‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 223 sur 236 · B. — ANUS SPONTANES COMPLIQUES · texte numérisé non relu

B. — ANUS SPONTANES COMPLIQUES

jo Complications locales. — Uoripce cutané peut ôtre en pomme A'arrosoir ou accompagné de décoUements (abcès de voisinage).

L'orifice cutané peut ôtre très large, complication grave qui expose à l'invagination des deux bouts, au prolapsus de la muqueuse ou même à la hernie des

Fi G. I2y,

Anus fontrc nalun.' ovee invnginnn<^ii crtn^^îdérablc des deux Imiils. (Ubaerv.illoii de Tit'lal cl Cîm\m\.)

pas courl et direct, mais creusé obliquement dans répaisseur de la paroi abdominale avec décoUcmcnis plus on moins profonds on étendus.

Du eôlé de Vitih'^^tffi, on peut Irouver plnsifurs orifices inteslinaiix siégeant sur le boni 9Uj)énenr- Parfois l'oriiiee iiileslinal est ïiépare de la peau par nu vaste cloaque où séjonrneni les matières, on par une cavité d'abcès qui hiii communiquer l'intestin avec FinLérieur.

Dans nn cas de Sédillot, une anse double ayant été comprise dans une hernie gangrenée, on IrouvaiL quatre orifices débouchant à la peau.

Hiîtuécisseml:nt de l'intestin. — Le rétrêrisnemeni du boni su pi^rtetir 0^,1 très rare; je lai cepen<buil conslalé dans deux cas où il s'agissait de hernies ombilicales gangrenées (Oi)servalion de Polainon-Chapul» in Thèse de Philippe et de Terrillon-Chaput, Mvitioire sur fentéroatuisloiiiose). Le mécanisme de ce rétrécissement est en rapport avec un anneau étroit que la gangrène herniaire n'a pu entamer ni agrandir et avec la présence de masses graisseuses volumineuses contenues dans rintérieur on à la surface de la hernie, comme on les rencontre si accentuées dans les hernies ombilicales d*iui certain volume: le sphacéle partiel de ces niasses est suivi d'une élirninatii>n et d'un travail de rétraction cicatricielle qui rétrécit encore les orifices intestinaux.

Les deux observations que je rappelais étaient précisément des cas d'anus ombilicaux. Dans le second cas, Torifice du bout supérieur mesurait à peine 4 à 5 millimétrés de diamètre.

Le bout inféneur se rétrécit beaucoup plus souvent que le supérieur; le rétrécissement va souvent jusqu'à l'oblitération. 11 reconnaît comme causes toutes celles énumérées précédemment. Il faut y ajouter encore]^la compression exercée par le bout supérieur qui, constamment dilaté par les matières, aplatit son voisin contre l'anneau insuffisamment débridé. Mais cette cause serait impuissante à expliquer l'accolement des parois s'il ne se produisait un travail d'ulcération, de nécrose superficielle de la muqueuse intestinale au voisinage de l'anus contre nature.

J'ai constaté deux fois ce processus d'ulcération et de soudure sur deax vieilles femmes du service de M. Polaillon.

L'oblitération du bout inférieur a été observée dans 16 cas (Velpeau, Laugier, Bégin (*), Chaput (5 observations), Gunther («), Gaillard ('), Riedinger H, Kaufmann (»), Maisonneuve (•), Julliard, Bouilly.

Le bout inférieur peut même, dans certains cas, présenter une situation anormale; dans un cas de Velpeau (^), le bout inférieur était éloigné de plus de 1 pouce de la paroi abdominale à laquelle il était rattaché par répiploon et les fausses membranes formant une sorte d'entonnoir jusqu'à l'ombilic.

Dans un autre cas de Velpeau, les deux bouts se croisaient en X, le bout inférieur oblitéré s'arrêtait à la partie inférieure et interne de l'anneau inguinal interne.

Dans une observation de Laugier, on signale encore le même entre-croisement des deux bouts. EnHn, dans certains cas, on a noté la présence d'anses intestinales interposées dans l'angle formé par les deux bouts; complication redoutable pour l'application d'un entérotome.

2* Complications à distance. — On n'observe guère dans les anus spontanés d'obstacle matériel au cours des matières, tel que tumeur de l'intestin, rétrécissement, tumeur abdominale comprimant le bout inférieur. Toutefois il faut se rappeler que le bout inférieur qui ne fonctionne pas se rétracte, s'atrophie et arrive à la longue à ne pas dépasser le volume d'un porte-plume sur toute l'étendue du segment inférieur, c'est-à-dire jusqu'à l'anus. Cette complication est une contre-indication formelle à la résection intestinale suivie de suture, car l'échec serait fatal dans ces conditions.

î2« ANUS ÉTABLIS CHIRURGICALEMEiNT

Nous distinguerons encore les cas simples et les cas compliqués.

A. Anus cnmuRGiCAUX simples. — Les anus établis chirui^icalement à la

(*) BÉGIN, Clinique de Dupuytren,

(•) Gunther, Opérations sanglantes. Leipzig, 186! .

P) Gaillard, Union méd., 1870.

(*) RiEDiNGBR, Clinique chirurgie, de Wiirzbourg, 1877-1878.

(») Kaufmann, Deutsche Zeilschrift f, Chir., 1888.

(•) Maisonneuve, Thèse de Foucher, 1857.

O Velpeau, Jonrn, hebd. des progrès des se. méd. Paris, 183C, et G<u. deê hâp. Paris, 1836.

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