‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 158 sur 236 · BANDAGES · texte numérisé non relu

BANDAGES

que la pression soit modifiée ; il ne présente qu'une courbure suivant ses faces, car il va directement d'une pelote ik Fautre, et il n'a pas hesoiu d'être modelé sur les contours du bassin.

Inutile d^insister sur les détails de construction du bandage anglais, sur l'articulation qui unit les pelotes, la pelote antérieure surtout, au ressort; articulaliou dont le mode varie suivaul les constructeurs et les appareils.

^m Les avantages théoriques du Landai^^e anglais sur le français sonl 1rs sui-

^■raots ; i** il expose à moins de déperdilions de force; 2" la pelote nVst pas

^pnposéc à se déplacer

I ^sous rinfluence des intlexions latérales du corps; 5* il fatigue moins la peau que le bandage français: niais^ partisan convaincu du bandage

I anglais, Malgaigne a fait

r voir que sa supériorité réelle ne lenail qua la qualité meilleure de Tacier dont était fabriqué le ressort; elle n'est donc pas propre au système de bandage, mais à sa fabrication, et elle est compensée par de réels désavantages. Le bandage

anglais exige un soin et une attention toute particulière au moment de son application; il ne se place pas de lui-même comme le bandage français. La pelote se dérange moins aisément que dans le bandage français, mais» déplacée, elle n'a nulle tendance à reprendre sa place; il est d'une construction plus compliquée cl plus coûteuse.

Somme toute, la préférence qu'on donne à Tun ou à Tautre de ces bandages est plutôt une alTaire d'tiatntnde; nous verrons cependant, en éimlinnl les hernies en particulier, quelles sont les espèces qui s accommodent mieux de telle on telle espèce de bandage.

Le principe du bandage anglais n*est plus complètement applicable' aux bandages doubles; deux ressorts latéraux supportent chacun une pelote, mobile sur son extrémité antérieure, pelote qu'on applique du côté correspondant r Torifice herniaire; en arrière, les deux ressorts viennent s'appuyer sur une loie dorsale. Chacun de ces ressorts, moins long que celui du bamlagc simple qui embrasse plus que la demi-circonférence du corps, est également moins piussant et moins efficace; aussi pour les hernies doubles le bandage français reprend-il manit'eslement ravantage.

Un mode particulier de bandage anglais est celui dans lequel une seule pelote est actionnée par tirtix ressorts lafrnntj-; c'est le principe du bajidage Drapier, sur lequel nous reviendrons en parhmt des hernies ombilicales. c. Bantiages mixie^s. — On a cherché à réunir les avantages principaux des

FtG. (j8. — Ditmlngc anglais (îiignina]) uppHrtuè* Ejilr^ijiité» anlèrleiiPe cl postèrieuRî.

BIlJ

rpui pe!

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deux modes de bandages dans un m^me appareil, mais, ainsi que Ta observer Malgaigne, les ba/ninijes mliifis^ conslruits de la sorte, n'ont eu , plus souvent que les inconvénienls de Tun et l'autre système.

Le bandage à ressort brisé ou rrsmrt Buvai^ du nom de son inventeur, un bandage anglais dont le ressort est eoud*^ à quelques ccntimèlres de so^ extrémité anlèrieure, pour permettre à celle-ci de s'abaisser vers les régions inguinale et crurale ; il en est de ce bandage comme d'une pincette dont les extrémités ont été Lordues; il porte h faux et ne peut rien contenir efflcaceniefl

Rejeté pour les bandages anglais, le ressort brisé a été conservé pour ce tains bandages français; ce ressorl, composé de deux pièces réunies par vis, permet de donner au collet une inclinaison variable suivant les besoû

On laisse souvent, même dans le bandage français, un certain degré mobilité à la pelote; cette disposition diminue les froUements que subisse les téguments, rend les déplacemenls de la pelote moins faciles, mais eB donne à celle-ci moins de fixité^ on ne peut lui imprimer une !o lésion délc minée sur le collet du ressort ni la faire pincf'r,

DilTérenles dispositions ont été imaginées pour faire varier à volonté Tioclî^H naisoii de la pelote sur le ressort : articulations à crémaillère, glissières fixé€^| par la pression d'une vis (voirfig. 0(i), trous creusés dans Técusson et où I'od arrête 1 exlrémilé du ressort avec des chevilles après avoir donné à la pelolc la situation voulue; ces mécanismes intéressent plus le constructeur que le chirurgien.

Enfin les bandages français eux-mêmes reposent assez souvent, par lei exlrémilé postérieure, sur une petite pelote dorsale qui élargit les contacts diminue les frottements que subit la peau.

d. Ihindagrs à presiilon rifjide. — Ils sont destinés à contenir des hernies qi forcent le passage quelle que soit la puissance du ressort qu'on leur oppose; bandage Dupré en est le type (voir fig. 07). Celui-ci se compose essentielleme] d'un arc mélalliqoe, formé d'une tige de fer forgé qui s'adapte exactemej à la partie anténeure du bassin ; à cet arc sont fixées des pelotes qui cori pondent aux orifices herniaires cl qui sont maintenues en jvîacc par des toute cetlc armature métal lique est assujettie au tronc par une sangle qi embrasse la partie postérieure du bassin, et qui, prenant un point d'appui si deux tiges perpendiculaires situées aux extrémités de Tare mélallique, tend faire basculer en avant tout le système, lorsqu'on la serre avec force, et appliquer plus intimement les pelotes sur les régions qu'elles doivent pnMéj

Dans dautres bandages de même ordre, Tadaptation des pelotes est ré\ par des vis de pression.

e. Bandaifes non mélaUùjues^ à pression molle, ceintures. — Certaines hernies faciles à contenir, chez des nouveau-nés, se maintiennent encore avec imt ceinture en caoutchouc supportant une ou deux pelotes insufnées d'air jjce* appareils sont d'une efficacité contestable-

Certaines personnes, à ventre très volumineux, qui sont atteintes de h ombilicales, ont coutume de maintenir leur liernie avec une ceinture minale élastique pourvue d'une plaque ou d'une pelote correspondant à la région ombilicale^ ce mode de contention est toujours défectueux, pourlaot bien des médecins le prescrivent.

BANDA HES. 645

On a feinté de subsliluer aux bandegns métalliques im caler on en lissu élastique* fait sur mesure, el î=i0us lequel on fixe, en ref^'anl d(}s orifiees herniaires, des peloles insufflées d'air; pour ^>Lre construits avec beaucoup d'ingéniosité, ces ap|iareils n'en sont pas moins toujours insuftisants.

On ne saurait trop insister sur ce fait: la pression d'un ressort seule peut développer sur un point donné une force capable de sV^pposer à Ti^^sue de la hernie dans un elTort* Tous les moyens conlentifs reposant sur un autre prin* cide doivent élre rejetés ou ne peuvent convenir qu*à des cas exceptionnels,

/". De ce nombre sont les ftenm's ineoi'fribfeH ou vicotnpfétement rMifCtibies, On trouvera, dans le chapitre consacré aux hernies inguinale et ombilicale, quelques détails sur les bandages qui conviennent aux cas de ce genre.

Les hernies paiikUemtini irréditciibh'A sont en général contenues au moyen de bandages dont la pelote présente une concavité calculée sur le volume de la partie irréductible; ces pelotes, capitonnées avec soin, sont maintenues soit par un ressort puissant (hernies inguinales et crurales), soit par une ceinture élastique (hernies ombilicales}. L'action des handutjes à peloie concave est très infidèle, presque toujours ils laissent échapper la hernie qui a une tendance constante à augmenter de volume.

Les hernies réellement incoercibles, celles qui ont perdu droit de domicile, ne peuvent plus être portées que dans des sttspensoîj^s^ dans des sacs en tissu rigide ou élastique, solidement fixés à une ceinture bien ajustée et renforcée elle-nu)me souvent par des bretelles, des sous-cuisses, des sous-ventrières. Le sac en question peut être resserré au moyen d'un lacet ou de boucles qui permettent d'exercer sur la hernie un certain degré de compression.

n. — CnOIX, APPLICATION ET PORT DES BANDAGES

On ne doit pas laisser au bondagiste le soin de désigner le bandage qui convient à une hernie déterminée; le médecin lui-même doit autant que possible spécifier non seulement l'espèce d appareil correspondant à la variété de hernie, mais la forme, les dimensions» la situation exacte de la jielote, la force du ressort.

Le bandage étant choisi ou fabriqué sur mesure, ce qui est préférable surtout quand il s'agit de bandages français, il faut procéder h son application; piiur cela, le malade étant couclié, la hernie est réduite, et la ceinture du bandage est placée autour du corps au niveau où elle doit s'appliquer; on s'assure avec le doigt que la réduction est complète et que rorifice herniaire est libre, et l'on assujettit sur lui la pelote, ï|u'on fixe aussitôt en y ratlachant la couiToic et le sfKis-cuisse.

On fait alors lever le sujet, on le fait tousser, faire elTort, marcher, et l'on 9*assure que, pendant ces actes, la pelote reste bien à sa place, et que la hernie ne s'échappe pas au-dessous d*elle. On doit répéter les mêmes essais le malade étant accroupi, on peut même essayer de lui faire soulever de terre un fardeau les jambes étant écartées; mais il est bien peu de bandages qui supportent victorieusement des épreuves de ce genre; il est vrai qu'il n'est pas nécessaire d'aller aussi loin pour que la contention puisse être considérée comme suffisante*

Ces essais doivent être renouvelés au bout de quelque temps pour constater que le bandage ne s*est pas déformé, que le malade sait le placer comme il convient, et que la hernie continue à être exactement contenue.

Le bandage ne doit être porté nuit et jour que quand on cherche à obtenir, par une contention permanente, la guérison de la hernie, ainsi qu'on peut l'espérer chez les jeunes sujets ; ou bien encore quand une circonstance particulière, telle qu'une affection de l'appareil respiratoire ou des voies urinaires, expose le malade, môme la nuit, à des efforts fréquents sous l'influence desquels la hernie pourrait sortir et s'étrangler. Il n'est cependant pas mauvais, dans les premiers temps de l'application d'un bandage, de recommander au sujet de le porter constamment, parfois même de garder le repos au lit quelques jours, surtout quand la hernie ressort très aisément sous le bandage; on voit assez souvent une hernie, contenue de la sorte, diminuer rapidement de volume, avoir une tendance de moins en moins grande à sortir et le traitement ultérieur n'en devient que plus facile.

Dans les conditions ordinaires, le bandage doit être appliqué le matin, avant le lever, pour n'être retiré que quand le malade se remet au lit. Des soins de propreté scrupuleux seront prescrits pour maintenir l'intégrité de la peau qu'il convient de saupoudrer d'un peu de poudre de lycopode ou de talc. Si la pression de la ceinture ou de la pelote était douloureuse ou faisait rougir la peau en un point, on interposerait entre elle et cet endroit un peu d'ouate.

On recommandera d'ailleurs à ceux qui font usage de bandages, de s'abstenir le plus possible d'exercices pénibles ou d'efforts violents. L'équitation, l'escrime, divers exercices du corps peuvent être permis à condition qu'on se soit assuré que la hernie est bien contenue quand le malade s'y livre. J'ai vu des gens atteints de hernies volumineuses, qui pouvaient continuer à exercer un métier des plus fatigants, porteurs aux halles, hommes de peine, boulangers, lorsqu'ils étaient pourvus d'un bon bandage.

Les inconvénients et les dangers auxquels sont exposés ceux qui sont astreints au port d'un bandage, sont les suivants :

a. Gcne et doulein^^ variables surtout suivant les dispositions individuelles, elles tiennent le plus souvent à la fabrication défectueuse de l'appareil, à la pression trop forte qu'il exerce sur un point délimité; elles sont à craindre notamment quand on applique un bandage puissant sur une hernie partiellement irréductible; l'incommodité qui résulte de Y odeur du bandage altéré par la sueur, peut être évitée grâce à des soins de propreté.

b. Il en est de même de Yérythème, de Veczéma, des excoriations qui se montrent au niveau des points de pression ; presque tous les hemieux présentent une coloration ardoisée, sorte d'érythème chronique de la peau, au niveau du point d'application de la pelote. Des applications de poudres isolantes et astringentes, à base d'oxyde de zinc ou de bismuth, rendent des services; quand ces inconvénients sont trop prononcés, il faut retirer le bandage et conseiller au malade de garder le lit jusqu'à guérison complète de la lésion cutanée.

c. Les idcérations peuvent se développer sous la pelote d'un bandage; nous avons cité des cas où cette complication avait été suivie d'une péritonite herniaire mortelle; j'ai plusieurs fois observé des eschares superficielles déter-

nURE RADTCAIJv

minées par un bandage mal fait; cet accident est à craindre chez les enfanls, on Té vite avec uo peu de {surveillance. Gosselin Ta vu se compliquer de ïélanos et causer la mort.

d. ContK>iiofi^ itifhfrtutHflioit tJc fa hemh' oi( des organe-s ronnrexes. — Polt(*) rapporte un cas où le froissement produit par un bandage avait déterminé une Apipioïte lerminée par gangrène; Scarpa (*), dans les mômes conditions^ trouva une anse intestinale ecchymosée et plus de 3 livres de sérosité dans le sac» La pression du bandage peut aussi déterminer une hématocèle du sac herniaire. Mais ce sont surtout les organes voisins de la hernie qui sont exposés aux eïiocs produits par le bandage dans un mouvement violent; le lesLicule, le cordon sperrnaliipie, les ganglions de Taine sont parfois le siège

t d'inflammations qui doivent être rapportées à celte cause. i A ce propos nous ne pouvons que mentionner les obstacles, souvent in vincibles » que diverses lésions du voisinage, adihiitr.^ cl entjonfCfïienfs fifuif/fionfuiire.^, ahcvs chauds ou froids, varices^ peuvent appoiler à la bonne contention des hernies.

e. Il n'est pas rare, lorsqu'une hernie est depuis peu de temps liien contenue, de voir une autre hernie présenter un développement ou un accroissemeni rapide chez le môme sujet; le fait s'observe fréquemment chez les nouveau-nés ehétifs. souvent aussi cliez les adultes ou les vieillards qui sont atleinls rie hernies de faitdcsse.

f. EnOu l'accident le plus grave, contre lequel le bandage le mieux fait et le mieux appli*pié ne saurait assurer d'une manière cerlaine, est la sortie et Vétraitt/ler/fettl de la hernie, étranglement d autant phis grave que celle-ci était mieux contenue d ordinaire. C est cette menace permanente, au moins autant que les inconvénients inséparables du traitement palliatif par le bandage, qui a de tous temps poussé les chirurgiens à rechercher dans une opération la cure radicale de cette infirmité.

TRAITEMENT CUHATIF. - CUllE RADICALE DES HERNIES

" Sous cette désignation, on comprend d abord tous les moyens qui ont pour but de faire disparaître la hernie, soit que la cure ainsi obtenue soit défifiitive el dispense te malade d'avoir désonnais recours à aucun appareil, soit qu elte soit préctiite, et en quelque sorte temporaieey et que, pour éviter une récidive, lopéré soit encore astreint à porter un bandage de précaution.

On étend également cette dénomination aux opérations qui ont pour eflel de rendre possible la réduction et la contention d'une hernie qui était auparavant difficile ou impossible à. réiluire et à contenir.

Enfin la cure radicale, qui s applique essentiellement aux hernies libres, non incarcérées et ne présentant pas d'accidents actuels pressants, est devenue le complément nécessaire de toutes les opérations dirigées contre les complicalions des hernies, spécialement de la kéloLomie.

{') P. FoTT, Chirurgical Workf, i808, p. 146, obs, 1, II cl III, (^ SCABPA, Lor, riL, p. 108.

La cure radicale répond donc à un certain nombre d'indications, et par elle on recherche un but variable suivant les cas ; c'est une opération tantôt curative, tantôt palliative, destinée à guérir les hernies ou simplement à les améliorer; le terme de cure radicale lui-môme est donc impropre, et il vaudrait mieux le remplacer par celui de cure chirurgicale qu'avait proposé Trélat; mais il a été consacré par l'usage.

Depuis dix-huit siècles, les opérations et les méthodes les plus diverses ont été mises en honneur puis rejetées; elles ont passé des mains des chirurgiens à la pratique des charlatans; elles ont été vantées sans mesure et condamnées avec une rigueur extrême par les corps savants et par des lois sévères ; l'incertitude de leurs résultats et leurs dangers les avaient fait rejeter au point que dans les meilleurs livres, dans les Leçons sur les hernies abdominales de Gosselin, il n'en est pour ainsi dire pas question; et cependant la sécurité avec laquelle on peut aujourd'hui s'attaquer aux hernies sous le couvert de la méthode antiseptique a fait des opérations de cure radicale une des plus sûres conquêtes de la chirurgie moderne.

Celse, le premier, avait préconisé l'extirpation du sac herniaire; cette opération parait avoir été adoptée jusqu'au iv« siècle, où, dans les fragments d'Oribase qui s'y rattachent, on trouve mentionnée l'excision du sac associée à la torsion de son pédicule. Cependant la difficulté de disséquer le sac des hernies inguinales sans intéresser le cordon spermatique, avait déterminé les opérateurs à joindre à la cure radicale la castration délibérément pratiquée. Cette injustifiable mutilation a, de tous temps, été l'une des principales causes du discrédit où sont tombées les tentatives de cure radicale.

Un édit de l'empereur Constantin punissait du bannissement ceux qui pratiquaient la castration pour guérir les hernies; cependant nous voyons la section du « didyme » par le fer, le feu, les caustiques ou la ligature, être recommandée par Paul d'Égine, les Arabes, Avicenne, Albucasis, Guillaume de Salicet, Lanfranc, l'évêque Théodoric; et Guy de Chauliac lui-même se consolait du sacrifice du testicule en disant « que de deux maux il faut choisir le moindre ». L'histoire a conservé le souvenir des excès commis par les inciseurs ambulants, comme ces habitants de Norcia, dans l'Ombrie, châtreurs et herniaires de père en fils, dont un seul, Horace, cité par Fabrice d'Acquapendente, ne châtrait pas moins de deux cents personnes par an, ou comme les bateleurs, stigmatisés par Heister, qui nourrissaient leur chien de testicules.

Le danger et la barbarie de ces procédés eurent bientôt détourné les chirurgiens des méthodes sanglantes; au xin<^ siècle, un certain Bérand MélWs inventa le point doré; depuis lors les procédés de suture ayant pour but d'obHlérer le collet se multipUèrent; tels furent ceux de Franco, d'Ambroise Par^ et la suture royale dont parle Dionis ; mais leur inefficacité, la nécessité d y joindre certaines pratiques dangereuses, comme la cautérisation du sac au vitriol, préconisée par Maget, les firent rejeter à leur tour bien avant qu^ Bordenave n'en eût fait le procès à l'Académie de chirurgie. Aussi bien, depuis la découverte de Lequin et de Blégny, les esprits s'étaient-ils tournés vers les moyens de contention dont on cherchait à obtenir le perfectionnement.

Cependant, quoique les procédés de cure radicale fussent condamnés par la

CURE HADICAI,E.

majorité des chirurgiens et rejetés de la pratique, quelque tentative nouvelle faisait apparition de temps en temp;^ et jfiuissait d'une vogue passagère. C'est ainsi qu'en 1855, (îerdy, inva^^ioant la peau du scrotum dans le trajet herniaire el cherchant à l'y maintenir par la suture, eut des succès et des imitateurs; sans parler de Lehmann. de Bruns, de Zeis, de Schuh, de Thierry et d autres qui n'apporlcrent à sa raélhoJe que des modifications sans importance, Wutzer, Hothmund, Valette, Kinluch invenlèrenl des instruments pour maintenir Tinvaginalion du scrotum dans l'anneau ; d'autreSj comme Sotteau, y joignirent des sutures maintenant en contact les parois opposées du canal inguinal; mais c'est à John Wood que revient l'honneur d'avoir transformé, en la rendant sienne, rancienne méthode d'oblitération du trajet lierniaire par !a suture; depuis I8(îr» jusqu'à Tépoque actuelle, ce chirurgien a constamment lulté pour rcmellre en hoimeur la cure radicale, et il n'a pas peu contribué à ramener les chirurgiens sur un terrain qu ils avaient depuis longtemps abandonné.

A peine la méthode antiseptique eftl-elle fait son apparition, *]uV>n vit renaîlre la conliance dans les opérations curativcs : Czerny^ Nusshaum, Socin, Lucas-Championniére, MitchcU Banks. Barkcr, Tilanus, J. Revcrdin, donnèrent le signal d'un mouvement auquel s associèrent bientôt tous les chirurgiens. Api es de nombreuses communications et d'importantes discussions qui onl eu pour ellet d'en fixer les résultats cl d'eu établir les indications, la cure radicale des hernies fui admise au nombre des opérations courantes.

Après ce court aperçu de rhistorique que Ion complétera par la lecture de l'admirable introduction dc^nt Malgaignc a fait précéder réditiou des (cuvres d'Ambroise F^aré et de la remarquable thèse d'agrégation de P. Segond^ il ne nous reste plus qu'à indiquer les plus importants des innombrables travaux qui, dans ces dernières années, se sont multipliés sur ce sujet :

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f Sfévr, 1866, p. tn.-- tbifL, 3 juin t8(!(i, |j. 689. - lùid., 1877, 1. 1, (j, H5i. — /6iJ., 1878, t. U,

Ip. 184, — lOîd., tîOaoût 18«t p. 3''i2 *"L uiai 1882, |k 782. — Du méwi:, t>ecUircs un heiBi.i une

'ils radical cuit, liritish mfid.^Jotnnat, lKKr>, L ï, ]u H85, l'IT^'i, tllïK Lt>ndoii, IHK6- — JIax

SçiiE!>E, Cfittndfdatt fiir i'hir.^ iK77* jk OH^. — CziiîNv, Wif'ner med. Wotitensehrift^ 1877,

I n** 21 cl 24, eL Ueiirùtjf mr uperaL Chir, SluLtiçarl, iëjK, jk 1 38, et Centratidatt f. thirHrf}it%

i895, p. 44». — SociN, iorr.-ti. fur »rhw\ Aerztt% 187K. — ,L RKVtHiiiN, ilevtte méd, de Ut Suisgr

rom., 1881, p. 44 el 171. — itdd,, l^janv. 1882. — tind,, avril 1885, p. 2S7, H fhiU. de ta Soc. (ie

\thir., 1884, 1. VU, p. 208. — ScitWALi^K, Deul&cfie ttn-d. Wwhens^^hrift, 1870, L II, ir38; 1877,

n- 15, cl CetUramail f. CVtii., 188), p. G»H el 1882, Oeilagc, p. b\K — J. LuCAS-CuAMrroNMfeHi:,

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1887, el Jouniat de méd, et dcrhir., 1888, p. 577. — VwL St:c;o%u, Thè^e d^agrég. de PaHî^*

188.*. — J. Andehego, Deutsche ZciUvhr, fiir Chir., XXIV, H. m et iv, 188tK — C.-li. Ball,

Mjtchlll B\>kî^, Abtiich a, Barker, Juhn E. Baut^kx, Johx Gihene, S. W, ExleRj B. lie

Gaumo, Ke>dal FrtAtNKs, CuRirtTt:ii>ui;j! IIeatm, Vincent Jackson, B.-C. Keetley, K, Kï'»TEit,

' Chaules Mac Burney, Willtam Mai.ewen, K. Mayde, Nicaise, Htsiitov Parkeu, Biehe-

tOT, MaYO BoBSON, ScjNNENDLIRti, \V. TUOKNLEY StOKER, \V\ StoKES, \\\ DL'^^ETT SPAN- Tl»\ SVENsii*0>: el EhUMANN, LaWsON TaJT, TeHRIEU, WaHD COLi^lNtj, BODERT V. Weuî.

Yoy. Paul Berger, Cure radicale des hernies. Hevut^ des At\ méd.^ 1888, t. XXXil. p. 670. — iiociéli^ de ehir. de Paris; discussion. BhU. et jném. de la Soc. de dur., 1887, l. Xlll, p. 641 ù 712- — Congréi fraur. de f/i/r., 3» sessiun, 1888, p. llil-192. — Brilisli ined. Assoe.; diseusision. British med, Jotirn.^ 1887, t. Il, p. PiU7, ~ Ciiarlehi Barrett I^wckwouu, îlrithh med. J&urti,^ 1889, t. I, 21» jtîin. — Acad^inic de mérL de New- York, 21 Fevr. Iw80, ^ Boyal Fiiedienl "fttiâ chirurg. Sociely, 8 avril iWiH). lirili^sh med. Journal 181M), L I, p. 84U. — E* i^TAîiMOfiK Bisnop, briiUU med, Jonrn,, LS9D, t I, p, 884. — Ernest Kjngsuote, ///îJ,, p. Ï48i. — Lac en STEiN» TRENi>tLENBCRG, Neunzehuter Congress der deutschen Gcselîsch. fur CUiîr., 181)0. — F. WoLTEB, SammL fdin. V'orlrnoe, 18911, n* 360. — E. Babsini, Arch. fiir ktin. C/u>., 1800, UXL, p. 420. ~ Haiïs, ùi'tiiHche Zeitschr. f(»r ifiir., 18111, t. XXXlï, p. 325,

Les moyens employés dans ces derniers temps pour obtenir la cure radicale des hernies peuvent se rattacher à trois méthodes qui comprennent un certain nombre de procédt^s et de modes opérai oires: ce sont : 1" la méthode des injections périherniaircs; 2" robhléralion du Irajet par la suture sous-cutanée; 5" Topération proprement dite, comprenant l'incision de la hernie, Fisolemenl du sac, IViblitcralioo de son collet par la ligature ou par la suture suivie de l'extirpa lion ou de la lixation dans rabdomen du sac ainsi traité ; îl faut y joindre la suture h découvert du trajet herniaire et la constitution d'une cica triée pariétale capable de s^opposer au retour de la hernie.

De ces trois mélïiodes. les deux premières ne sont applicables qu*aux bel nies réductibles; la troisième, h laquelle se rallachent aujourd'hui tous 1 chirurgiens, s'adresse a loules les hernies, réductibles ou irréductibles, libres ou étranglées. Mais, avant d'en indiquer la Icchnique, les résultats, les iod*eations, il convient d'examiner ce qu'on est en droit d'attendre de reflbrt curalifde la nature aidé par l'emploi méthodique des bandages.

I. — GUÉRISON SPONTANÉE DES HERNIES. — Cl lïE RADICALE PAR LES B\?a>AGES

La guérison spontanée des beroies rongénitales, traitées ou non par TappL cation des bandages, est un i'ait trop connu pour que nous y insistions ; on en trouvera d ailleurs les preuves dans les chapitres consacrés aux hernies iogni nales et ombilicales; la principale est fournie par lu très grande fréquence di ce genre de hernies dans le jeune t\ge et le très petit nombre de cas^ chez l hemieux adultes, où rorigine de la hernie puisse être suivie jusqu'à Tcnfance Les causes qui favorisent celte guérison spontanée, et que nous nous bornons à mentionner sominairemenl, sont la tendance naturelle à Toblitération d'une communication temporaire qui avait favorisé l'apparition de la hernie (com] la communication péritonéo-vaginalc dans les hernies vaginales cong'énitales), l'accroissement rapide de la capacité abdominale pendant Irnlance, le poi déplus en plus élevé auquel correspond rinsertion raésentérique de rinlestj] {Lockwood). Le traitement par les bandages vient an secours de celle leo-' dance à la cure spontanée.

Mais jusqu'à quel âge la guérison d'une hernie par une contention exati peut-elle être espérée? < L'expérience nous apprend» dit Richter, qu'on pei presque toujours obtenir la cure radicale des hernies des jeunes sujets ef *i r.eilpii qui sont j\kenfcs par l'usage des bandages, tandis quV>n l'obtienl rare^ ment dans les adultes et dans les anciennes hernies. Quand le malade ei au-dessus de vingt-quatre ans, il ne doit plus espérer, dit Garengeot, de , radicalement par Tusage du bandage. Cependant Heisler avance que les adultes ne sont pas sans espoir de guérison si la hernie est récente et petite, t De fait une guérison, apparente au moins, si elle n est pas fréquente, peut ^tr» obtenue par le port régulier des bandages, même cïiez les adultes : on peut citer sur ce point les autorités de Malgaigne, de Le Fort, de Cbiene» « Ûao» tous les cas récents, dit ce dernier chirurgien, le bandage doit i^ire appliqué, non comme un simple palliatif, mais en vue d'obtenir la cure. Plus le sujet est ieune, plus grandes sont les cliances de succès; mais une fois que lo hernie a

CaRE RADICALE. 651

Hé réduite, on ne doil plus jamais lui permcUre de sortir. > De Garmo, chargé du Irailcment dos hernies h îa poHelinique de New-York, a reeueilU sur ce poiiiL [des ehilTres pleins d'inlért^t ; sur l'iori cas de hernteH qu'il a traitées et suivies h cette iuslilulion, et dont ttfi seulement étaient des hernies du jeune âge, .j5(î, phis du quart, furent guéries par les bandages. Ces malades, considérés comme guéris, étaient restés six mois au moins sans porter de bandage et sans récidive; \ÛT) malades portaient un bandage plus léger qu au commencement du traitement» 5 furent renvoyés pour refus de traitement» 87 ne purent être suivis. Je pourrais joindre à ces chiffres le résultat de mon expérience à la consultation des bandages du bureau centraL Les travaux de quelques chirurgiens militaires allemands sont plus récemment encore venus confirmer ces données ('). Villaret surtout a cité des cas de hernies inguinales récentes, brusquement survenues chez de jeunes soldats, dans un effort, et guéries après une application de bandages, On ne saurait méconnaître le caractère précaire de semblables guérisons; mais celles que donne ropéralîon sont-elles beaucoup plus certaines? En tous cas, il y a là des faits dont il faut tenir compte.

Jusqu'à quel âge peut-on obtenir de ces guérisons? Reneaulme de Laga* ranue a vu un homme de soixante-dix ans guérir par le seul repos; T'abrice de Hiblen a oliservé un vieillard de quatre- vingl-dix ans qui, retenu au lit six semaines, se trouva guéri de sa hernie lorsqu'il put se lever. Ce sont là des cas tout h fait exceplionnels ; Malgatgne même va trop loin lorsqu'il admet que le port des bandages peut donner un bon nombre de succès jusqu'à trente- (inrj ans. Il est certain que la tendance à la cure spontanée, aidée par les l)andages^ diminue très rapidement avec VAge. On peut résumer ce que nous savons sur ce point dans les propositions suivantes :

Chez les enfants et les nouveau-nés, les hernies congénitales simples peuvent et doivent guérir par le port régulier des bandages*

Chez lesjeinies sujets et même chez des adultes jeunes, des hernies f/e force^ lorsqu'elles si>ut récentes, peuvent encore guérir par les mêmes moyens.

Les chances de guérison diminuent rapidement, suivant que le sujet est plus Agé, les anneaux plus larges, la hernie plus volumineuse et qu'elle est sorlie plus souvent.

Pour obtenir la guérison^ il faut que la hernie ne ressorte plus à partir du commencement du traitement; il faut par conséquent que le bandage soit porté jt>ur cl nu il.

Si, au b«ïut de quelques mois de ce traitement, la hernie présente la moindre tendance à ressortir ou même si le doigt ^ placé sur rorilîcc herniaire» sent encore de l'impulsion dans la toux, on ne doil plus compter sur te succès.

En pratique, chez les enfants, la guérison radicale des hernies doit être recherchée et est le plus souvent obtenue par le port régulier des bandages.

Chez les adolescents, elle peut encore être rechercliée et oblenuCi mais avec beaucoup moins de tdiances de réussite.

(•) Villaret, Wiener med. Btnlicr, 1889, t. Xlt, p. «9, et Dt'uisehe nHlildrdritL ZdHchrift, \9m, n* 12, fj. :m. — Gaude, IbkL^ 1880, XVIII, p. 569 575, — La>tz, Corr^^BL fur schiveitser AtnU, 1880, 1" jïiifi p. 3i3.

A partir de Tâge adulte, on ne doit plus compter sur elle, quoiqu*on pût encore la voir se produire si on la recherchait avec assez de persévérance.

On a proposé, dans ces derniers temps, d'employer le massage et la gymnastique suédoise à la cure des hernies (*). Ces moyens, en fortifiant les parois de Tabdomen, pourraient avoir une influence adjuvante sur la guérison, mais il n'y a rien de démontré à cet égard. Dans les premiers temps, au contraire, oo recommandera plutôt un repos relatif, et Tabstention d'exercices violents aux sujets chez qui l'on cherche à obtenir la cure radicale d'une hernie par lapplication du bandage.

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