COMPLICATIONS DES PLAIES DE LA LANGUE
venlion des dents : ainsi chez un enfant de quatre mois auquel Vilches (') sutura la partie libre presque entièrement détachée.
Complications. — Les complications des plaies de la langue sont de trois iirdres : 1" les complications primitives sont les lésions vasculo-nerveuscs, les corps étrangers ; 2° les complications consécutives sont celles qu'engendre la M'|)lirité; > les cicatrices vicieuses, enfin, constituent tes complications tartfaîs les glossitcs, les gangrènes, les cicatrices seront étudiées plus loin, ri je n'ai à parler ici que des complications primitives.
1° Les blessures -les nerfs ont été peu étudiées. A cet égard, l'observation de liant est remarquable, car après la suture d'une section presque complète, la utilité el la sensibilité revinrent.
J Los hcinorrlini/ics sont une conséquence fréquente des lésions artérielle» Je la langue, principalement quand la plaie siège à la base de l'organe. Si la plaie est large, le sang s'écoule à l'extérieur, et cela a même été observé par Btodor, à la suite d'une simple piqûre par aiguille à tricoter. Mais lorsque la piaîe est étroite, lorsqu'un caillot l'obture, une antre lésion, exceptionnelle il est vrai, peut se produire : l'anévrysnic diffus, dont Maisoiineiive{') elBouisson uni rapporté dos exemples. A la suite d'une hémorrhagic extérieure plus ou moins abondante, il se développe dans la langue une tumeur indolente, diffuse, molle, mais non toujours fluctuante, non pulsalile ou présentant seulement un léger frémissement. Celte complication est assez sérieuse immédiatement, car le gonflement qui en résulte est une cause de dyspnée et de dyspliagie; sérieuse aussi consécutivement, car l'inflammation et la suppuration peinent s'emparer de ce foyer.
Qha les hémophiles, Tliémorrhagie se prolonge quelquefois au point de •levenir grave, mortelle même. Phelipeaux (*) a été fort inquîcl pour un de ses malades el W. Legg relaie des cas de mort.
Lea liémorrhagies secondaires ne sont pas rares a la langue, et autrefois surtout elles étaient un des dangers des opérations pratiquées sur cet organe. I.iiiilisepsic les a rendues moins à craindre. Dans les plaies accidentelles, ifcl 'impliquent principalement les plaies avec corps étranger.
De ces hémorrhagies secondaires proprement dites il faut différencier les faiU analogues à l'observation, déjà citée, du matelot de B. Cooper.
*" Plaies envenimées. — La langue peut être mordue ou piquée par des animaux venimeux. Certains insectes, des guflpes à l'ordinaire, s'introduisent ■**U bouche d'un sujet qui dort en plein air; ailleurs c'est un paysan qui, par gageure, ou un bateleur qui, par métier, se met dans la bouche la lélc 'I une vipère et, par hasard, en est mordu. Pour quelques serpents très venimeux, l'intoxication est rapidement mortelle. En général, tout se borne à 'les accidents alarmants, mais bicnlùl guéris, fort analogues a ceux de la lîgnC cl graves surtout en raison des phénomènes asphyxiques, si '"pû que dans une observation publiée par Weger (') la trachéotomie a été
'' "lu Us, Union médicale, Paris, 1800, n. a., t. VII, p. *9Ï.
'} ■LUMHMXWE, Thèse de concours, 1848, p. 73 et 33. 5 Pmliphhï, Jour*, dei Bonn, méd., Pnrifi, 18RU, p. 308. «MO, ll-ll. rhir. de /.ailier, Paris, 1830, l. I, p. 103.
utile. Après guérison, l'.h. Leroux (') a nolé une induration assez Mi
iu Corps étrangers. — Les instruments piquants qui ont été cnumérésilv a lia instant, sont capables de rester implantés dans la langue qu'ils ont blessée. Le fait a surtout été noté pour des aiguilles, pour Aet trélea de |MÙ- Boa. S'ils s'arrêtent dans la partie libre île la langue, ils sont presque loujoiirreconnus et enlevés im média lement. Mais parfois ils se fichent dans la bmm de l'organe et provoquent de la t.oux, de la dysphagie, de la mutité de la voiv Dans ces conditions, c'est à l'aide du miroir laryngoscopîque que (iitib i reconnu la présence d'une arête, Seiler celle d'une soie de brosse a dents ri qu'ils ont pu extraire aisément le corps du délit.
Les corps étrangers les plus importants qu'on trouve dans la langue ceux qui résultent de l'extraction des dénis ou des plaies d'armes à feu.
Dans le premier cas, c'est toujours une dent entière ou brisée, qu'on trame dans l'épaisseur de la langue. Dans le second, c'est ou bien la balle, ou bien des dents el des esquilles osseuses entraînées par elle, ou bien les deux à U fois. La plupart du temps, il en résulte de la douleur el du gonflement, avec ses conséquences fonctionnelles; on est ainsi conduit à examiner soigneusement la langue el on y sent une tuméfaction dure, assez caractéristique. On ne larde pas, dès lors, à explorer la plaie, à la débrider au besoin et à extraire le corps étranger. Mais on peut en enlever un et avoir fait cependant une besogne incomplète : on enlève une balle el on laisse, par exemple, le fragment dentaire qui l'accompagnait. Ou bien même la méconnaissance est complète Dans la majorité des cas, il est vrai, la suppuration se chargera de l 'élimination secondaire. Toutefois il est des exceptions à cette règle, el ces excepl importantes à connaître en clinique. Ces corps étrangers enkystés causent M effet une tumeur bien circonscrite, dont le sujet peu! ne s'aperce. netteté qu'au bout de longues années, à l'occasion d'une poussée aignl M d'une ulcération. Dans ces conditions, le commémoralif exact échappe volontiers el l'erreur de diagnostic ayee une tumeur est fréquente. On l'éviter». sans doute, si on se souvient qu'au cenlre de la masse est toujours un peruiîs fongueux, par lequel un stylet introduit va butter contre le corps étranger Mais on ne songe pas toujours à faire celte constalation, et l'on relaie qoalqv erreurs typiques. Bouisson croyait avoir à extirper une tumeur de la langueel il trouva une molaire : le malade avait été blessé d'une balle en Crimée, quinze mois auparavant. On avait pensé à un cancer chez un patient A qiâ Herbert {de Tillières) enleva une demi-couronne de molaire ; deux ans el demi auparavant, le patient s'était l'ail arracher une dent par un dentiste forain cA depuis il souffrait de la langue. L'enkyslemenl peut durer plus longtemps encore et l'on a cité des cas où il s'est prolongé pendanl quatre ans (BûJ* six ans (Legouesl], trente-deux ans (Kridie) (').
Traitement. — Le traitement préventif est possible chez les épttepl consiste à insinuer un coin de bois entre les dents dès le début de l'accès- Pour loule plaie un peu profonde, il faudra prescrire des collutoires »%*-
(■) Leroux, Ann. de» mal. de l'or, et du lai:. Paria. 1878. p, 258.
{*} KbXhe, Œtterr. mcd. Worh., 1815, p. 1101. — Herbert (ue Tillières), Û«f(. <k *" H« «Mr., Paris, 1855. t. VI, p. 1U. — Lecouest, Traité de chir. d'armé*, Paris, IMS, p, M
septiques, pour prévenir les complications septiques, la glossite, la gangrène, les hémorrhagies secondaires; les meilleurs sont les solutions d'acide borique ou de chloral. De plus, on doit assurer autant que possible le repos relatif de l'organe, en ordonnant, outre le silence, d'abord une nourriture liquide, puis des bouillies. Cette indication est surtout importante lorsqu'on a fait des sutures.
La suture, en effet, doit être pratiquée pour toute plaie profonde, même quand elle est contuse, même quand il y a séparation presque complète de la pointe de la langue ('). Les succès d'A. Paré, de Gant — et en 1870 Béranger- Féraud réunissait il faits analogues — prouvent que la réunion immédiate est possible même quand il ne reste plus qu'une adhérence minime. Si l'on est appelé au bout de quelques jours pour une plaie avec écartement, on tentera la suture secondaire. La suture sera faite à points séparés, au catgut, à la soie ou au crin de Florence; on ne craindra pas de multiplier les fils, d'en mettre sur les deux faces et sur les bords. Ces manœuvres sont assez longues et délicates; chez l'enfant, elles nécessitent donc assez souvent la chloroformisation. Pour arrêter les hémorrhagies, le perchlorure de fer doit être proscrit. La suture suffit à oblitérer les artérioles et les veines; pour les troncs artériels plus importants, la ligature des deux bouts dans la plaie doit être pratiquée. Elle est, il est vrai, bien difficile pour les plaies de la base, mais en général on en viendra à bout en attirant au dehors la langue dont la pointe aura été saisie dans une anse de fil et en débridant selon les besoins ; il sera alors utile de donner le chloroforme. En agissant de la sorte, dit Butlin, on n'aura presque jamais à lier au cou la linguale ou la carotide externe pour tarir une hémorragie primitive; et cela deviendra rare pour les hémorrhagies secondaires. Si l'on ne peut pas saisir le vaisseau dans la plaie et si, vu la profondeur, on a quelques doutes sur son siège exact, on liera au cou la carotide externe plutôt Çtfe la linguale, ^'extraction immédiate ou secondaire des corps étrangers n'oiTre rien de
Wen spécial.
Le traitement des plaies envenimées est analogue à celui de la glossite
P^nchymateuse aiguë. Toutefois les incisions profondes dont nous parlerons
• Ce propos sont plus rarement indiquées.