‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 208 sur 236 · HERNIE LOMBAIRE · texte numérisé non relu

HERNIE LOMBAIRE

chinson semble néanmoins confirmer ropinion soutenue par Grynfelt, Lesshafl et tiayer.

Quoi qu'il en soil^ ces orifices ne présenleni pas, au doigt qui les explore, un contour fibreux net; il ny a le plus souvent pas danneau k proprement! parler. La hernie elle-même manque souvent d*enveloppes extérieures et elle se trouve presque sous-cutanée; d'autres fois, ainsi que Ta constaté Ravatoa au cours d'une opération, elle est revêtue d'un plan de fibres musculaires.

Ilutchînson, en disséquant une hernie lombaire, ne put retrouver le sac, soit que celui-ci se fût réduit dans labdomen avec la hernie ou qu'il n*existât même pas; un certain nombre de hernies lombaires paraissent en effet n'être constituées que par des hernies graisseuses (Marmisse); les côlons ascendant ou descendant peuvent également y prendre part sans refouler devant eux le péritoine. Le plus souvent néanmoins ces hernies possèdent un sac périlonéal renfermant de ré}>iploon, une partie du gros intestin et môme de Tintestin grêle (Havaton, Hume). Dans un fait de Monro, les deux reins, dans lobservation de Bayer, l'un d'eux, paraissaient s'engager dans la hernie.

On ne saurait considérer comme une hernie lombaire véritable les faits comme celui qu'a publié Péan (*), où un anus contre nature consécutif à une colotomîe lombaire avait donné lieu à un prolapsus volumineux de l'intestin^

Étiologie. — On connaît trois cas de hernies lombaires congénitales; ils ont été observés par Monro, par Colles et par Basset; un vice de développe* ment de la paroi abdominale paraissait en être Torigine, Chez les jeunes sujets et les enfants ces hernies sont rares; elles succèdent presque toujours à des abcès par congestion (Campbell, Wolfî, Bayer) qui leur ouvrent la voie; le développement d'une hernie lombaire à la suite d'abcès développés dans cette région a été observé, même à un âge avancé, par Braun et par Duplay.

Sur 29 exemples de hernies lombaires incontestables réunis par Braun, 20 étaient d'origine spontanée, 9 succédaient à un traumatisme, le plus souvent à un coup violent porté sur la région lomhaire. Sur 20 cas de hernie spontanée, celle-ci siégeait à gauche 8 fois, 4 fois à droite; 2 fois elle était bilatérale, enfin dans 6 cas le côté auquel elle appartenait n'était pas indiqué. Les sujets alTectés appartenaient en égale proportion au sexe masculin et au sexe féminin.

Comme causes prédisposantes on a encore signalé des grossesses répétées, les efforts de toux, l'alTaiblisseraent produit par une maladie. Dans le seul cas que j'aie observé, la hernie s'était développée chez un homme atlciot d'une scoliose très prononcée et chez lequel, du côté opposé à la déviation vertébrale, les deniières côtes touchaient la crête iliaque; le peu d*espace qui restait libre avait donné passage à une hernie lombaire qui était probablcmeût une hernie graisseuse.

Symptômes. — Diagnostic. — Accidents. — La présence d une tumeur molle, présentant de Hmpulsion dans la toux et les efforts, généralement sonore, parfois mate et pâteuse, réductible avec une sensation de gargouillement ou de crépitation spéciale, et siégeant à la région lombaire entre

(*) PÉAN, Clin, c/iir., L Vil, tROO, p. 621,

IIEHXIE LOMBAIUE. 809

Mes dernières cùlcs et la crêle iliaque, suffit à caractériser la hernie lombaire.

[Quand la lumeur est réduite, les doigts s'engagent dans rorifice qui a donné

issage à la hernie c[ peuvent reconnaître si celle-ci s'est faite par le triangle

r J.*L. Petit» par te triangle lombo costo-abdominal supérieur de Grynlelt et

^essbaft ou par <iuelque autre point du voisinage.

Aussi la hernie lomlmire ne semble-t-ellc pas au premier abord pouvoir pi'^^ter à des erreurs de diagnostic ; cl pourtant dans deux cas, l'un dû à Coze ('), l'autre h Dolbean ('l, une tumeur de ce genre a été prise pour un abcès migrateur; dans le cas de Dolbean même, la tumeur fut incisée, rintesliu fut ouvert el il en résulta une fistule slercorale qui, néanmoins, guérit spontanément- ^^ Dans un autre cas observé par Coze, une hernie lombaire fut prise d'abord ^Bpour une hernie musculaire.

^B Je n'insisterai pas sur les signes qui permettront d'éviter une confusion qui ^■ne serait jamais commise si Ton songeait à la possibilité d'une hernie dans la ^^égion en question, si Ton considérait qu'un abcès présente toujours de la fluctuation, que la tumeur lombaire coïncide le plus souvent en pareil cas, avec une tumeur abdominale et qu'on peut renvoyer de Tune à Fautre la sensation de flol, enfm que la réiluclion et la réapparition de la tumeur ne présentent pas les mêmes caractères quand on refoule dans la profondeur une collection liquide qui a traversé la paroi abdominale ou quand on réduit le contenu d'un sac herniaire. Inutile de dire également qu*une tiernie musculaire ne présenterait ni réductibilité réelle, ni la possibilité de trouver un orifice creusé dans la paroi abdominale à la suite de la disparition de la tumeur.

Pour ce qui est du contenu de la hernie, on sera souvent obligé de rester dans le doute; la niatité, la consistance lobulée^ la sensation de crépitation spéciale qui accompagne la réduction, feront penser à une simple hernie graisseuse; la présence du côlon ascendant ou descendant pourrait être

^fcdécelée par l'administration d entéroclysmes.

Dans un fait observé par Basset ('), la hernie avait d'abord été prise pour un lipome ordinaire; il s agissait probablement d*une hernie graisseuse.

La hernie lombaire, dans un certain nombre de cas (J. Cloquet, Marquez, Triponel, Grynfelt)» déterminait des troubles fonclionnek^ des coliques et mémo des vomissements que faisait cesser la réduction de la tumeur.

Des accidents d' étmmjhment furent observés dans les cas signalés par

Garengeolj Ravaton, J.-L. Petite Schraube et Hume. Dans le fait de Garen-

gcot (*), Fétranglement se termina par la mort; dans celui de J.-L. Petit (■)»

llssuc de la complication n'est pas connue. La hernie fut réduite au bout de

quelc{ues jours par le taxis, dans l'observation de Schraube (•). L'opération fut

pratiquée dans les cas de Ravaton (') et de Hume ("} : dans le premier Topéré

guérit ; dans le second où rintcstîn, étranglé par une bride, élait gangrené et

où il fallut pratiquer un anus contre nature, l'opération fut suivie de mort.

(*) Coze, Revue méd. de l'Est, 1874, l. 1, p. m.

(«) DoLBE\LS Thèse de Paris, 1869, p. U (cilé par Billclou).

(^) Basset, Union méd., t864, p. 578,

(*) Gabenceot, Traité c/m opérations, 1731, t. ï, p. 309.

(*) J.-L. Petit, Traité des maladies chirurgicales, 1783, t. II, p. 256.

(*) ScuRAtTïiE, î'remsiêche med. Zeilitng, 1H63, p* î265.

f) Ravatos, Traité de» ptaies d armes â feu, 1750, obs. 00, p. 2i7.

^) GAI . liuME, Brii, med. Jounu, 13 juiltet 1880, p* 73.

810 HERNIE OBTURATRICE.

Traitement. — Quand la hernie présente des accidents d'étranglement, nul doute qu'il ne faille pratiquer la kélotomie le plus promptement possible, si la réduction n'a pas été obtenue par le taxis en temps opportun. L'opération sera faite suivant la méthode ordinaire; le débridement sera pratiqué à ciel ouvert, dans l'étendue nécessaire, afin qu'on puisse saisir et lier les branches de l'intercostale inférieure ou des artères lombaires qui pourraient ôlre intéressées.

Les hernies lombaires réductibles sont maintenues au moyen de ceintures pourvues d'une pelote lombaire ou, mieux encore, d'un véritable bandage à ressort, mais on en viendra de plus en plus à les soumettre à l'opération de la cure radicale, lorsque les conditions d'âge et de santé générale du sujet permettront de la tenter. La seule opération de ce genre dont nous ayons connaissance a été tentée par Ed. Owen (*), qui se contenta de fermer rorifice herniaire par la suture après avoir refoulé le sac dans le ventre sans l'ouvrir. Il vaudrait mieux, en pareil cas, réséquer le sac après avoir fermé son collet par une suture en surjet ou une ligature en chaîne, puis suturer par étages les plans musculaires et fibreux de la région lombaire et les téguments.

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