraire, être conservé dans son entier. S'il est en position normale, il servira à reconstituer la lèvre; s:il est appendu au bout du nez, il servira a rfr

Fie. BL — llyjn.iïr«i>lii<.' i e* constituer la sous-cloison, en le dédoublant au

enltoiuu. besoin s'il est Irop court. Quelquefois, malheu-

reusement, le tubercule charnu est à peu prés nul: la restauration de la lèvre devient une véritable cheilopbislie.

On a discuté pour savoir s'il fallait pratiquer en une seule séance le redressement osseux et la suture labiale. Dupuytren, puis A. Verneuil se sont prononcés en faveur de l'intervention en deux temps, qui ne semble plus compter aujourd'hui beaucoup de partisans.

h. Accidenta. — Âge uù il faut intervenir. — Verneuil a publié une observation curieuse où la suffocation a fait périr l'enfant quelques heures aprèsl'opé-

(<) B.LAKDIN, Joum. lie rhir. de Malgaiqne, 1813, I. I, p, 33. — COSTILIIES, Bull, de la Soc. anat., 18*4, p. 17U. — [Ieuhou, Joum. de rhîr. dr Maloiiiyne, 18-W, t. Il, p. 28. — P. Broca, Bu/1, de la Sot. de Air., 18G8, S- strie, t. IX. p. 1*7. — G. Peti.u:, Thèse de doct. de Paris, 1*7\ nLir,. — LlIKti, Nortk. Mag. f. lti.jei.-id., 1878, I. VIII, p. ». d'après Centra ft/aft fUr CTiir-, 1878, p. 29. — Buefe, Bail, et mêm. de la Soe. de chir., 1884, nonv. série, l. X. p. «88.

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