‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 90 sur 108 · LÉSIONS TRAUMATIQUES DES SINUS FRONTAUX · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQUES DES SINUS FRONTAUX

Cette lésion rentre dans Thistoire des fractures du crâne et des plaies de l'encéphale.

Les instruments contondants produisent sur les sinus frontaux des lésions variées. Quelquefois, la peau restant intacte, la paroi antérieure du sinus est fracturée, comme dans un cas rapporté par Dupuytren (*). Suivant Boyer, il se pourrait que, les téguments étant déchirés et la paroi antérieure du sinus fracturée, la muqueuse reste intacte. Mais, le plus souvent, celle-ci est égale* ment lésée et le sinus communique plus ou moins largement avec Textérieur.

Dans ce dernier cas, Tair sort à travers la plaie à chaque effort d'expiration, et si le trajet est sinueux, il n'est pas rare de voir se produire un emphysème de la face. D'autres fois les produits de sécrétion de la muqueuse nasale, s'altérant sous l'influence de l'air extérieur, donnent lieu à un écoulement plus ou moins abondant de liquide muco-purulent. Quelquefois même, d'après Quesnay ('), ce liquide, par sa couleur et sa consistance, a pu être pris pour de la substance cérébrale. Enfin on a vu la muqueuse épaissie, boursouflée, faire hernie à l'extérieur (*).

Le diagnostic de la fracture du sinus frontal n'est pas difficile, lorsque les téguments sont lésés; dans le cas contraire, le signe pathognomonique est fourni par la production d'une pneumatocèle qui augmente lorsque le malade se mouche, et que l'on reconnaît facilement à la crépitation caractéristique de l'emphysème. Quant à savoir si la paroi postérieure du sinus est intéressée, on doit le plus souvent s'abstenir de toute recherche à cet égard, et se comporter comme nous l'avons dit au sujet des fractures et des plaies pénétrantes du crâne.

Les plaies et les fractures de la paroi antérieure du sinus frontal sont presque toujours peu graves. L'emphysème qui survient quelquefois est rarement assez étendu pour donner lieu à des accidents sérieux; cependant la guérison peut être retardée par la production d'une fistule. Enfin, ces lésions se compliquent quelquefois de la présence de corps étrangers.

Dans la plupart des cas, le rôle du chirurgien doit se borner h retirer les esquilles et les corps étrangers, s'il en existe, puis à rapprocher mollement les lèvres de la plaie, en exerçant autour de celle-ci une compression légère, afin d'éviter l'emphysème ou de le limiter, s'il s'est déjà produit. Lorsqu'il existe un enfoncement de la paroi antérieure, on peut essayer de relever les fragments avec un élévatoire ou une spatule. On ne devrait avoir recours à l'application d*une couronne de trépan que dans les cas d'enfoncement considérable ayant résisté à des moyens plus simples » (Duplay, Pathologie externe, p. 878 et 879).

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