‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 72 sur 108 · CORYZA AIGU · texte numérisé non relu

CORYZA AIGU

Dans la rougeole, le début de cette fièvre éruptive est marqué dans Timmense majorité des cas par Téclosion du coryza aigu, à forme de catarrhe oculonasal absolument banal. C'est seulement par la coexistence de la fièvre, le milieu épidémique, le développement rapide de la laryngite qu'il sera possible de prévoir l'invasion de la rougeole ; l'éruption se montre sur le voile du palais sous forme d'un pointillé caractéristique avant de se montrer sur le reste du corps.

Chez l'adulte, à côté du catarrhe nasal a frigore que nous avons décrit, viennent prendre place des formes nombreuses de corjza, depuis les crises à éternuement plusou moins fréquentes jusqu'au catarrhe intense ; ces formes, si différentes au premier abord, ont pour caractères communs d'être provoquées par une irritation quelquefois très légère de la muqueuse nasale ; c'est ainsi que certaines odeurs peuvent déterminer l'apparition d'un coryza (rose-cold des auteurs anglais). Ce coryza des roses peut môme survenir à la vue d'une rose artificielle (*). Mais quelquefois le retour de ces variétés (le cor}'za est périodique ; il revient au printemps, au mois de mai surtout, c'est le haij fever ou asthme des foins.

Cette affection, signalée par G. de Mussy(*), est fréquente surtout en Angleterre et en Amérique ; elle a été bien étudiée en France par Leflaive et par Rallier. Le plus souvent elle débute par un catarrhe oculo-nasal très tenace, remarquable surtout par la grande fréquence des étemuements ; au bout de quelques jours, de deux ou trois semaines parfois, les phénomènes de bronchite s'établissent : d'où le nom donné à cette maladie de rhino-^ronchite annuelle.

La bronchite a pour caractères d'être accompagnée de dyspnée, à type asthmatique, parfois très net; les accès d'oppression surviennent de préférence dans la soirée, à l'inverse du catarrhe nasal et des crises d'éternuement qui se produisent surtout à l'occasion de marches au soleil ou au grand air; ils sont souvent très pénibles, mais ne mettent jamais en danger la vie du malade, et n'ont aucun retentissement sur le cœur droit.

La durée de la maladie est variable, cinq à six semaines environ; elle cesse complètement pour reparaître l'année suivante à la môme date.

Ce retour périodique, à l'époque de la floraison, fait comprendre comment certains auteurs (Saller Blackley){*), expliquent la maladie par l'irritation de la muqueuse nasale, due au pollen des fleurs.

Cette théone du pollen a été combattue en France. Leflaive refuse de l'accepter; pour lui, comme pour G. de Mussy, l'asthme des foins serait une manifestation de la diathèse arthritique, comprenant sous cette dénomination les tempéraments prédisposés à la goutte, à l'eczéma, aux dermatoses, et surtout à l'asthme; à côté de ces deux théories se place la théorie nasale. Elle date des travaux de Hack (de Fribourg)(*), qui, le premier, a montré comment cette altération de la muqueuse pourrait ôtre le point de départ de réflexes nombreux.

(*J Mackenzie (J.-N.), RoseCold. Amer. Journ. of med. «c, 1886. O GuÉNEAU DE Mussy, Asthme des foins, Gaz. hebd., 1872, et Gax. des hôp., 1868. C) Blkckley, Exp. rech. The jMncet, 1881, p. 371.

(*) Hack, Ueber die operative Behandlung be^timmter Formen von Migràne. Wiesbaden.

Page 1