‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 110 sur 236 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La cause la plus fréquente de la sténose du pylore est le cancer. Le rélrécisseknent simple, fibreux, est bien moins fréquent.

Très rarement, les accidents sont sous la dépendance de compressions exercées sur le pylore par des néoplasmes du foie, par des ganglions dégénérés, par des anévrysmes, etc.

Une variété exceptionnelle, décrite par Hanoi et Gombault(*), est le rétrécissement par hypertrophie des tuniques musculaires, véritable myome circulaire du pylore.

Enfin, d'après Kussmaul, le rétrécissement spasmodique, le pylo^nsme, ne serait pas très rare, comme complication des exulcérations de la muqueuse stomacale au voisinage du pylore. Quelle que soit, du reste, Topinion que l'on puisse avoir à regard du pylorisme essentiel, on ne saurait méconnaître Timportance considérable du rôle joué par la contracture spasmodique du pylore dans la pathogénie des accidents d'occlusion qui accompagnent un grand nombre de rétrécissements ou de cancers.

Lorsque les aliments ne peuvent plus franchir le pylore, Testomac se dilate ; la nature de l'obstacle est indifférente.

Cliniquement, on peut reconnaître la dilatation de Testomac; on obser>'e aussi des vomissements, qui ont ceci de particulier qu'ils sont rares, très espacés les uns des autres et très abondants : ils se montrent, en général, trois ou quatre heures après les repas, et sont composés de détritus alimentaires, souvent ingérés depuis plusieurs jours et mélangés à une grande quantité de liquide glaireux et filant. Assez fréquemment, ils renferment du sang plus ou moins altéré, et cela, même en l'absence de tout cancer.

La constipation est la règle; en effet, les aliments ne passant plus dans l'intestin, les selles deviennent, naturellement, très rares et très peu abondantes. Dans certaines circonstances, la constipation est telle qu'on peut croire à une occlusion intestinale.

L'état général s'altère rapidement; les malades, épuisés par l'inanition, s'affaiblissent et ne tardent pas à succomber.

Tels sont, très sommairement esquissés, les symptômes communs à toutes les formes de sténose pylorique. Il existe, pour chaque variété, des symptômes et des signes spéciaux dont l'étude exigerait de longs développements, et ne saurait trouver place dans ce traité de chirurgie.

Le diagnostic de la nature de l'obstacle n'est pas difficile dans les cas types et bien caractérisés; mais les observations ne manquent pas, dans lesquelles

(•) Hanot et GoMBAULT, Arch, de phys., 1889, p. 412.

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