A. - PLAIES
On observe â la langue des plaies par instruments piquants, tranchant»'* contondants; parmi les plaies conluses, il Tant l'aire une place Spéeiakl W morsures.
(') Outre les Imités classiques et les nrlirles des dictionnaires, on consultera moLiograpliies sur les maladies cliir«iriîicali-s de la hiiiRiir. el. en parlii-uliii llisriises of Mie li.llf.'l.e. HM. chir. Hrvivir. J.o.idon. W\ I. XI. [II. p. 557. - LaiWML.W
de Paris, 1851, n* IN'. — Ui-:\i 111:^.11111, TIh'-m' .!-■ Slr.isl ri;. ls:,7, ■• „.'.,-.. n-Mll. i
À frealiw on llu- durait» uf 1ht longue. I.ondon, IK75. — GAMtiEMM, Trait, délie mal. iW1 lingita. Rologna, 187a. — Butlin. Humain nf ihi longue. I.ondon, 1883, Irad. franc 11. Aigre. Paria, la».
LÉSIONS TRÀUMATIQUES. S52
1* Haies par instruments piquants. — Chez quelques malades, un instcit? ment pointu tenu dans la bouche a été enfoncé dans la langue par un choc, par une chute; c'était un crochet à ouvrage, une aiguille à tricoter chez des malades de Demarquay (f), de Brasdbr; c'est presque une plaie par instrument piquant lorsque le corps enfoncé est un morceau de bois, un tuyau de pipe. Il est plus fréquent qu'un sujet se pique la langue avec une épingle gardée dans la bouche. Mais surtout ce qui n'est pas rare, c'est la piqûre produite pendant le repas, par la fourchette, par des arêtes en mangeant du poisson, et, dans un fait de Gibb, par une aiguille accidentellement contenue dans la nourriture.
Les arêtes s'implantent dans n'importe quel point de la langue, et c'est dans la base que se ficha l'aiguille de Gibb. Mais sauf cela, c'est la partie libre qui est atteinte dans la grande majorité des cas.
La lésion presque toujours est très superficielle; tout se borne à une douleur assez vive, mais vite passée et à quelques gouttes de sang. Mais chez la femme observée par Brasdor, l'hémorrhagie fut assez inquiétante et il fallut le fer rouge pour l'arrêter. Enfin, dans quelques cas, la tige peut s'enfoncer au loin et, par une plaie en apparence insignifiante, causer des délabrements profonds el graves. Ainsi un matelot, auquel un coup fit pénétrer dans la langue le tuyau de sa pipe, mourut d'hémorrhagie foudroyante lorsque, au quatrième jour, B. Cooper (*) pratiqua l'extraction du corps étranger. Le tuyau de pipe avait embroché la carotide interne, dont la plaie fut rendue béante, par ^extraction.
3° Plaies par instruments tranchants. — Les sujets qui ont la mauvaise
habitude de porter leurs aliments dans la bouche avec la pointe de leur cou-
*eau se font souvent à la langue de petites coupures superficielles. De même,
*es enfants qui dans leurs jeux tirent plus ou moins brusquement sur les feuilles
longues, étroites, minces et tranchantes des herbes qu'ils mettent si volontiers
-**** travers dans leur bouche. Les plaies de quelque importance sont rares, ce
*!**£ n'est pas étonnant en raison de la protection fournie à la langue par les
^•""Cades dentaires. Toutefois Gant (5) a vu la partie libre de la langue être, par
^Ooident, presque entièrement coupée. Dans ces sections profondes, l'hémor-
***^gie peut être notable.
Autrefois, l'amputation de la partie libre de la langue était un supplice fort **^ïté, mais il est prouvé aujourd'hui qu'il manquait son but et que cette ^***putalion ne prive pas de la parole celui qui en a été la victime.
3° Plaies par instruments contondants. — Ces plaies ne sont le plus sou- ^^nt qu'un épiphénomène des plaies contuses de la face avec fracture du ***«udllaire inférieur; cependant chez un blessé de Norgate la lésion linguale ***t, par l'hémorrhagie, une complication importante.
La lésion linguale est encore tout à fait accessoire dans la plupart des plaies
armes à feu, et en particulier lorsque le coup de feu est tiré dans la bouche
0) Demarquay, art. Langue du Nouv. Die t. de méd. et de chir. pral.y Paris.
O) B. Cooper, Guy' s Hosp. Hep., London, 1837, t. H, p. 404.
I») Gant, Bull.gén.de thérap., Paris, 1860, t. LXI, p. 154.
ou sons le menton. Les balles venues de loin peuvent, avec fracas oeseui. variable, creuser a la langue des sillons, des perforations, donl l'intérêt réckk surtout dans les corps étrangers que j'étudierai plus loin. Lorsque le (rajei h anléro-poslêricnr, il peul parcourir loulc la longueur de la langue, et M. Liugier {') a vu une balle, entrée à la pointe, s'arrêter avec une dent dans la bas* de l'organe: il est même probable (pic, chez un enfanl observé p.-.i 1 1 la balle a été jusque dans la nuque.
Après ces plaies contuses, les cicatrices sont souvent ir régulières- Mai» même lorsqu'elle est fort altérée, la langue récupère en général assez bien se* mouvements et même ses aptitudes sensorielles.
i" Morsures. — Les morsures sont presque des plaies par bostmma tranchants quand elles sont faites par les incisives. Elles siègent sur la pari»' libre seule et se produisent dans deux circonstances différentes ; ou bien h langue est prise enlre les mâchoires mues par les muscles masticateurs, ou bien clic dépasse les dents nu moment où le sujet fait une chute sur le menton Les morsures de la mastication sont presque loujours négligeables: elles sont seulement très douloureuses sur le moment. La langue y est «jette quand une tumeur la rend maladroite, ou quand une paralysie du trijumeau l« rend insensible. Une observation d'Allhaus prouve que dans ce dernier cas la lésion peut être profonde.
Dans les accès convulsifs de Vépilepsie, les morsures de la langue Boni ml gaires et elles sont la source du sang qui se mêle a l'écume.
L'écoulement du sang est d'ailleurs presque toujours à peu pi Wickham Legg signale toutefois, si le sujet est hémophile, la mort posafth par hémorrhagie.
Ces plaies siègent sur les bords et se réparent assez vite, laissant ! couturés de cicatrices blanches et souples. Par la répétition de ces morsures. Maisonneuve a vu se constituer à li centimètres en arrière de la pointe u» sillon cicatriciel ; et tout ce qu'il y avait en avant constituait une masse durret gonflée qu'il fallut amputer.
A titre de fait exceptionnel, je rappellerai une observation mentionnée p*r- F. Clarke : chez un épileplique de seize ans, la partie libre delà langue fui dans une attaque coupée complètement entre les arcades dentaires; l'hèmor— rhagie dura deux jours et finalement la gangrène fil mourir le blessé.
Des accidents analogues s'observent chez les tétanii/ues. pris d'une crise d* trismus au moment où on leur fait tirer la langue, et, chez un malade de Bouisson, la pointe fut de la sorte presque entièrement séparée.
Les chutes sur le menton, la langue étant tirée, sont quelquefois le résultat d'une attaque d'apoplexie. Mais presque loujours il s'agit d'enfanls (:), qui tombent ainsi, ou reçoivent un coup sur le menton. De là des morsures proleadei pouvant aller jusqu'à la section totale de la pointe. Les arcades alvéolaire^ suffisent, rarement il est vrai, à produire des lésions analogues sans l'i
(') M. LAfcotKB, Gai. hebd. de méd. et de rhir., Paris, 1871, p. 7 (•) Rangé, Arrh. de méd. nav., Pnris, 1887, 1. XLVIII. p. 3)0. (s| Peltihh, Mouv, méd.. Paris, 1870, p. 87.