‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 203 sur 237 · TUMEURS CONJONCTIVES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

TUMEURS CONJONCTIVES DU CORPS THYROÏDE

avec une thyroïdite ; en général on est guidé par l'étiologic, la brusquerie des accidents, la fièvre vive, mais plusieurs auteurs, dont Billroth, sont restés dans le doute jusqu'au moment où une ponction ou une incision leur a fait voir du pus.

Je n'ai parlé que de la période d'état et nullement du début. C'est qu'au début le diagnostic avec le gottre ne saurait être établi. On apprend, d'ailleurs, que le plus souvent le sujet était antérieurement goitreux. Et tant que la capsule thyroïdienne n'est pas franchie, tant que la tumeur n'est pas adhérente et diffuse, la similitude avec le gottre simple est absolue, en sorte qu'on ne peut avoir de renseignements précis sur la marche et la durée du mal qu'à partir du moment où s'est faite la transformation cancéreuse. Par contre, à partir du moment où la capsule est franchie — ce qui est favorisé par les ponctions et les incisions — la marche est rapide : en un an environ le sujet succombe par asphyxie, par pneumonie, par cachexie. La généralisation est alors presque constante.

Traitement. — Cette généralisation est môme presque toujours effectuée au moment où l'aspect clinique permet le diagnostic. Si bien que Kaufifmann, Braun, profondément découragés par leurs tentatives de thyroïdectomie, eD sont venus à recommander le seul traitement palliatif, par la trachéotomie el l'alimentation à la sonde, lorsque la respiration et la déglutition sont menacées. Poncet (de Lyon) a conseillé de faire cesser la compression à l'aide de grands débridcmenls circum-thyroïdiens. Bircher cependant est moins pessimiste et il plaide en faveur de l'extirpation, même quand il faut réséquer le larynx, l'œsophage, les vaisseaux carotidiens. C'est alors, évidemment, de thyroïdectomie totale qu'il est question ; mais pour une lésion qui menace directement la vie, on est en droit de risquer la cachexie strumiprive.

B. — TUMEURS CONJONCTIVES

Je ne dirai que quelques mots sur ces tumeurs, rares et mal connues (f).

Wôlflcr décrit un fibrome; \\. Mayer parle de chondrome ostéoïde ; l'ostéome de Parsoons est douteux. On ne pcul différencier le fibrome du goitre nucléaire et d'ailleurs le traitement est le môme.

Le sarcome est plus fréquent et on a observé toutes les variétés de ce néoplasme, le sarcome fuso-cellulaire, globo-cellulaire, alvéolaire, angio-carerneux, à cellules géantes, le lympho-sarcome. On ne peut jusqu'à nouvel ordre le différencier du carcinome. Cependant, la plupart des cancers ayant simulé la thyroïdite étaient à l'examen hislologique des sarcomes. Quelquefois b vascularisation est extrême et la tumeur est pulsatile. Le sarcome semble être un peu moins malin que le carcinome et par exemple E. Bœckel a vu un sarcome énorme donner une survie de plus de 5 ans sans récidive ; puis une récidive a été extirpée avec succès. Si donc on diagnostique un sarcome, l'intervention est indiquée.

(■) H. Braun, Arch. fiir kl in. C/ur., Berlin. 1X79, t. XXIV, p. 229. — A. Mathieu. Bull* la Société anatom., Paris, 1881, p. 370. — Bowlby, Lancet, London, 1884, t. II, p' 10W.- E. B<k<:kel, Gaz. des Mpit., Paris, 1884, p. 1110, et Gaz. méd. de Strasbourg , 1885 4"sérw. t. XIV. p. 1. — Kodlkiî, Wiener med. Worh.. 18*0, p. "20b.

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