‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 129 sur 260 · COUPS KTHAXCKRS DE L'ESTOMAC ET DI-; LTNTESTIX · texte numérisé non relu

COUPS KTHAXCKRS DE L'ESTOMAC ET DI-; LTNTESTIX

(les vomitifs l'sl inefficace cl l'cinplic <le daiii^crs si le corps ('Iraiij^ci' esl irrégulier, poinlu et capable de blesser les parois de roi-f^aiie. On ne doit prescrire un vomitif que si le cor[)s étranger est susceptible, en se disstdvant sous l'influcnce des sucs gastriques, de donner lieu à des phénomènes d'intoxication, et encore, à mon avis, vaut-il mieux, si la chose csl praticable, remplacer les vomitifs par des lavages de Testomac au moyen du lube de Faucher.

Toutes les fois qu'un corps étranger ne détermine pas d'accidents immédiats et toutes les fois que sa nature, son volume et sa forme, qu'il faut toujours chercher à connaître à l'aide des commémoratifs, ne s'opposent pas à son passage et à sa circulation dans l'intestin, il est indiqué de favoriser cette évolution naturelle.

Dans ce but, on a conseillé de chercher à enrober le corps étranger dans les matières alimentaires. Cette méthode est bien vieille et très populaire; elle mérite d'être conservée, car elle est rationnelle et efficace. On donnera donc aux malades ayant avalé des corps étrangers tels que aiguilles, éi)ingles, fragments d'os ou de verre, etc., des substances épaisses et laissant après la digestion des résidus considérables : les pommes de terre, le riz, les panades. Les pommes de terre semblent surtout convenir ; en effet, Salzer (') a publié les résultats fournis par cette méthode à la .clinique de Billroth, où l'on a ainsi obtenu l'élimination d'un poids de 20 grammes, d'une aiguille et d'un fragment de dentier mesurant plus de 5 centimètres de long. En 1885, à l'hôpital Trousseau, j'ai observé un enfant d'une dizaine d'années, qui avait avalé un morceau de verre et qui, après quarante-huit heures d'alimentation par les purées de pommes de terre et par les panades épaisses, expulsa le corps étranger par l'anus ; c'était un fragment aigu, triangulaire, long de 5 centimètres et large de 1 centimètre à la base. ^lorris {^) cite l'observation d'un enfant qui avala un portecrayon en aluminium d'une longueur de 10 centimètres; il mangea copieusement des soupes épaisses, du pudding, du pain, et, au bout de cinq jours, le porte-crayon sortit par l'anus. Dickson {') fit prendre à une dame, qui avait avalé son râtelier, un peu d'étoupe et une grande quantité de figues et de rai sins ; ce traitement fut continué pendant huit jours ; la malade éprouvait une vive douleur au niveau du pylore ; un malin, elle se sentit soulagée, et cjuelques heures plus tard le corps étranger arrivait à l'anus. L'étoupe et les grains de figues s'étaient attachés aux aspérités du râtelier et en avaient rendu la surface à peu près mousse. ^lalgré ce succès, je ne me fierais pas à l'étoupe qui, si elle vient à se pelotonner dans l'estomac ou dans l'intestin, est parfaitement capable de jouer à son tour le rôle d'un véritable corps étranger.

Lorsque le corps étranger cause des accidents graves ou lorsque son volume et sa forme ne sont pas compatibles avec une expulsion naturelle, l'intervention chirurgicale s'impose.

Hévin, au siècle dernier, dans son célèbre mémoire ('), avait déjà nettement formulé des indications de la gastrotomie : « Quand les corps étrangers, soit par leur volume, soit par quelque autre circonstance particulière, ne peuvent enfiler la voie du pylore pour entrer dans les intestins..., il faut s'ouvrir un passage à l'endroit où le corps étranger se fait sentir soit au loucher, soit par

(*) Salzer, Soc. des méd. de Vienne, il janvier 1S89, et Revue d'Hayon, p. 007. (*) MoRPis, Encycl. internat, de chirurgie, t. VI, p. 500. (') Dickson, Edinburgh med. Journal, 1870, p. 859. (*) HÉviN, Mém. de VAcad. de cliir., t. I, p. 458.

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