RESULTATS DE LA CUHE RADICALE
1° ih'ftviU* (Je iopèraiion; moriaiilé, accidents. — yuoique les statistiques ne puissent donner qu'une idée imparlaite et souvent erronée de la valeur d'ufif opération, crlles (jui portent sur les résultats de la cure radicale établissent d'une manière positive : a. que la inorlalîté inhérente à l'opération a diminué d*une manière constante à mesure que celle-ci a été mieux connue et plus souvent piatiquée ; h, que cette mortalité est minime et qu'il appartient presque au chinu'gieii tle la réduire à zéro.
Tilanus, en 1871*, a publié une statistique de 7*J cas, comportant une mortalité Je 11 pour 100; Leisrink, en 1HK5, sur 194 cas, a relevé 1U,8 pour lOO de mortalité; celle-ci se réduit à o,!) pour 100 dans la statistique de 5*» cas de Socin, donnée par Andercgg en 1880. En réunissant un total de 900 cas communiqués h Iftc BriiUlt tnrdivnt Asi>ocialion, auCont/rèsde chirHnjw (Wiurals^ et emprunta à divers auteurs, j'ai trouvé le même cliilïre en 1888. Pourtant Kocher (de Berne) (')J'année suivante, sur \^2 opérations, accuse 4 morts,soit 9,5 pour IC de mortalité. Les statistiques les plus récentes sont de plus en plus fava râbles : E. llahn('), de Fricdriehsliain, a pratiqué M cures radicales ave 1 sente mort; Max Schede(^) en a eu 2 |)our le même nombre d' opérations ;1 Lueas-Clmmpionniére (\), en 1888, a publié la relation de 120 opérations, docitl 1 seule suivie de mort; lîassini na eu qu'un décès sur 216 cas; Barkerl*)ii communiqué à la liotjai médical iindchiruriiiraf Socielt/ une série de 5U opéralions suivies de succès; el^ dès 1887, Svensson et Erdmann avalent publié] leur pratique, comprenant lltî cas sans accidents mortels.
En examinant avec soin ces statistiques, on ronsUite que les accidents presque toujours été observés chez des sujets très âgés ou sur des enfanta etT bas âge, chez des individus en mauvais élat de santé générale et porteurs iJe bernies volumineuses. Les statistiques les plus favorables appartiennent f»
(*) Ernest Mayor,
TliètsC iimug. de Borne, cl Hevue méd. de la Suiêêe romande^ ISUd, lH
{*) Coii>i tterUner klin, Wmheftschrift, I8H8, n- 32 et 53.
(') WoLTER, Sainmiung kiin. l'ortràtje, iHUtI, ii" 5t>0.
(*) La sUilisHijue cuiii|jlêle de imLrc coUègur ci>m|jte pctUcVlcmcnt Î54 cur<^s mascM de Ueraieïri a{)|>arlenanl h toulcy les variétés; clic comprend 2 morts, l'une par cotii;«gltM imlmcniîiîre, l'uulre pnr élrangtrmcnl iatenie croasccutif à ropération. Ce dcmierVût pn élre levé par une laparotomie. Ma propre pratique porle sur près d'une centaine d'upèn* lions pour des hernies non tHranj^lées*; je n*ai pas ea de cas de mort jusqu'ji prèscot,
(^) Uritiah med.Journ., 12 avril \m\ p. 8i0.
idiGÉifl
CURK RADICALE. 6S9
effet aux chirurgiens qui opèreni tie préférence les pelilcs hernies sur ilc jcLiiics sujets; c'est dans cette catcgorîc que reiilraient KO pour 100 des cas opérés par Svensson et Hrdmûiiii, et JO*J des 'i^ï hernies upén'M:^^ par Bussîni. Les cau^ffS fis (frmnté de 1 opération sont donc le yro^ t^oiume et Vm^értuciiinfilf àe la hernie, r%c du sujet, que celui-ci ait dépassé la soixantaine ou qu'il soit ùgé lie moins de cinq ans, les opérations pratiquées aux âges exlréiuesde la vie présentant une plus grande ^^ravité; enfin ccrtairu^s alîeçlions organiques et principalement les maladies de l'appareil respiratoire.
Il ap(>aHieni au clurur|j^îen d'écailcr les plus redoutahles îles accidents qui puissent survenir à la suite clç ces o[»ératîons: la prntnnite srpfîtjue primitive ou consécutive à la suppuration du loyer opératoire ne s*ol>serve plus, grâce à la réalisation strictement antiscptifpie de ractc opératoire. On n*éviLe pas toujours Vitrcitmfilfitifm df li(fuiffr derrière les sutures^ ou même une suppuralion circonscrite ; un peu de surveillance suffit à empêcher que ces complicalions ne deviennent un danger. Les complications locales les plus sérieuses tiennent h la 6Ms.sï/rc tf'ftfi orffnfit^ voisin de la liernie (canal déférent, artère sperinatique) ou contenu dans sa cavité (intestin, vessie) ; yai vu des fistules urina ires ou stereorales se produire h la suite de Topera tion et guérir spontanément dans ce dernier cas; dans le premier» on a pu être contraint (Lucas- Cdiam|»ionniére) de pratiquer la castration.
Lucas-Championnère a vu trois fois des occlitsioi}^ hilestinrtk'.^ se produire à la suili'de Topération; la laparotomie lui a permis de guérir ses malades. Dans ^^iiu quatrième cas où cette opération ne fut pas pratiquée, l'opéré suecomba. ^B Les dangers les plus sérieux, parce qu'ils ne dépendent ni de l'habilelé du ^fthirurgîen ni des précautions dont il s'entoure, sont ceux (]ni dépendent des Wfcomptirf^tiotf.'i pitlmoiiftirc^i^ congestion, hroncho-pneumouies consécutives à I* opérât ion, du .s'Aoc/iT opératoire^ du délire akoolique chez certains sujets; mentionnons encore comme accidents exceptionnels possibles la mort par le chlorotormc et l'asphyxie causée par le retlux des vomissements dans les voies aériennes (Kttster)(*). On doit toujours surveiller avec soin l'état de la poitrine chez les opérés de cure radicale, et^ au moindre indice de complications, agir énergiquement au moyen d'applications de ventouses et par l'administration large d'alcool à l'intérieur,
t'' HéHultat^définitîfs, siirrès et récidive.^, — Les récidives, quand elles doivent se produire, surviennent dans les six mois ( Lucas- Cham pion luère), moins d'un «in <Socin, Mitchell, Banks) après ropération; le chifiVe de celles qui ont été constatées (8 ou 0, sur ll'O opérations, pour Lucas-Championniére; 7 sur tel opérations, pour Ba9SÎDi)est certainement bien au-dessous de leur proportion réelle, estimée à 5t3 pour 101) par AnJerssen (de Zurich), à 5îl pour fOO, 1^^ par Sociu, à 25,i) pour 100» par Wolter, à 'il pour ItJO par Erdmann cl ^p Svensson); la plupart des résultats ne sont pas suivis pendant un temps sufG- ^ sanl pour qu'on puisse se prononcer sur le caractère définitif de la guérison. ^^ l^)urtanl Socin a observé un résultat durable sur 85 des 155 opérés qu'il a ^P pu revoir plus d'un an après la cure; Svensson et Erdmann, dans les mêmes ^F^ conditions, ont relevé 58 guérisons sur 48 sujets ; sur 58 opérés de Schedc,
(M Kii8TEli» Centralhlall fut Chir.y 1890, n" 30, p. 689.
Wolter a noté 41 succès définitifs; Bassini, sur 251 cas, accuse 108 guérisons observées plus d*un an, 53 plus de six mois après Topération.
Dans les cas môme où le malade ne peut se passer de bandage, ropération est suivie d'une amélioration notable, résidant dans une contention plus complète et plus facile de la hernie.
Les conditions qui favorisent le succès opératoire et diminuent la gravité de ropération, en assurent également le résultat définitif. Les petites hernies, sur de jeunes sujets, dont les anneaux ne sont pas encore dilatés, réunissent les meilleures chances de succès. Bassini cite 'plusieurs de ses opérés qui ont été déclarés aptes au service militaire, et Tun des principaux mérites de la cure radicale est de pouvoir rendre à l'activité professionnelle, aux carrières militaires, maritimes, coloniales, un certain nombre de jeunes gens qui en auraient été exclus par leur infirmité.