‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 63 sur 236 · C. — PHLEGMONS ET ABCÈS GLANDULAIRES · texte numérisé non relu

C. — PHLEGMONS ET ABCÈS GLANDULAIRES

Les phlegmons et abcès *jlanfhihtircs, ùitm ou i nié rîhma m maires^ abcès cafia-

tn!airt*s^ yaktctophorttes, ittastHes proprement dites, ont été observés à tout

Je et dans les deux sexes. Us peuvent succéder aux Iraumatismes et aux

rialomes intra-glandulaires, mais on ne les observe avec ipiebjue fréquence

l'a trois époques de la vie : dans les premiers jours qui sui% ent la naissance,

moment de la puberté et pendant la grossesse ou la lactation. Leur grande

luse, c'est la puerpéralilé. Sur '250 cas, rassemblés par Bryaut, Nunn ci Billroth,

IS s'étaient dévch:>ppés pendant la lactation^ 15 pendant la grossesse et 5i seu*

acnt en dehors de ces deux conditions. Encore faut-il remarquer que, dans

statistiques, on a compté tous les cas de phlegmons du sein; si l'on avait

is soin de séparer les maslites vraies des paramastites, on aurait trouvé une

[>porlion encore plus élevée de phlegmons puerpéraux. Tant par sa fréquence

ac par sa gravité, c'est donc la masUte puerpérale qui offre le plus d'intérêt.

Avant cren aborder Tétude, je dirai ([uelques mots de la mastite des nouveau-

i et de la mastilc de la puberté.

1"» MASTlTE DES NOUVEAUX -NÉS

On sait que, d'une manière à peu près constante, chez les nouveau-nés de lun et de Tautre sexe, les mamelles se tuméfient dans les deux ou trois jours qui suivent la naissance et sécrètent une petite quantité de lait véritable. Le fait est très anciennement connu, puisque, sii*on en croît Jourda(*), on trouverait

O JoriiDA., Thèse de Paris, 1889,

■nuart de cmnuRûiE. — Vt. U

IM

AFFECTIONS INFLAMMATOIIIES.

dans Van Swielen celle opinion émise que pendanl la vie ioLm-utériiic le fœlus,

pour se nourrir, lète ses propres mamelles. Ou<ïlfIiï<^s f^its de lactalioii chez les nouveau-nés sont l'apportés par Barnretkis et Morgagni, qui les considèrent du resle comme des excepUons. Duguès(') indique que celle sécrétion lactée peut devenir l'ongine d'abcès. Scanzoni (1852) constate qu'elle est presque constante. Depuis, celte <[uesLion a été reprise par Natalis Cîuillot (1855), par Gubler (185(1), par de Sioely, elc* Il résulte de tous ces Iravaux que la sécrétion qui se produit chez les nouveau-nés est consliluée par du lait véritable, qu'elle s'établit du qualrième au dixième jour, qu cîïc dure en moyenne un mois, mais quelquefois bien davantage, deux mois et plus.

En général, la mastilc des nouveau-nés est tout h lait bénigne. L'une des mamelles, quelquefois les deux, deviennent chaudes, saillanles et rouges. Mais la tuméfaction reste légère, el très souvent la terminaison se fait par résolution. C'est il peine si Ton peut dire qu*il y a eu une maslile : on dirait une simple exagération du travail congestif normaL Mais il n'eu est pas toujours ainsi. Au Heu de la résolution, on constate nu accroissement fies pliénomènes inflammaloires. La peau devient plus rouge, plus tendue. l*ar la palpation, on senl dans la mamelle des irrégularités^ des nodosités dues à la consistance variable des divers lobes. Bientôt la flucl nation paraît en uu ou plusieurs iHJints^ le pus se fait jour à travers la peau el la guérison survient en quelques jours. Toutefois, il n'en est pas toujours ainsi. La suppuration peut franchir les limites de la glande, envahir les régions voisines, et provoquer de larges décollements. Ou a même prétendu que la mastite purulente des nouveau-nés avait plus que les autres tendance à diiïuser. Les symptômes généraux deviennent graves, et ces sortes de phlegmons ditïus peuvent même entraîner la mort. Mais c'est là une terminaison tout à fait exceptionnelle : la guérison est la règle, surtout si l'on a soin d'ouvrir Tabcès dès que la suppuration se manifeste. Malgré cela, le pronostic de cette affeclion n'est pas iudilîérenL En effet, ainsi que Depaul Fa signalé, il peut en résulter uu retrait consécutif du mamelon, qui persiste toute la vie et rend rallaitemeut impossible. En outre, celte maslile peut détruire complètement Télément glandulaire. Alors la mamelle, au lieu de se développer au moment de la puberté, reste alrophique. TIl KoUiker a signalé la possibilité du fait el Scanzoni en a observé un très remarquable exemple.

Les causes de la maslile des nouveau*nés n'ont pas été très étudiées. Plu* I sicui-s auteurs admettent que le traumatisme joue un rôle im|ïortant et surtout les manœuvres parfois brulales qu exercent les sages-femmes ou les gardes pour vider la glande du lait qu'elle sécrète, William Slephen(') fait remarc|uer ■ que celle coutume n'existe pas en Ecosse el que les abcès du sein chez les nouveau-nés y sont partie ulièremenl rares. Ces manœuvres peuvent agir de deux façons : en produisant une contusion, une atlrition de ces tissus délicats loï'squ^elles sonl brulales, ou en apportant les germes infectieux. Par où se fait l'infection? On ne le sait pas exactement. Mais il est très vraisemblable, étant données Finlégrilé de la peau au début et Tatrophie qui peut résulter de rinïlalnmalion, que la glande elle-même est le siège primitif du mal.

(>) Dlguès, Thèse de Paria, 18*iL

^«) William Steï'(ien, Brit. med, Jowrtu, 1*74, 10 sept., p. 590,

INFI.AMMATIONS AIGUËS.

lêÈ

^ MASTiTE nr.

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