‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 184 sur 236 · UI · texte numérisé non relu

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SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

qu'ont obleïius certains chirurgiens, nolammenl Nivet, Jules Cloquct, Maîgaigne^ dans \s\ recherche de la fri^quenec relative des hernies crurales et des hernies iuguinales chez la femme; on doil à Malgaignc d'avoir préeisé les principaux caractères qui peuvent, dans les cas difficiles» donner la solution de la question; voici ceux sur lesquels on pourra se fonder avec quelque certitude :

a. Après avoir tiré une ligne de Tépine iliaque anléro-supérieure à l'épine du pubis, si la plus grande partie de la tumeur se trou%'e au-dessus de celle ligne, ou a aiïairc à une hernie inguinale : si elle est située au-dessous de cette ligne, la hernie est une hernie crurale,

h. On cherchera le pédicule de la hernie : si, après l'avoir trouvé, on détermine sa situation jmr rapport à ceUe nit^me ligne, on constate qu'il est situé au-dessus ou au-dessous d'elle : dans le premier cas, la hernie est une hernie inguinale^ dans le second, une hernie crurale.

c. Dans la hernie crurale, le pédicule est situé en arrière de la tumeur et il se dirige directement d'arrière en avant; dans la hernie inguinale il se trouve en dehors et en haut et remonte obliquement vers la partie moyenne de larcade de Fallope,

d. Lorsque la hernie est réduite, le <loigt qui refoule les enveloppes de la hernie peul s'introduire dans le trajet herniaire et apprécier sa direction. Si, en le portant aussi loin que possible en arrière, on sent au côté externe du Irajet de grosses pulsations artérielles, on peut ^tre certain qu'il est engagé dans le canal crtuvil et que la hernie est une liernie crurale.

«. Enfm, lorsque la hernie est réduite, on porle le tloigt jusque sur l'anneau inguinal externe en refoulant !a peau de la grande lèvre, et Ton fait lever la malade en l'engageant h faire quehiues elTorts, Si la hernie est une hernie crurale, on la verra ressortir sansquo le doigl, jvlacê à l'orincc externe du trajet inguinal, ail été relire, et sans qu'il ait senti d'impulsion ou qu'il ait eu notion de Tissue des viscères.

Nous devons le répéter néanmoins, chez les femmes très chargées d'embonpoint, dont rareadc fémoraJe est relâchée et dont la paroi abdominale retombe sur la région supérieure de la cuisse, ce diagnostic peul présenter de telles difOcultés qu'il ait paru même insoluble dans quelques cas à des observateurs de la valeur de Nivet et de Malgaigne,

TIUITÉ DE ClURURfilE. — VI ^

Fm. ItO.

Ê norme licroie crursile irrëdliirtible. (Deroubûix.)

754 HERNIES CRURALES.

On observe à la région crurale deux sortes de tumeurs herniaires irréductibles, bien qu'elles ne déterminent pas d'accidents; ce sont ou des épiplocèka adhérentes ou ces lipomes qui se rattachent si communément à l'évolution do sac herniaire dans les hernies crurales. Ces tumeurs ne peuvent guère être confondues qu'avec l'engorgement chronique de quelqu'un des ganglions lymphatiques qui occupent la même région. La constatation d'autres ganglions engorgés, soit du côté opposé, soit au-dessus de la tumeur, dans le triangle de Scarpa, soit dans la fosse iliaque, la recherche de la cause de laquelle dépend la tuméfaction ganglionnaire, la consistance particulière que présentent ces ganglions, plus durs, moins souples que l'épiplocèle ou le lipome herniaire, enfin l'absence de pédicule pénétrant en arrière de la tumeur dans la partie interne de l'anneau crural, permettent de conclure à l'existence d'un engorgement et d'exclure l'idée d'une hernie.

On s'attachera surtout à la recherche du pédicule de la tumeur, et à la sensation d'impulsion qu'on perçoit presque toujours en embrassant celui-ci avec les doigts lorsqu'on fait faire quelques efforts au malade. Ces caractères, joints à la consistance souple et finement lobulée que la hernie irréductible donne aux doigts, suffisent à la faire reconnattre. Quant à préciser s'il s'agit d'on lipome herniaire, d'une épiplocèlc adhérente ou, dans certains cas, d'un kyste sacculaire, c'est ce qu'il est presque toujours impossible de faire par le seul examen physique. Le commémoratif indiquant qu'une grosseur, apparaissant et disparaissant par intervalles dans l'atne, est devenue depuis un temps plus ou moins long permanente, pourrait faire conclure à l'existence d'une épiplocèlc adhérente; il fait le plus souvent défaut. La précision du diagnostic, en pareille matière, ne présente d'ailleurs que peu d'intérêt pratique.

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