II. — KYSTES ACQUIS
Il n'est question ici d'aucune des tumeurs kystiques qui se développent dans les glandes salivaires, le corps thyroïde, etc.
L'étude plus complète des kystes congénitaux enlève chaque jour quelque
(*) Nous avons dû opérer ainsi Tannée dernière, à l'hôpital Saint-Antoine, une petite fille «le six mois, atteinte d'un gros kyste congénital occupant toute la région sterno-mastoïdienne gauche. Une ponction, pratiquée en ville un mois auparavant, avait déterminé l'inflammation de la tumeur qui présentait le volume d'une tête de fœtus à terme, quand l'enfant fut apportée à l'hôpital. La dyspnée extrême, l'impossibilité absolue de la déglutition depuis deux jours, des convulsions incessantes, l'état presque comateux, nous obligèrent à pratiquer sur le champ l'extirpation de la tumeur, qui adhérait dans toute sa hauteur à la jugulaire interne. Immédiatement après l'opération, tous les accidents disparurent et l'enfant guérit. (Pièce présentée a la Soc. anat. par Hélary, Rull. de In Soc. anat.. 1800, fasc. 18, p. 459.)
élément au chapitre des kystes acquis. La plupart des kystes observés même à l'âge adulte ne paraissent élre que des kystes d'origine congénitale à évolution plus ou moins retardée.
Il en est ainsi des kystes multiloculaires quelquefois observés chez l'adulte. Nombre de kystes séreux simples, uniloculaires (hydrocèles du cou), doivent aussi être rattachés à la même origine. Ces kystes siégeant sur les parties latérales du cou, au voisinage des gros vaisseaux, possédant un revêtement épithélial, semblent résulter de l'évolution de débris épithéliaux profonds.
Quant aux kystes sanguins (hématocèles du cou), leur origine est plus obscure. Quelques-uns ont semblé succéder à l'enkystement d'un hématome traumatique ; d'autres ne sont que des sarcomes avec prédominance d'une poche kystique qui forme à elle seule presque toute la tumeur, dont on ne retrouve les caractères qu'en certains points de la paroi.
Certains kystes sanguins résultent manifestement d'hémorrhagies dans la cavité de kystes congénitaux. Enfin, nous étudierons plus loin avec les angiomes toute une série de tumeurs sanguines qui ont une communication plus ou moins évidente avec les grosses veines du cou.
Richard (!) et Muron (') ont signalé des kystes développés dans les ganglions lymphatiques. Cette origine, fort contestée par .beaucoup d'auteurs, semble bien nette dans le cas de Muron.
Les kystes développés dans les bourses séreuses, hygromas du cou, ont été surtout décrit à la région sous-hyoïdienne, soit en avant du cartilage thyroïde (Duplay), hygroma pré thyroïdien, soit au niveau de l'espace thyro-hyoïdien (Boyer, Malgaigne). Ces kystes se présentent sous l'aspect d'une tumeur médiane, située au-dessous de la base de l'os hyoïde, d'ordinaire peu volumineuse, ne dépassant guère les dimensions d'une petite noix, tumeur arrondie, lisse, tendue et fluctuante, suivant exactement les mouvements du larynx. Le kyste, longtemps indolent, peut s'enflammer et suppurer.
L'incision, pratiquée avant toute poussée inflammatoire, donne issue à un liquide transparent, visqueux, mu queux, c La nature de ce liquide, dit Duplay(s), peut faire soupçonner qu'il ne provient pas d'une séreuse, mais d'une cavité kystique tapissée par une membrane muqueuse, et par conséquent que ces kystes pourraient bien être encore d'origine branchiale. » De plus, introduit dans cette cavité, le stylet s'enfonce profondément derrière l'os hyoïde, jusque vers la base de l'épiglotte. Ces deux caractères avaient conduit Nélaton à placer le siège de ces kystes, non pas dans la bourse thyro-hyoïdienne, mais dans les follicules sous-muqueux placés entre la membrane thyro-hyoïdienne et l'épiglotte.
Sans nier la possibilité de l'existence d'hygromas thyro-hyoïdiens, nous savons aujourd'hui que la plupart des kystes de celte région ne sont que des kystes d'origine branchiale, des kystes mucoïdes (voy. Kystes branchiaux).
(') Richard, Note sur la dissection d'un hydrocèle du cou. Bull, et mém. de la Soc. de chir.,
t. III, p. 38.
(*) Muron, Comptes rendus de la Soc. de biol., 5* série, t. II, p- 149. (') Duplay, Pathot. externe, t. V, p. 45t>.
KYSTES HYDATIQUES. 773