‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 153 sur 260 · COMPRESSIONS · texte numérisé non relu

COMPRESSIONS

Les ('■Irang-lomoiils pi-odiiils pju' un (liNciliculc mUM'-rciil soiiL loiil à l'ail aiialo<4iu's aux élrangleuuMils pai- brides.

Ouaud il s'agil (Fuiio occlusion par (liNcilicuic uoii adlirrcul, rclrauglcuicuL esl causé par son enroulement autour d'une anse intestinale; il est nécessaire que le diverticule soil assez lonj^ pour conlourner cette anse, et qu'il possède une extrémité assez larj^e pour se dilater en anii)oule. Ces faits ont été étudiés par Parise ('), qui décrit deux variétés de nœuds diveiticulaircs : le nœud à an^c simple et le oiœud à anse double. Parise compare le rôle de l'ampoule terminale ù celui du nœud qu'on établit, sur l'un des chefs d'un nœud coulant, pour en assurer la solidité; c'est l'ampoule qui maintient rélranf>lcment, et la tension de l'anse enserrée augmentant de plus en plus, le nœud tend à devenir de plus en plus fixe. Lo premier acte de cette variété d'étranglement est la formation du nœud; pour cela, k un moment donné, sous l'intluence des contractions intestinales, le diverticule, s'enroulant sur lui-même, s'est disposé en boucle, dans laquelle s'est engagée, suivie du mésentère, la portion d'intestin voisine de l'insertion du diverticule. Tout d'abord, le cours des matières n'est pas suspendu ; mais qu'une circonstance quelconque augmente l'étendue ou le volume de l'anse emprisonnée, l'arrêt devient complet, et, grâce à l'ampoule terminale, le nœud ne peut céder à cette pression excentrique.

Il est possible que deux anses intestinales soient prises par un nœud. Parise a décrit cette variété d'après un cas unique publié par Michel Lévy (^).

Un diverticule libre ;pcut produire l'étranglement, sans se disposer en forme de nœud. Gillette (^) a publié, il y a quelcjues années, une observation de cette nature; on comprend, en effet, qu'un changement de position du diverticule suffise à déterminer une torsion sur l'axe du tube intestinal, et que le diverticule puisse être maintenu dans sa nouvelle situation par le poids des matières qu'il contient et par la pression des anses intestinales qui le recouvrent. Enfin, il peut y avoir, au-dessus de son point d'implantation sur l'intestin, un léger degré de rétrécissement congénital. Qu'à ces divers états vienne s'ajouter une cause déterminante, comme une indigestion, l'étranglement pourra se produire. Augier rapporte dans sa thèse (p. 12) une observation très concluante à cet égard.

Dans un récent mémoire que je ne puis qu'indiquer, Fred. Kammerer ('), de New-York, a donné, à propos de trois cas personnels, une histoire très complète des étranglements parle diverticule de Meckel.

L'appendice vermi forme, adhérent par son extrémité libre au mésentère, à la fin de l'iléon, au cœcum ou même à l'ovaire, comme dans un cas de Risdon Bennet (^), peut agir comme une bride. Dans cjuelques cas rares, il se comporte comme un diverticule libre, formant des spirales ou des nœuds (Trêves, p. 50).

Hernies internes. — ^ L'intestin s'étrangle quelquefois, mais très rarement, dans un orifice accidentel, succédant à une déchirure du mésentère ou de l'épiploon; Couder a présenté à la Société anatomique (6 juillet 1888) l'observation d'un homme de cinquante-deux ans qui avait été pris brusquement des symptômes de

(*j Parise, Bidl. de l'Acad. de méd., 1841, l. XVJ, p. 573.

(-) Michel Lévy, Gaz. méd. de Paris, 1845, p. 129.

(^) Gillette, Union médicale, 12 juillet 1885.

(*) Fred. Kammerer, Annals of Surgery, août 1897.

(^) Bennet. PaLh. Soc. TransacL, t. IV, p. 146.

[AD JALAGVIER^i

524 OCCLUSION PAU OBSTACU". MliCAMnlK.

rélranglcmenl inlorno, el à laulopsie (liicjucl on avait dccouvcil une licrnio de l'iléon, dans une éraillure du grand épiploon.

Los hernies internes proprement dites se ("ont à travers le diapliraj^me, ou dans l'arrière-cavité des épiploons, par l'hiatus de ^^'inslo^v, ou bien dans une des fossettes péritonéales cpii s'enionccnt entre le péritoine pariéhd et la j)aroi abdominale; parmi ees hernies, quelques-unes sYdranglent. Jonnesco a donné de ces fossettes et des hernies qui leur correspondent une description fort intéressante et très complète. Ces fossettes, plus ou moins larges et profondes, s'enfoncent, la plupart du temps, entre le péritoine pariétal et la paroi abdominale postérieure. Elles sont toutes situées derrière la grande cavité péritonéale et communiquent avec elle par un orifice de dimensions variables. On les rencontre surtout derrière le duodénum, au voisinage du cœcum et de l'.S iliaque (fossette intersigmoïde).

Jonnesco a réuni 19 observations d'étranglement aigu par hernie interne, soit : 8 hernies duodénales, 8 péri-ctecales, 1 intersigmoïde, 5 par Ihiatus de Winslow. Il n'a trouvé que 5 observations d'étranglement chronique : 2 hernies duodénales, 1 hernie de l'hiatus de Winslow.

B. Compressions larges. — L'occlusion intestinale peut succéder à l'aplatissement de 1 intestin par toutes sortes de tumeurs abdominales, utérines, ovariques, mésentériques, biliaires, pancréatiques; quelquefois, c'est un organe hypertrophié, comme la rate, ou déplacé, comme l'utérus ou le rein, qui détermine l'arrêt des matières.

On trouve dans la science plusieurs cas d'occlusion à la suite de grossesses extra-utérines. Maygrier(') en cite 4 observations : un cas d'obstruction du rectum, causée par la présence d'un sac fœtal dans le cul-de-sac de Douglas (-), et 5 cas d'occlusion produite par des lithopédions; un, de Pletzer (^), dans lequel la grossesse datait de quinze mois; un, de Hornung('*), dans lequel la grossesse datait de dix ans: un, d'OEttinger('), dans lequel la grossesse datait de seize ans. Ce dernier cas fut laparotomisé par Bouilly, que j'assistais dans cette opération : une grande longueur d'intestin grêle adhérait au lithopédion; il existait manifestement de la péritonite qui avait été la cause déterminante des phénomènes d'occlusion.

A côté de ces compressions, on doit signaler tous les cas d'adhérences étendues, immobilisant et déviant l'intestin, en le fixant soit à la paroi, soit à l'un des organes abdominaux, soit à une tumeur quelconque.

Il est rare que la seule adhérence suffise à expliquer l'occlusion ; de même que pour les compressions étendues, c'est le plus souvent une poussée de péritonite surajoutée qui occasionne l'arrêt des matières.

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