ACCIDENTS QUI PEUVENT SIMULER LÏITRÂNGLEMENT
lie cinq jours, il n y avait encore ni sphacèle ni aucune lésion grave de l'intestin compris dans la hernie.
2* Des adhérences peuvenl aussi produire la coudure brusque de l'intestin contenu dans la hernie, et dôLcrminer la formation, dans f^a cavitr, d*un éperon que les matières ne peuvent franchir. Dans un cas présenté en 1885 h la Société anatoniique par Hartmann, un lipome adhérent à Tinleslin l'avait attiré dans la heniie, *le telle sorte que le bout supérieur et le bout inférieur de l'intestin étaient accolés comme deux canons de fusil ; rocclusion qui en était résultée avait eu pour conséquence la production d'une perforation intestinale et Tinvasion iFunc péritonite mortelle.
3« Les brides saUhnies dans h sfic herniaire agissent en comprimant^ en étranglant directemenl l'intestin passé au-dessous d'elles.
buplay (*) a vu celui-ci s*étrangler dans une hernie inguinale, en s*engageanl sous une bride longue de 27 centimètres, qui faisait sur la paroî du sac, à laquelle elle se rattachait par ses deux extrémités, un relief assez analogue h celui de certaines colonnes charnues du cœur; parfois la bride est transversalement dirigée et elle divise l'oriflce herniaire en deux parties, dans Tune desquelles seulement s est engagée et s'étrangle une portion d'intestin;
j'ai observe un fait de ce genre; Astley Cooper (*), Flaux ("")» Nicaise{*) en ont cité des exemples. Luther Holden {^) rapporte qu*une bride étendue du colle l du sac au mésocôlon transverse contenu dans une grosse hernie, étranglai! une assez notable partie de rinlestin grêle qui s était engagé sous elle, sans que le gros intestin lui-même éprouvât la moindre gène. Ces brides présentent parfois une disposition très complexe. J ai vu, chez Cusco, dans une énorme hernie ombilicale ^ Tinlestin fixé et étranglé sous trois arcades formées par lies brides qui partaient du ligament de la veine ombilicale pour sn pojïrr
Fio. 63- — AdbéreDcet, mfliiminnloireiî anciennes Rxant ranse inle^tinale au food un »«tc et détertnînnnt l'adosseiucnt en ranont dif fujtit de f«es deuji bouLti.
1, fond du «ac soulevé par lea adhèrenc*.'**.— î, Ittniiinc vaf^lnale inilèpendiinte ilu sac. — ^y inlc^Hu acl?iê< rewt — 4, sac herniaire ouvert. (Scarpo.)
(') DuPLW. Traité de paihohfjie extrrne, L VI, p. 82. (*) A. Cooper, Œuvres chintrg.^ obs. CCXl el CCXll, j\ l») PlAUX, Gas. deê hâp,, 1840, p. 5^0. rt NiCAiSE» Lénonâ â^ l'inteslm, o!)S. X.VXI, p. 105. (^) UoLOeiK, Areh. génér. d^ m<fd., 1847, p. t<8.
ArCI DENTS DES HERNIES.
au fond du sac ; Gaulmin du LalroRçai (^) raconte que daus uoc hernie, brides, situées de dislancc en dislance, étranglaient rinlcslin et durent être coupées pour permettre la réduction.
i' C'est soveul VépipfooH qui est Tagentdes étranglements siégeant dans un sac herniaire; tanlôl, adhérent au sac, il forme une bride sous laquelle Tintestin s'étrangle ou anloiir de laquelle il sVnroulc; tantôt il s'enroule luî-m^me aulour du pédicule d'une anse inlcstinale qu'il étrangle; Arnaud ('), le premier, puis Renoult (*), Vidal (*), South et d'aulres auteurs onl rapporté des exemples de celle disposition. Calliscnp)» Gollison(*) ont vu une anse intestinale rengager dans une perforation (pie préseulail. l'épiploon adhérent; enfin les s*ics épiploïc[ucs décrits par Ledran. Richter, Lawrence, et surtout par PreseoU
Uewelt, peuvent étrangler l'intestin qu'ils renferment. Dans deux eas de Gillette Ç) et de Bryant (•), où cette dîspositioii fut méconnue et l'inlesUii re- F- 1 foulé dans le ventre avec le sac épiploïque qui l'enserrait, i'é- Iranglement persista et la mari survint.
5" L'étranglement dans le sftc peut être produit par un dherlicule de l'intestin qui s'est enroulé autour d'une anse comprise dans une hernie. On trouvera dans un intéressant mémoire de Cazin (*) plusieurs ob* servations de cette nature.
6" Mais de tous les étranglements qui se produisent à l'inlérieur d'un sac herniaire, les plus fréquents sont ceux que Ton observe lorsque la cavilf du sac présente un de ces refserrements^ sous forme de dia^ phragme, de répit vahuiairtou semi'lnnaiiVy que Ton constale si souvent dans les hernies inguinales coûgénitales où ils résultent d'une oblilération incomplète du conduit péritooé(h vaginal, mais qui peuvent aussi constituer, dans les hernies acquises, une des
Fjg. G4. — Sac d'une hcnriic loguînalc congénitale ouverle pour monlrer mw lirlile librewse {3) qui divise sa cavité <2) on iJetix rcnflcmpnls auperpofiéî», *Jonl l'inférieur (1) riTift-rnie !(.' lestlcule. — ï, oriUce herniaire et collet du sîiL. (ScarjtûO
{') Gallmin m? Latron^ay, Jouviial ih Vand^rmondr, 1771, t. XXXV, p. 84.
(*) G Eo ne; E ArtxN a u d, Mé mo ireit ck chirit r f/ ie, t * 1 1, p. 577.
(') Renoult» Joitrn. génér. de méd,^ t. XVII* p. *21.
(♦) V'iDAL, (kii, méd. (/<• ParU^ 1S35, p, 5î*.
(•) CALListN, Àcta Socieiath mt*d, Ilavniensiit^ i. ï, p. 1G4.
(•) CoLLiâoN, in Slretibft. Schêînredueiiotien^ p. 170.
(^ï GrLLETTE, BidL de îa Soc. anat., J862, p. 30,
(•) Thomas Oiiyant, (ïiii/V hoap. Heports^ ù* série, L IL
(•) Cazin, £iudc anaL et pathuî. sur ie4 diverticules de t'inleiUn, Paris, ÏISlù%
ACCIDENTS QUI PEUVENT SÎMUIJÎR l/ÉTHANGLEMENT. 613
variétés des sacs à coUels miiiliples. Trélal (*) a particulièrement insisté sur relie variété d'élrang-lemenl siégeant dons im sac herniaire, variété dont Go}Tand, Dudon, Bermond, Guinard, Théophile Anger (') ont rapport*'* fies exemples; nous y reviendrons en parlant des hernies inguinales congénitales.
7° Mentionnons seulement les accidents qui peuvent survenir lorsque Tintestiu passe au travers d'une rnplure du sar herniaire et sy étrangle^ ainsi qu*un l^oliserve dans certaines hernies enkystées de la tunique vaginale,
8^^ Faut-il enfin adnietlre que les adhérriices hi/hutunatoires récvnle^, développées en rabscnce de tout étranglement, puissent unir la surface de Tinleslin au sac herniaire et déterminer une sorte û'oreitision inp^ttutnatoire distincle de l'étranglement? Geltc Lhésc avait été soutenue par Trclal et par Mougeot(^) son élève : le fait en luî-raéme est contestable, et il est permis de supposer que^ dans les cas cités comme des exemples, rélronglement^ cause des accidents, avait échappé à la sagacité des i>bservatcurs. En tout élal de cause, il est certain que les faits de celle nature ne se distinguent en rien, par leurs caractères cliniques el leur évolution, des cas d'étranglemenl ordinaire.
Les accidents d occlusion intestinale survenant dans une hernie s'accompagnent du lahleau symplomatique de rélranglemenl herniaire avec ses principaux traits ; hernie irréduc tilde el douloureuse^ arrêt des matières et des gaz, vomissements, puis douleurs abdominales et tension du ventre, aspect du malade el état général caraclcristiques; cl pourtant certaines modiOcations de ces symptômes peuvent révéler qu'on est en présence d'un étranglement anormal et même faire supposer avec quelque vraisemblance que le siège de rocclusion est dans le sac herniaire plutôt qu'au niveau des agents ordinaires de rétranglement herniaire
La hernie est souvent moins tendue que ne Test une hernie intestinale étranglée ; elle peut parfois se réduire en partie, mais cette réduction partielle ne s'accompagne d*aucun soulagement, d'aucune atlénuation des symptômes, [ cl la hernie réapparaît avec son volume dès qu'on cesse les pressions que l'on exerçait sur elle. L'anneau herniaire parait libre, et les pressions exercées h I ce niveau n'éveillent pas la sensibilité toute particulière qu'elles développent ^■eii ce point dans les hernies réclkmienl étranglées; la hernie est douloureuse ^B^ns son ensemble, et pas plus particulièrement à son 'pédicule que dans le reste de son étendue. En me guidant sur ces onomolies dans la répartition des phénomènes locaux et sur rexistence simultanée d'accidenls qui étaient bien ceux d'un étranglement véritalde, j'ai pu, dans un cas, établir, presque avec certitude, qu*il s'agissait d'un étranglement siégeant dans le sac herniaire el non d'un étranglement herniaire véritable, (le diagnostic, néanmoins, ne saurait être porté qu'avec beaucoup de réserve ; mais comme la variété d'accidents k laquelle il correspond, ne réclame pas d'autre intervention que celle
(*) V. TlïÊLAT, liuH. de ta Soc, de r/tiV., i885, |). 110,
(•) DCRET, Tïii-se d'îiRtùg., 1KR.1, [k UlK
C) MocoEOT, Psendo'étrangkmenis causés par it^s adhérences de rinteittin hernie- Thî'se de
ans, 1874.
qu*exige l^élranglemeni herniaire lui-même, il importe peu qu'il soit établi avec précision. Ce qui est d'une extrême importance, c'est de ne pas se laisser tromper par les apparences de réductibilité partielle de la tumeur, par le peu de tension qu'elle présente, et de ne pas chercher ailleurs, dans rabdomen par exemple, la cause des désordres dont la hernie est le siège.
HERNIES INCOERCIBLES OU IRRÉDUCTIBLES QUI NE DÉTERMINENT PAS D'ACCIDENTS PRESSAHTS