‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 235 sur 237 · III. — KYSTES HYDATIQUES · texte numérisé non relu

III. — KYSTES HYDATIQUES

Ces kystes sont rares, Riedel(1) en a réuni 15 cas. Vieusse a rapporté à la Société de chirurgie, en 1883, une observation de kyste hydatique delà région parotidienne, mais il s'agissait d'un kyste hydatique développé dans la glande elle-même ; nous n'avons donc pas à nous en occuper ici, non plus que de ceux qu'on a observés dans le corps thyroïde. Aux 15 cas de Riedel nous pouvons en ajouter un, que nous avons eu l'occasion d'examiner récemment (*).

Ces kystes se développent le plus souvent au voisinage des gros vaisseaux, sous le sterno-mastoïdien ; la tumeur, en grossissant, envahit le creux sus-claviculaire et peut prendre une forme bilobée ; souvent elle comprime les vaisseaux et les nerfs. Dixon a observé l'oblitération de la sous-clavière; elle existait également chez le malade de Tillaux, car le pouls radial n'a pas reparu après l'évacuation de la poche. Dixon a aussi noté l'usure des vertèbres par la tumeur, Cloquet la subluxation de la clavicule.

La tumeur est, d'ordinaire, arrondie ou ovoïde, régulière, rénitente, fluctuante, parfois transparente; il est exceptionnel de constater le frémissement hydatique.

Les signes fonctionnels sont entièrement fournis par les accidents de compression, engourdissements, fourmillements, douleurs plus ou moins intenses, irradiées du creux sus-claviculaire au bras correspondant ; enfin diminution ou disparition du pouls radial.

Le diagnostic est parfois impossible et la ponction exploratrice permet seule, en pareil cas, de distinguer le kyste hydatique d'un kyste séreux simple, d'un abcès froid, ou même d'un lipome ou d'un sarcome.

Le pronostic est d'ordinaire bénin. Cependant une érosion artérielle a pu entraîner la mort par hémorrhagie (Kôrte).

Le traitement comprend 3 méthodes : 1° simple ponction avec ou sans injection ; 2° extirpation de la poche ; 3° incision large et drainage ou tamponnement.

La ponction exploratrice doit être en même temps évacuatrice, et si la tumeur ne se reproduit, l'incision large avec drainage ou tamponnement nous semble préférable à l'extirpation à cause des adhérences profondes de la poche.

(') Koenig et Riedel, DeuUcfie Chir., 1882, fasc. 56, p. 10.

(*) II s'agit d'un malade admis à l'Hôtel-Dieu, dans le service de notre maître, le professeur Tillaux. La tumeur, soulevant le sterno-mastoïdien gauche, faisait saillie dans le creux sus-claviculairc et se présentait avec tous les caractères d'une poche très tendue, mais manifestement fluctuante. Douleurs très vives spontanées au niveau même de la tumeur avec irradiations dans le bras. Compression de l'artère sous-clavière; absence de pulsations dans la radiale et l'humérale. M. Tillaux pratiqua une ponction exploratrice qui donna issue à un liquide • eau de roche». La poche fut alors complètement vidée. Immédiatement les phénomènes douloureux disparurent, mais l'absence de pouls radial et de pouls humerai persistant encore trois jours après la ponction permit d'affirmer l'obi i té ration de l'artère sous-clavière.

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