‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 74 sur 108 · INFLAMMATIONS INFECTIEUSES DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS INFECTIEUSES DES FOSSES NASALES

Nous décrirons dans ce chapitre la aypltlUs du )ivz et des fotises nasales^ la tuberculose nasale, et Vulcèrr perforant de la cloison. Toutes ces alTections doivent être rapprochées, car une orif/ine infectieuse leur est commune.

SYPHILIS DU NEZ ET DES FOSSES NASALES

On rencontre dans le cours de la syphilis des lésions des difTérenles partiels de la région nasale (peau, nuicpieuse, os et cartilages) qui apparaissent à toutes les périodes de V infection, et peuvent m^me constituer une manifestation de la .vjpliilis héréditain\

Di'POND, Manirestations priiuilives H secondai ros lie la syiihilis. Tlicse de liordeaiix, 18H7. — JuLLiEX, Maladies viSnérienncs, dcrniiTO édition. — Maiiuac, Syphilis Icrtiairo, 1887. — MoREL Mackensie, Malûdics des fosses nasales. Traduction de Moure et Charazac. — KoïKNiEH, Syphilis hérédiUiire tardive. — Marfan. ("ihancre <h» la fosse nasale. Ann. dt^ tlerinat., 18ÎM).

Chancre du nez et de la muqueuse nasale. — Los acridcnts primitifs soni extrêmement rares. D'après les statistiques de Bassereau, Clerc, Fournier, et Le Fort, sur 1775 chancres chez l'homme, on n'en rencontre t/u'un du nez et

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une coloration rougcâtrc assez accentuée. La narine est obstruée d'une façon plus ou moins complète, mais jamais on ne constate de déviation de la cloison, et la narine du côté opposé est absolument saine.

En môme temps que ces signes du côté des fosses nasales, on observe toujours Tengorgement des ganglions sous-maxillaires, qui apparaît en même temps que le chancre, et persiste après sa disparition.

Le chancre de la région postérieure ne donne pas lieu à des symptômes particuliers, et est généralement méconnu. On ne l'observe habituellement qu'à sa période de décroissance, lorsque les accidents secondaires ont déjà apparu, et ont déterminé l'examen rhinoscopique, pour rechercher le siège de l'accident primitif.

Les signes généraux sont ceux de la syphiHs; il existe de la céphalée, de l'anémie, et finalement on voit apparaître les éruptions caractéristiques de la période secondaire.

Le chancre nasal ne présente dans son évolution rien qui le distingue du chancre des autres régions. Il disparaît sans laisser de cicatrice, et c'est à tort, probablement, que Jullien attribue à un chancre syphiUtique un cas de perforation de la cloison. Seul, le chancre de l'orifice postérieur peut déterminer des lésions persistantes de la trompe d'Eustache.

Le pronostic de la syphilis ne paraît pas être modifié par le siège de l'accident initial, et la mort observée chez une malade atteinte de chancre du nez s'explique*par Tâge (soixante-dix ans), et l'état général du sujet, sans qu'on ait à faire entrer en ligne de compte le siège du chancre.

Le diagnostic est toujours facile surtout quand le chancre siège au tégument externe. La rapidité d'évolution de la tumeur, l'engorgement ganglionnaire précoce, ne permettent pas la confusion avec une ulcération cancéreuse^ d'autant que l'apparition des autres signes de syphilis, coïncidant avec la régression du chancre, viendrait lever tous les doutes. Mais en présence d'une ulcération du nez, avant d'admettre sa nature syphilitique, il faut attendre l'apparition de la roséole et des autres signes de la période secondaire.

Le chancre de la muqueuse ne saurait être confondu avec une tumeur maligne ulcérée. Le sarcome n'arrive à l'ulcération que lorsqu'il a acquis un volume très considérable, que n'atteint jamais le chancre; aussi le sarcome ulcéré s'accompagne-t-il de déformation des fosses nasales, de déviation de la cloison, qui n'existent jamais avec le chancre.

Période secondaire. — La muqueuse nasale, comme toutes les muqueuses exposées à l'air, peut être le siège de plaques muqueuses; mais tandis que Mauriac et Lancereaux regardent les plaques des fosses nasales comme rares, Jullien admet qu'elles se produisent très habituellement dans le cours de la période secondaire. Davaine et Deville, sur ^86 femmes, ont trouvé 8 fois des plaques dans les fosses nasales, et 18 fois sur les amygdales; Bassereau, sur i 10 hommes, en a trouvé 2 fois dans cette région, et 100 fois sur les amygdales. Il faut dire que les plaques des fosses nasales existent rarement seules, et qu'elles coïncident, le plus souvent, avec des plaques des organes génitaux.

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dentaires, constituenl la triade d'Hutchinson sur laquelle se fonde le diagnostic de syphilis héréditaire tardive. Enfin, dans les cas douteux, Temploi du traitement spécifique sera d*un précieux secours.

Il y a du reste peu d'affections qui puissent ôtre confondues avec la syphilis tertiaire des fosses nasales. L'ozène vrai s en distingue facilement dans la plupart des cas, et le lupus seul, dans les cas très rares où il siège uniquement sur la muqueuse nasale, pourrait donner le change. Mais les lésions du lupus occupent surtout les parties antérieures de la région, tandis que les lésions syphilitiques peuvent se montrer partout; l'ulcération du lupus présente un caractère important : elle se cicatrise à une extrémité, tandis qu'elle s'étend par l'autre. L'existence du lupus en d'autres régions devra ôtre recherchée avec le plus grand soin; enfin, ici comme pour toutes les lésions syphilitiques, on essayera le traitement spécifique qui seul quelquefois permet de faire le diagnostic dans les cas difficiles.

La syphilis nasale n'est pas reconnaissable uniquement pendant sa période d'activité. La déformcUion du nez qu'elle laisse à sa suite, dans les cas graves, est tellement caractéristique qu'elle nv saurait être confondue avec aucune autre, et (ju'elh* permet, à elle seule, de faire le diagnostic rétrospectif de syphilis. Le lupus détruit toute la partie inférieure du nez jusqu'au niveau des os propres, de sorte que le nez semble tronqué, largement ouvert en avant, et a été justement comparé à un nez de tête de mort. Ses parois sont minces, racornies, parcheminées, et donnent au toucher, suivant Hébra, la sensation d'un nez de carton. Dans la syphilis, on peut noter également des destructions plus ou moins complètes de l'organe; mais elles sont plus diffuses, siègent sans ordre dans tous les points de la région, portent surtout sur le squelette, entraînant un affaissement de la base du nez, dû à l'effondrement de la charpente osseuse. Les lésions

osseuses sont au contraire exceptionnelles dans la scrofule et n'entraînent pour ainsi dire jamais un semblable aplatissement du nez. Même dans ce cas, les commémoratifs, l'existence d'autres stigmates de la syphilis, perforation de la cloison ou de la voûte palatine, cicatrices de gommes (pour la syphilis acquise), malformations dentaires et palatines (pour la syphilis héréditaire), permettront de distinguer, même après la guérison, le lupus de la syphilis.

Fiti. 516. - - Vuriélé do «lêfnrmolion nasille.

Traitement. — Le traitement diffère suivant la nature des lésions. Sur le chancre on fera des applications de poudre d'iodoforme; contre le coryza, on emploiera les injections au permanganate de potasse, et, s'il existe des ulcérations, on les touchera avec le crayon de nitrate d'argent. On prescrira en rnéme temps des pilules de protoiodure de mercure. Dans les cas de syphilis tertiaire, Mauriac recommande l'iodure de potassium à haute dose, 6 à iO grammes par

jour, auquel on peut joindre le mercure. Mackensie conseille d'employer alternalivemenl les deux traitements, mercuriel et ioduré. Quand il existe des os nécrosés, il faut les enlever, ce que Schusler conseille de faire avec la curette de Volkmann (voy. hhinoplastie).

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