OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR L'ESTOMAC
faut, comme Rydvg-ier el Billrolh l'onl bien spécifié dès le (lél)iil. diniinuer retendue de la section stomacale par une suture d'occlusion que l'on comltinera avec une suture annulaire. Suivant que l'étendue du néoplasme aura été plus grande vers la petite courbure, vers la grande ou sur les deux, laissant indemne le milieu des faces, on fera rabouchement de l'intestin contre la grande courbure, contre la petite, ou à la partie moyenne; dans ce dernier cas il y aura deux petites sutures d'occlusion des deux côtés de la suture circulaire. Dans tous les cas, la suture présentant un point faible au point d'union de la suture circulaire d'anastomose et de la suture d'occlusion, on renforcera ce point par quelques points complémentaires.
Pour éviter ces sutures difficiles à faire étancbes de la pylorectomic tvpique, dès I880 Billrotb conseilla de fermer les deux bouts de l'estomac et du duodénum et de terminer par une gastro-cntérostomie complémentaire. Cette manière de faire a été adoptée par un certain nombre de chirurgiens.
Toutefois le procédé qui, aujourd'hui, semble rallier le plus de partisans est celui de Kocher : fermeture du bout stomacal, implantation du bout duodénal dans un trou fait à la face postérieure de l'estomac. Nous y avons eu recours deux fois avec succès et avons été frappé de sa simplicité.
Quel que soit le procédé, l'important est de faire une suture étanche; à ce point de vue nous croyons que la suture en surjet, préconisée il y a longtemps déjà par Rydygier, l'emporte sur les autres.
Les résultats immédiats de la pylorectomic vont, comme ceux de la gastroentérostomie, constamment en s'améliorant. Ilaberkant, "relevant 209 pylorectomies et les séparant en deux périodes, l'une de 1881 à 1887, l'autre de 1888 à 1894, trouve pour la première une mortalité de 62,8 pour 100, pour la deuxième une mortalité de 40,5 pour 100.
Si nous prenons les travaux publiés plus récemment, nous voyons que cette mortalité a encore considérablement diminué ('). Cette mortalité paraît svirtout minime pour les cas opérés par le procédé de la gastro-duodénostomie (procédé de Kocher). Par les procédés anciens de pylorectomic typique, nous trouvons :
Mikulicz 20 cas 7 iiiorls.
Krônlein 7 — 1 —
Eiselsberg 5 — 1 —
Ricard 5 — 1 —
Total 35 cas 10 morts.
Par le procédé de la gastro-duodénostomie, nous trouvons :
Koclier 2i cas 4 morts.
Von ManlculTcl 4 — 0 — .
Carie h — 0 —
Hartmann 2 — 0 —
Total 55 cas i morts.
Les résultats éloignés sont actuellement difficiles à bien connaître. Il semble,
(') Nous ne parlons pas de la pylorectomic avec gastro-éjunostomie en raquette, c'est-àdire rabouchement de la bouche intestinale à l'extrémité inférieure de la section stomacale; c'est une mauvaise opération. Sur 4 opérations (Roux, Congrès franc, de chir., 1895, et Doyen, Arch. prov. de chir., 1892, Eiselsberg, Arch. f. klin. Chir., t. XXXLX, p. 796), nous trouvons 4 morts.
PYLOROPLASTIE. 507
copoiKhuil, (juV)!! puisse avoir des j^nirrisons (Irfinilives. Gzerny a des survies de U, lu, K>, 20, 55 mois; (i de ses opérés sont encore vivants el de ces G, 2 sont déj;\ opérés, l'un depuis o7, l'autre depuis 78 mois et peuvent ôtre considérés comme radicalement guéris. Carie, en 1897, publie une série de cas('). Parmi les 10 malades survivants, il en a un de 5 mois, 1 de 15 mois, i de 18 mois, 1 de 2 ans, I de 5 ans.
2" Gastrectomie. — Sous le nom de gastrectomie proprement dite, nous décrivons l'excision du corps de l'estomac. La résection partielle de la paroi anlérieure de l'estomac, qui a été pratiquée soit pour des cancers, soit pour des ulcères adhérents et qui, dans ce dernier cas, n'est accompagnée assez souvent que d'une excision partielle de la paroi abdominale, ne présente rien de particulier. Après ablation des parties malades, on rapproche par la suture les parties restantes.
Plus intéressante est la résection d'une portion de l'estomac, rompant la continuité de l'organe. Il faut alors suturer les deux cylindres restant comme dans une entérorraphie circulaire.
Lorsque la résection est trop étendue, pour éviter les tiraillements des parties, il est sage de fermer les deux bouts et d'anastomoser, avec la partie voisine du cardia, la première anse jéjunale. C'est en suivant un procédé analogue que Schlatter, dans sa résection totale de l'estomac, a anastomosé à la partie terminale de l'œsophage une anse jéjunale (^). C'est le seul moyen d'éviter des tiraillements dangereux de la suture.
5'^ Cardiectomie. — La carçliectomie n'a, croyons-nous, jamais été pratiquée à l'état isolé sur le vivant. Disons cependant que W. Lévy a étudié sur le cadavre le modus faciendi de cette opération (^).
PYLOROPLASTIE
La pyloroplastie est une opération destinée à rendre au pylore rétréci ses dimensions normales.
Pratiquée pour la première fois en 1886 par Heinecke, elle le fut l'année suivante par Mikulicz(^).
Cette opération consiste, en principe, dans un élargissement du pylore obtenu en suturant transversalement une incision longitudinale gastro-duodénale.
Nous en avons réuni 116 cas avec 18 morts, soit une mortalité de 16 pour 100 environ (s). L'étude des résultats éloignés semble indiquer que, faite dans de
(') Caole et Fantino, Riforma medica, 1897, passim, et Archiv. fur Klin. Chir., Berlin, 1898, t. LVI, p. 217.
(-) Schlatter, Ueber Ernahrung und Verdauung nach vollstandiger Entfernung des Magen. Beilr. zilr klin. Chir., 1897, t. XIX, p. 757.
(3) W. Levy, Centralblatt fur Chir., 1894, p. 721.
Ô) Consulter pour l'historique Caujole, Essai sur la pyloroplastie ou opération d'Heinecke- Mikulicz. Thèse de Lyon, 1895-1896, n" 1134.
(^) Terrier et Hartmann, Chirurgie de restomac. Paris, 1895.
[Jî. HARTMANN ]