IV. — TUMEURS SANGUINES. — ANGIOMES, KYSTES SANGUINS
Les angiomes superficiels ne présentent au cou rien de particulier.
Les angiomes profonds caverneux sont au contraire variables dans leur forme et leur disposition.
Enfin on a confondu sous le nom de kystes sanguins des tumeurs fort différentes ('); les unes sont uniquement constituées par un kyste séreux qu'une communication secondaire avec les vaisseaux sanguins a rempli de sang; les autres doivent être rattachées aux angiomes.
Nous avons déjà dit qu'un angiome profond peut coïncider, peut se mélanger, pour ainsi dire, avec un kyste séreux multiloculaire (Lucke(f), Virchow(*), Volkmann) (4). Nous n'avons pas à insister ici sur cette variété qui n'offre d'intérêt que pour la pathogénie des kystes séreux.
Les cas assez nombreux de kystes séreux à contenu hématique ne nous arrêteront pas non plus.
Les tumeurs sanguines proprement dites présentent elles-mêmes plusieurs types plus ou moins nettement séparés. Elles ont été depuis quelques années l'objet de travaux nombreux (s).
Tantôt elles sont formées par une seule veine volumineuse s'ouvrant directement dans la jugulaire (Després). Tantôt c'est une poche unique, plus ou moins développée, communiquant avec la veine par une série d'orifices. Tantôt ces orifices de la jugulaire interne donnent accès dans une poche caverneuse, entourée d'une zone plus ou moins large d'autres cavités d'angiome (Castex).
t Le cou est, à ce point de vue, un siège tout spécial, où l'on rencontre beaucoup plus souvent qu'ailleurs des dilatations veineuses ampullaires, formant de véritables cavités au milieu d'un tissu érectile à espaces étroits » (Lannelongue et Ménard).
Enfin, dans quelques cas, des kystes sanguins complètement isolés et clos ont été trouvés sur le trajet des grosses veines absentes (Hueier, Koch), faits qui ont été attribués à une malformation contemporaine de l'apparition des vaisseaux chez l'embryon. A la place des veines se seraient formés des espaces lacunaires participant au développement ultérieur des sujets.
(*) Lannelongue et Ménard, Affections congénitales. Paris, 1891, vol. I. p. 648.
(*) LCcke, Virchow's Arch., t. XXXI II, p. 336.
(5) Virchow, Traité des tumeurs, t. IV, p. 76.
(4) Volkmann, Kystes sanguins et angiomes caverneux, Arch. fur klin. Chir., 1873, vol. XV, fasc. 3. p. 568.
(•) Hueter, Kyste sanguin de la région latérale du cou. Sixième Congrès des chirurgiens allemands. Berliner klin. Wochenschrift, 1877, n# 32, p. 466. — Koch, Arch. fur klin. Chir.. vol. XX, p. 651. — Gunther, Deutsche Zeitschrift fiir Chir.,, 1877, t. VIII, p. 445. — Reclis, Angiome caverneux communiquant directement avec la jugulaire interne. Rapport de Farabeuf. Société de chir. Paris, 3 mai 1882, et Clinique et critique chir. Paris, 1884, p. 299. — Desprks, Ibid., 3 mai 1882. — Castex, in Reclus, Clinique et critique chirurgicales , p. 503. — J. Wolff. Kyste sanguin du cou communiquant avec la jugulaire. Berl. klin. Wochenschr..
1884, n* 4, p. 60. — Gluck, Kyste sanguin de la région latérale du cou. Berl. klin. Wochenschr..
1885, n° 52, p. 863. — Otto Vôlker et Félix Franke, Trois cas d'affection* de la régi™ latérale du cou. Deutsche Zeitschrift f. Chir., 1888, t. XXVIII, fasc. 4 et 5, p. 411. — Mf.yer, Des kystes sanguins du cou. Thèse de doct. de Wurtzbourg, 1889.